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L'Inde s'ouvre enfin aux vins français : droits de douanes divisés par 5 en 7 ans pour s'attaquer à "un potentiel inexploité considérable pour les exportations"
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De 150 à 30 %
L'Inde s'ouvre enfin aux vins français : droits de douanes divisés par 5 en 7 ans pour s'attaquer à "un potentiel inexploité considérable pour les exportations"

Sans cet accord de libre-échange, "l'Inde resterait une destination d'exportation anecdotique pour nos vins". D’ici sept années, les tarifs prohibitifs à l’entrée du marché indien pour les vins et spiritueux européens seront de l’histoire ancienne. Actuellement de 150 %, ils empêchent l’accès à un marché au fort potentiel pour les exportateurs.
Par Alexandre Abellan Le 27 janvier 2026
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L'Inde s'ouvre enfin aux vins français : droits de douanes divisés par 5 en 7 ans pour s'attaquer à
António Costa, président du Conseil européen, Narendra Modi, premier ministre indien, et Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ce 27 janvier à New Dehli. - crédit photo : © Commission Européenne
S

igné ce 27 janvier, l’accord de libre-échange entre l’Union Européenne et l’Inde est « historique » d’après un communiqué de la Commission européenne qui le qualifie également d’« ambitieux et important sur le plan commercial, le plus grand accord de ce type jamais conclu par l’une ou l’autre partie » (respectivement « deuxième et quatrième plus grandes économies mondiales »). En sept ans pour les vins et spiritueux, les droits de douane actuels de 150 % vont tomber à 20 % pour les vins premiums (plus de 10 € la bouteille), 30 % pour les vins de cœur de gamme (2,5 à 10 €) et 40 % pour les spiritueux. Dès l’entrée en vigueur de l’accord, ces tarifs seront déjà divisés par deux, réduisant fortement un droit d’entrée prohibitifs.

« Le régime tarifaire actuel applicable au vin, qui comprend un droit de douane ad valorem de 150 %, est l'un des plus élevés au monde et restreint considérablement l'accès au marché » souligne un communiqué du Comité Européen des Entreprises Viticoles (CEEV). Dont la présidente, Marzia Varvaglione pointe que « l'Inde, avec une population dépassant 1,4 milliard d'habitants et une classe moyenne en pleine expansion, offre un potentiel inexploité considérable pour les exportations de vin européen ». Les exportations européennes de vin y plafonnant actuellement à 7,7 millions d’euros (sur un chiffre d’affaires mondial de 16,6 milliards € pour l’export de vins européens).

Diversification des exportations

Alors que le négoce européen regrette encore le récent raté sur l’accord du Mercosur et se trouve suspendu aux incertitudes et menaces américaines, ce développement indien tant attendu est salué avec soulagement. « À l'heure où le secteur est de plus en plus exposé aux tensions géopolitiques commerciales et aux perturbations sur les marchés d'exportation traditionnels, l'Inde représente une alternative stratégique qui peut contribuer de manière significative à la diversification, à la résilience et à la durabilité à long terme des exportations de vin de l'Union Européenne » résume Marzia Varvaglione. « Cet accord ouvrira enfin l'Inde aux vins de l'Union Européenne » abonde Ignacio Sánchez Recarte, secrétaire général du CEEV, pointant que « sans lui, l'Inde resterait une destination d'exportation anecdotique pour nos vins, et personne ne voudrait investir dans le pays le plus peuplé du monde ! »

Humilité

« Cet accord aujourd’hui marque le début d’un chemin qui jusqu’ici était fermé par les barrières tarifaires. Mais il faut rester humble » déclare dans un communiqué Gabriel Picard, le président de la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS), estimant que « c’est un marché qu’il va falloir construire dans les prochaines années, pour séduire les consommateurs indiens ». Reste désormais aux instances européennes et indiennes à concrétiser cet accord politique. Des accords distincts sont prévus pour protéger les Indications Géographiques (IG) en Inde. Attendant l’issue des négociations sur l'accord relatif aux IG, le COPA COGECA salue dans un communiqué « les efforts déployés par la Commission pour garantir que l'ouverture des marchés ne se fasse pas au détriment de la résilience agricole. L'exclusion des produits les plus sensibles de la libéralisation, notamment le bœuf, le sucre, le riz, la volaille et le miel, témoigne d'une approche pragmatique et responsable. »

 

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