a Barcelona Wine Week fait son retour dans la capitale catalane du 2 au 4 février prochain. Pour cette nouvelle édition, le salon réunira plus de 1 300 entreprises venues de l’ensemble du territoire espagnol, soit une progression de 4 % par rapport à 2025. Accueilli à la Fira de Montjuïc, l’événement s’impose année après année comme un rendez-vous de poids pour les professionnels des vins espagnols. La surface d’exposition, en progression de 9% par rapport à l’an dernier, devrait permettre d’accueillir plus de 25 000 visiteurs – ils étaient près de 25 700 en 2025 – dont 20% d’internationaux. Dans ce contexte, deux grandes études éclairent les évolutions récentes, à la fois au sein de la filière elle-même et du côté des habitudes et des attentes des consommateurs.
Le CHR toujours un canal de consommation privilégiéLes résultats de "L’observatoire du vin en Espagne : habitudes de consommation, perceptions, tendances et avenir du secteur", qui seront dévoilés à l’occasion du salon, confirment plusieurs tendances de fond, tout en apportant un éclairage sur les orientations futures du marché. L’étude souligne notamment l’attachement très marqué des Espagnols à la consommation hors domicile : neuf consommateurs sur dix affirment boire du vin dans les bars et restaurants. L’enquête, basée sur 1 600 entretiens, montre également que le vin reste avant tout associé à des moments de convivialité, en famille ou avec des amis, et s’inscrit majoritairement dans un contexte gastronomique. Plus de la moitié des consommateurs en boivent aussi à domicile, privilégiant largement les supermarchés (73 % des achats) et hypermarchés (55 %) pour faire leurs achats. Les autres circuits – caveaux de vente, magasins spécialisés, commerce électronique et clubs œnophiles – ne pèsent que 23 % du marché.
Les consommateurs veulent plus de lisibilitéAutre enseignement : les consommateurs espagnols attachent une grande importance aux signes de qualité, prisant les dénominations d’origine espagnoles. Ils sont ainsi 76 % à considérer que le vin espagnol est de bonne, voire de très bonne qualité. En revanche, seuls 28 % d’entre eux affirment disposer d’un haut niveau de connaissance sur les différentes DO et autres labels de qualité. L’étude met également en exergue un point de vigilance : 64% des répondants se disent préoccupés par la lisibilité de l’étiquetage et par la diversité de l’offre, deux facteurs qui influent directement sur l’acte d’achat. A l’inverse, lorsque l’information est présentée de façon claire et intelligible, les consommateurs déclarent se sentir plus confiants dans leurs choix, soulignant ainsi l’enjeu stratégique de la pédagogie et de la clarté des messages.
La catégorie No-Low prisée par les jeunes espagnols
Parmi les tendances émergentes mises en lumière par l’étude, les vins sans alcool et faiblement alcoolisés figurent, sans surprise, en très bonne place, en particulier auprès des jeunes consommateurs de vin âgés de 18 à 29 ans. Au sein de cette tranche d’âge, 15 % déclarent en achèter régulièrement, tandis que 30,5% en ont consommé au cours des douze derniers mois, motivés essentiellement par des questions de bien-être et de santé. Plus globalement, cette jeune génération redéfinit son rapport au vin, privilégiant des options perçues comme plus fraîches, légères et accessibles. Les vins rosés, les effervescents et les boissons plus informelles à base de vin rencontrent ainsi un succès croissant. Les jeunes consommateurs se montrent également intéressés par des formats de conditionnement plus novateurs tels les cannettes et les petites bouteilles, qui répondent à de nouveaux usages et moments de consommation.
Innover pour s’adapter
Une seconde étude, réalisée par l’agence de marketing Veintemillas, identifie dix tendances clés pour accompagner l’adaptation du secteur aux nouveaux défis. Si le rapport souligne les orientations viticoles, tels que la réintroduction de cépages autochtones ou de clones plus résistants à la chaleur et moins gourmands en eau ; les investissements dans la robotique ou la vendange mécanique pour faire face à la pénurie de main d’œuvre ; ou encore le recours aux technologies de pointe (capteurs, drones, IA et Big Data) pour optimiser les travaux à la vigne, il met également en avant des évolutions commerciales de plus en plus marquées. De la transformation des bodegas en véritables plateformes expérientielles, visant à diversifier les revenus, au développement des clubs de vin et de la vente en ligne pour compenser les difficultés à l’export, les entreprises espagnoles innovent de plus en plus.
En parallèle, pour faire face à la crise du verre, les formats alternatifs gagnent du terrain : les bag-in-box, bouteilles recyclées et cannettes premium s’imposent progressivement, dans un contexte où la baisse de la production et la hausse du coût des matières premières accentuent la polarisation du marché, au détriment du cœur de gamme. La Barcelona Wine Week s’affirme ainsi comme un observatoire privilégié des profondes transformations du secteur vitivinicole espagnol.




