e laboratoire Excell poursuit ses travaux sur Brettanomyces bruxellensis avec le lancement de Senso B, un milieu d’enrichissement liquide destiné au dépistage précoce des Brettanomyces, levures productrices de phénols volatils.
Non sans rappeler le SniffBrett, le Senso B s’appuie sur le même principe à une différence près. « Il est inodore avant usage, là où le SniffBrett peut avoir une odeur pharmaceutique avant utilisation. Quand il y a un développement de Brettanomyces, cela sent réellement les phénols volatils » raconte Vincent Renouf, directeur général du laboratoire Excell.
Conçu pour un usage direct en cave, Senso B se veut un outil de contrôle de routine. Le protocole est simple : prélever 20 mL de vin, les introduire dans le flacon, puis attendre l’apparition d’un trouble ou d’un dépôt. Ces signes visuels, associés à l’odeur dégagée, permettent de conclure au caractère positif ou non du test. « À l’apparition du trouble, il faut sentir le flacon. Si l’on sent des notes d’écurie ou de sueur de cheval, le test est positif », détaille Vincent Renouf. Le délai d’apparition du trouble sert ensuite d’indicateur du niveau de risque.
« À partir de 3 jours, on est face à une population qui peut poser problème par la suite. Il faut vérifier le SO₂ ou la température de la cuve, si un soutirage a été effectué ou bien faire un dosage de phénols volatils », poursuit-il. « Si cela arrive plus tôt, dans les 24 h à 48 h, il y a vraiment urgence pour intervenir. »
L’intérêt de Senso B réside notamment dans la rapidité de détection, bien supérieure à celle des analyses réalisées après une suspicion tardive. « On pense qu’avec la contrainte économique, les gens vont réduire les analyses. Avec Senso B, cela permet de détecter en amont les Brettanomyces plutôt que de faire des analyses PCR en routine », souligne le microbiologiste. Également utilisable pour contrôler la bière et le cidre, le Senso B peut aussi servir pour contrôler des écouvillons ou des lingettes de prélèvement microbiologique.
Autre argument avancé : son coût. Le flacon revient à 9,07 € HT – 54,42€ HT la boîte de six – un tarif nettement inférieur à celui d’une analyse PCR. De quoi maintenir un contrôle microbiologique régulier dans un contexte où les budgets d’analyses se resserrent.




