onald Trump soufflant le chaud et le froid à coup de menaces de droits de douanes, la Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux de France (FEVS) ne veulent pas de surréactions dans un contexte aussi glissant qu’instable. « Qu’il s’agisse du Groenland ou du Conseil de la paix à Gaza, les récentes menaces de droits de douanes ne sont pas une bonne nouvelle » indique un communiqué laconique ce 20 janvier, réagissant aux dernières menaces de surtaxes Trump : +10 % sur le marché américain dès le premier février puis 25 % dès le premier juin sur les exportations françaises pour ne pas soutenir l’annexion du Groenland, +200 % sur les vins et champagnes si le président français, Emmanuel Macron, ne rejoint pas le conseil de la paix proposé par Donald Trump.
« Ces déclarations du président des Etats-Unis doivent être prises au sérieux mais avec sang-froid » prévient Gabriel Picard, le président de la FEVS. Car dans tous les cas, « il s’agit de questions géopolitiques qui dépassent les enjeux sectoriels des vins et spiritueux » constate la FEVS, pour qui le débat ne doit pas être passionné entre Washington et Paris, mais diplomatique avec Bruxelles : la politique commerciale étant « une compétence exclusive de l’Union européenne » rappellent les négociants. « Le sujet doit donc être traité au niveau européen, de manière unie et coordonnée, et porté d'une seule voix » plaide diplomatiquement la FEVS pour éviter toute escalade affaiblissant les seuls vins et spiritueux français sur leur premier marché à l’export. Avec le sommet de Davos, « les prochaines rencontres qui doivent se tenir dans le courant de la semaine entre dirigeants américain, européens et français seront importantes » espère Gabriel Picard.
Le comité interprofessionnel du vin de Champagne indique suivre la situation, mais ne pas souhaiter commenter au-delà de la réaction de la FEVS.



