’analyse de plusieurs pieds repérés à Kaysersberg, près de Colmar, le 26 septembre 2025 a bien confirmé qu’il s’agissait de flavescence dorée. Mais la trop faible concentration en ADN de l’échantillon n’a pas permis d’en identifier le vecto-type. S’il l’avait été, il aurait été possible de cerner la provenance et d’évaluer plus précisément le potentiel de diffusion de la maladie. « Vu le contexte de la découverte de ces ceps et qu’il s’agit à chaque fois de cas isolés, la contamination vient probablement du compartiment sauvage via un vecteur alternatif » avance Noémie Guillemaille, responsable recherche et développement en charge du dossier à l’Association des viticulteurs d’Alsace (Ava) en relation avec le SRAL Grand Est.
Une conclusion identique avait déjà été tirée dans des cas antérieurs apparus à Turckheim en 2016, Bergholtz-Zell en 2019 et plus récemment Colmar en 2021 et Soultz-Wuenheim-Hartmannswiller en 2023. Les deux derniers arrêtés de lutte publiés dans la foulée imposent l’arrachage/destruction des pieds présentant des symptômes, un dispositif obligatoire de suivi, le respect des obligations phytosanitaires en vigueur pour toute plantation. La lutte insecticide n’est pas exigée. Tout semble indiquer qu’un protocole identique sera appliqué dans le périmètre de Kaysersberg encore en cours de délimitation. Dans les secteurs de Colmar et de Soultz-Wuenheim-Hartmannswiller « la totalité des vignes a été suivie et prospectée en 2024 et en 2025. Ce travail se poursuivra en 2026. Dans ces communes, aucun nouveau cas de FD n’a été détecté et aucun vecteur (Scaphoideus titanus) n’y a été piégé » indique Noémie Guillemaille.
Gilles Ehrhart, président de l’Ava, salue pour sa part « l’implication des syndicats viticoles » qui prospectent régulièrement de manière autonome ou encadrée leurs vignobles après les vendanges. L’automne dernier, 56 syndicats sur 98 ont organisé une veille sanitaire de tout ou partie des parcelles de leur ban. « L’objectif est d’avoir visité les 15 500 ha du vignoble tous les cinq ans » ajoute Noémie Guillemaille.
La vigilance est également de mise en Suisse et en Allemagne. Schaphoideus titanus a été piégé pour la première fois à 53 reprises en août 2025 dans le modeste vignoble bâlois, mais plus massivement en Allemagne dans une zone allant de la frontière suisse à Müllheim, à hauteur de Mulhouse. La surface où la présence de la cicadelle a été documentée par le WBI (Weinbau Institut Freiburg) est passée de 182 ha en 2024 à 726 ha en 2025. 456 insectes ont été piégés en 2024 et 225 en 2025. Un cas avéré de FD a été identifié à Wintersweiler. Le pied a été arraché et une lutte insecticide a été décrétée deux kilomètres alentours bien qu’il n’est pas établi que la cicadelle soit à l’origine de la contamination. Les premiers pieds de vigne alsaciens sont à une trentaine de kilomètres du cas signalé.



