a note technique 2026 sur les résistances du mildiou, de l’oïdium, du black-rot et de la pourriture grise aux différents produits phytos utilisables sur vigne vient de paraître. Qu’en retenir ? « La pharmacopée se réduit avec aucune perspective de nouvelle famille chimique à venir et dans un contexte où les champignons – mildiou ou oïdium – résistent à pas mal de modes d’action. Pendant 25 ans, de nouveaux modes d’action arrivaient régulièrement sur le marché. Quand il y avait des résistances sur un mode d’action, on basculait sur un autre. Ce n’est plus possible aujourd’hui. Et il faut préserver toutes les familles qui restent utilisables », pose d’emblée Alexandre Davy, ingénieur à l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) qui a coordonné la rédaction de cette note issue d’un travail collectif entre l’IFV, le Comité Champagne, les chambres d’agriculture, l’Inrae, l’Anses et la DGAL.
Pour le mildiou « L’enjeu principal porte sur la zoxamide et l’oxathiapiproline (Zorvec), deux matières actives peu ou pas concernées par les résistances. Pour la zoxamide, il y a eu en 2021 et 2024 des détections ponctuelles de souches résistantes. Mais pas en 2025. La situation reste saine vis-à-vis de cette matière active. Mais attention, des souches résistantes sont présentes en Italie et il est probable qu’un jour la résistance se développe en France. Pour l’oxathiapiproline, la situation est légèrement différente car on détecte par ci par là des souches résistantes et si l’occurrence des parcelles demeure faible, elle a tendance à augmenter. La résistance émerge donc mais reste faible. L’enjeu est de ne pas surutiliser ces molécules qui restent « safe » au risque de générer une pression de sélection importante qui favorisera le développement des souches résistantes » insiste l’ingénieur.
Concernant les préconisations de la note : pas de révolution. Mais l’ingénieur insiste sur la nécessité de les respecter à savoir : 2 applications max de zoxamide, en association avec un partenaire efficace et 1 application max d’oxathiapiproline en association avec un partenaire efficace. Pour les autres familles d’antimildious concernées par les résistances, l’enjeu est de préserver l’efficacité des traitements. Pour cela, dans les parcelles où la résistance est fortement implantée, ne pas les utiliser quand la pression de la maladie est forte ou alors les associer avec un partenaire multisite.
Pour l’oïdium, pas non plus d’évolution majeure dans les résistances ni de révolution dans les règles d’utilisation des matières actives, « juste de petits ajustements », précise Alexandre Davy. Ainsi pour le cyflufénamide, le nombre d’applications maximum indiqué est de deux.



