istoriquement, la filière vitivinicole américaine s’est davantage appuyée sur son marché domestique que sur les débouchés à l’export. Une orientation qui, en l’occurrence, a partiellement amorti le choc. La politique menée par le Président des Etats-Unis a néanmoins entraîné la chute en volume et en valeur des exportations sur les neuf premiers mois de 2025. Une contre-performance qui tranche nettement avec les avancées – certes modestes – réalisées par d’autres pays comme l’Italie et l’Espagne.
Pertes significatives en valeurSelon le rapport publié début janvier par l’analyste Rafael del Rey, la valeur des exportations américaines de vin a reculé de 31,4 % entre janvier et septembre 2025 (-300 millions $), conséquence d’une baisse de 12,2 % des volumes et de 21,8 % du prix moyen au litre. Les Etats-Unis se hissent ainsi à la première place des contre-performances à l’export en 2025, concentrant à eux seuls plus des trois-quarts des pertes en chiffre d’affaires enregistrées par les principaux pays exportateurs. En effet, la valeur des exportations mondiales de vin a régressé de 395,1 millions $, passant de 28,28 milliars $ en 2024 à 27.890 millions l’an dernier, selon l’analyse de Rafael del Rey.
Des gagnants et des perdants en 2025Aux côtés des USA, plusieurs pays producteurs – dont l’Argentine, l’Australie, le Chili et la Géorgie – ont rejoint le palmarès des perdants en valeur à l’export en 2025. A cette liste s’ajoutent des pays à forte activité de réexportation tels que le Danemark, les Pays-Bas, Singapour et Hong Kong. Plus rares sont les pays à avoir vu progresser leur chiffre d’affaires à l’export sur les neuf premiers mois de l’année. L’Espagne et l’Italie figurent parmi ceux qui ont réussi à résister à la tendance à la baisse, avec des progressions respectives de 1,8 % et de 0,7 %. La France a assisté également à une légère hausse de 0,6 %*, tandis que la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et le Portugal affichent des performances plus marquées (+4,3, +4 et +3 % respectivement).
Deux marchés en chute libreToujours est-il que ces évolutions en pourcentage restent à relativiser. Ainsi, la baisse de 12,2 % des volumes de vins exportés par les Etats-Unis correspond à 22 millions de litres en moins, à comparer au recul de 52,9 millions de litres enregistré par le Chili. Par ailleurs, les pertes américaines se concentrent essentiellement sur deux marchés stratégiques directement exposés aux tensions diplomatiques et commerciales. Les expéditions se sont effondrées vers le Canada, accusant une chute de 61,1 % des volumes aggravée par un repli de 34,1 % du prix moyen au litre, et vers la Chine, où les exportations américaines ont reculé de 51,4 % en volume et de 73,4 % en valeur.
L’arroseur arroséPlus largement, les difficultés rencontrées par les vins américains à l’export en 2025 rappellent à quel point les obstacles au commerce dont les barrières tarifaires peuvent se retourner contre leur instigateur, même si la filière vin n’en est qu’une victime collatérale. Une fois encore, les droits de douane s’illustrent comme une arme à double tranchant, dont les effets pervers vont bien au-delà des objectifs initiaux.
* : Dans son rapport dédié à la France, Rafael del Rey pointe une baisse de 2,5 % des exportations françaises en valeur sur la même période, à comparer aux +0,6 % dans son analyse sur les Etats-Unis. Cet écart s’explique par des différentiels monétaires : d’un côté les résultats sont exprimés en euros, de l’autre en dollars, sachant que le dollar a reculé en valeur en 2025.




