aisant le bilan des résultats agronomiques post-vendanges 2025, Sun’Agri enregistre dans 3 parcelles viticoles méridionales équipées en agrivoltaïsme « des performances records sur l’économie en eau : les vignes protégées consomment jusqu’à - 60 % d’eau que les plantes sur zone témoin, tout en augmentant les rendements », annonce un communiqué. « Nous constatons 30 à 60 % de besoins en irrigation goutte-à-goutte en moins par rapport au témoin sur les parcelles suivies », précise Damien Fumey, responsable du pôle R&D de Sun’Agri.
A Tresserre, dans les Pyrénées-Orientales, la plus grande parcelle de ce suivi (plantée en 2018) accueille 3 cépages (grenache blanc, chardonnay et marselan) sur 4,5 ha en agrivoltaïsme au domaine de Nidolères, au côté d’une zone témoin de 3 ha. Dans le même secteur, à Claira, une petite parcelle plantée en 2023 de Cinsaut et Sauvignon connaissait ses premières vendanges sous installation agrivoltaïque en 2025. Enfin, la parcelle de 680 m² de grenache de la station expérimentale de Piolenc, dans le Vaucluse, complète le trio des parcelles étudiées en agrivoltaïsme.
« Dans un contexte climatique sévère, entre sécheresse chronique et températures records, l’agrivoltaïsme continue de démontrer sa capacité à maintenir et lisser la production viticole. L’an dernier, l’agrivoltaïsme permettait une augmentation des rendements des cépages de l’ordre de 30 %, cette année la tendance se confirme », poursuit la communication de Sun’Agri. Outre les économies d’eau, à hauteur de 41 % en moyenne entre la parcelle sous panneaux photovoltaïques et le témoin, en particulier sur les jeunes plants de la parcelle de Claira, Sun’Agri met en avant les propriétés de protection contre le gel de ces installations, avec 2 °C en plus à la surface du sol entre la vigne abritée et le témoin. « Cette différence se retrouve au niveau de la température des organes de la plante », confirme Damien Fumey. Cet effet tempéré se retrouve par symétrie en période de chaleur intense « avec des baisses de 10°C à la surface des feuilles, à la surface du sol, ou 3,5°C à la surface des grappes selon les sites », donne la communication de Sun’Agri.
L’entreprise insiste particulièrement sur le point cardinal du pilotage de l’orientation des panneaux en fonction des besoins agronomiques de la plante, plutôt que par tracking solaire provoquant « une baisse de rendements jusqu’à -30 % selon les années », indiquent les résultats de Sun’Agri. « Le tracking solaire ne vise qu’une finalité énergétique, pas l’agronomie. Nos essais depuis 2021 montrent que le tracking solaire peut entraîner des pertes de rendement, jusqu’à -30 % selon les cépages. Il est conçu pour optimiser la production électrique, en suivant la course du soleil sans tenir compte des besoins de la vigne, ce qui peut accentuer le stress thermique et pénaliser la qualité », explique Sun’Agri dans ses résultats, alors que « l’agrivoltaïsme dynamique crée un effet parasol modulé au service de la vigne ». Damien Fumey indique, selon ls conditions météo de l’année, « une diminution de 20 à 25 % de la production électrique au profit du rendement de la plante sur l’année avec ce pilotage agronomique ».
Seule ombre au tableau révélée par ces résultats Sun'Agri, « l’ombrage apporté par les panneaux permet de maintenir une relative fraîcheur sur la parcelle, globalement un avantage, mais qui nécessite en contrepartie d’accroître le niveau de vigilance vis-à-vis du mildiou qui y trouve un climat plus propice », commente pour Sun’Agri le chef du service viticulture de la Chambre d’Agriculture des P-O, Julien Thiery, qui a piloté le suivi des essais sur les parcelles départementales aux côtés de Sun’Agri. Une sensibilité qui semble plus marquée sur chardonnay en cas d’année à forte pression. Ce maintien d’humidité semble a contrario favoriser la reprise des plantiers à arrosage équivalent.
Sur les profils de vins obtenus, « nous constatons un décalage de maturité avec, à date équivalente, un degré alcoolique inférieur et une acidité supérieure. De manière générale, nous trouvons 1 degré alcoolique de moins et 0.5 points d’acidité en plus selon les cépages », confirme Julien Thiery.



