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"20 % de mortalité en moins" L'agrivoltaïsme pour sauver les vignes méridionales
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Une ombre salvatrice
"20 % de mortalité en moins" L'agrivoltaïsme pour sauver les vignes méridionales

L’agrivoltaïsme peut-il sauver les vignes méridionales ? Oui, témoignent deux vignerons équipés dans le Roussillon, certains de ne pas être tombés dans le panneau.
Par Hélène de Montaignac Le 12 janvier 2026
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Jonas Dubois, chef d’exploitation du domaine Solaspres, du groupe Nos Terroirs solaires, 35 ha à Fourques, dans les Pyrénées-Orientales. - crédit photo : DR
L

’heure des «volticulteurs» semble avoir sonné. Après de premières installations dans le Roussillon, de nouveaux projets agrivoltaïques voient le jour. Comme en juillet dernier la ferme solaire du Château Olivery, dans l’Aude, et plus récemment encore VitiVolt, le premier projet de vitivoltaïsme en Val de Loire.

Accablé par les déficits hydriques dans ses vignes, Damien de Besombes, gérant du domaine de Besombes, 62ha à Salses-le-Château, dans les Pyrénées-Orientales, a misé sur cette innovation et s’en félicite. En 2022, il plante 2,7ha de sauvignons blancs et cinsaults et fait appel à Sun’Agri pour les recouvrir de panneaux solaires. Il signe un contrat tripartite avec cette entreprise et un fonds d’investissement. «J’ai mis à disposition à titre gratuit la partie aérienne de mes vignes. En retour, je n’ai rien payé, je n’ai pas investi et je ne touche pas de loyer, ni aucun revenu de l’électricité produite au-dessus de mes vignes.»

Jonas Dubois est le chef d’exploitation du domaine Solaspres, du groupe Nos Terroirs solaires, 35ha à Fourques, également dans les Pyrénées-Orientales. En 2023, trois parcelles du domaine, soit une quinzaine d’hectares au total, ont été équipées d’ombrières.

Bénéfices visibles

Comme son confrère, il n’a apporté aucun financement dans le projet et celui-ci ne lui rapporte pas d’argent. Les deux hommes ont toutefois reçu de Sun’Agri une enveloppe d’aide à la plantation. Damien de Besombes en a profité pour acquérir un palissage robuste, adapté à la taille rase de précision.

S’il n’a pas pris de risque financier, Jonas Dubois s’est heurté à des opposants locaux lors du lancement de son projet. Mais il a tenu bon. Il ne le regrette pas car avant même d’avoir fait la moindre récolte, il observe déjà un bénéfice des panneaux : la chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales a dénombré 20% de mortalité en moins que dans la parcelle témoin.

Quant à Damien de Besombes, son audace vient d’être récompensée par le premier millésime. «Les vignes sous les panneaux solaires n’ont pas souffert des 15 jours de canicule en août. Aussi, c’est la seule parcelle du domaine qui a atteint les rendements espérés, en donnant 52hl/ha, alors que le témoin de 30 ares n’a produit que 30hl/ha.»

Jonas Dubois communique avec les agronomes de Sun’Agri pour indiquer les moments clés où il souhaite avoir le maximum de lumière sur ses vignes, notamment «au débourrement et autour de la fleur. À l’inverse, il faut davantage d’ombre dès le mois de juin». Car le viticulteur n’a pas la main sur le pilotage des panneaux. Leur orientation et leur inclinaison sont gouvernées par des algorithmes, eux-mêmes nourris de modèles agronomiques, de données météo et sur l’état hydrique des vignes, fournies par des stations météo et une sonde qui suit l’humidité du sol. «On a accès à ces données, c’est une super aide à la décision», se félicite Jonas Dubois, qui s’en sert pour déterminer quand irriguer ses parcelles. Les vignerons ont tout de même dû se plier aux exigences de cette technologie.

Tassements à l’installation

Les lourds engins de chantier qui sont venus poser les panneaux ont tassé le sol. Aussi Damien de Besombes a dû «décompacter avec un rippeur trident, sur 90cm de profondeur. Heureusement, les sols n’ont pas été déstructurés».

Ils doivent aussi composer avec la présence des panneaux pour cultiver leurs vignes. «Je dois prévenir de la date et de l’heure où je veux traiter, par exemple, pour que les panneaux se mettent à l’horizontale et que je puisse passer dessous», explique Damien de Besombes. Dans cette position, ils sont à 4,20m du sol.

Les poteaux supportant les panneaux prenant la place d’un rang, il faut accepter de le perdre sauf à le cultiver manuellement. «Cela fait que je perds un rang sur cinq, indique Jonas Dubois. Pour compenser, j’ai planté plus serré, en laissant seulement 2,15m entre les rangs. J’arrive à passer avec mon tracteur vigneron. Et j’ai investi dans un cadre de travail du sol pour passer dans cette parcelle et dans les autres qui sont à 2,50m.» Ces inconvénients ne le refroidissent pas, car il compte sur «la curiosité que suscitera son premier millésime agrivoltaïque, en 2026».

 

Des ombrières à piloter soi-même

La jeune entreprise Efea a dévoilé au Sitevi 2025 son concept agrivoltaïque qui rompt avec l’existant : avec un axe de rotation à 3m de haut, ses panneaux sont les plus bas du marché. «Ce sont aussi les moins high-tech : pas de capteurs dans les vignes et pas d’algorithmes de décision, assure Gildas Baron, directeur du développement agricole. On fait confiance à l’expertise des viticulteurs, ce sont eux qui commandent les panneaux via leur appli. Et en cas de panne, le système est débrayable à la main.»

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