amais deux sans trois. Après la gourde biosourcée et la bouteille en lin, la société Green Gen Technologies lance cette fin d’année son flacon en carton sur des vins méditerranéens de l’ancien basketteur Tony Parker : « la bouteille est composée de deux blocs. Un tube en carton qui ce clipse à la bague de la partie plastique ressemblant à un BIB de 75 ou 70 cl (pour les vins et les spiritueux) » résume James de Roany, le fondateur de la société (basée à Bergerac, Dordogne). Ayant passé une batterie de tests (vieillissement, recyclage, tenue à la pression, résistance au poids…), la Green Gen Bottle vient de réussir le passage en chaîne d’embouteillage cette fin novembre dans un domaine du Sud-Ouest (domaine Haut-Montlong à Pomport, Dordogne) sur des vins de Tony Parker (IGP Méditerranée) : le flacon breveté ne nécessitant pas une chaîne spécifique (contrairement à l’autre bouteille en papier du marché, lancée par les Britanniques de Frugalpack).
« Nous avons opté pour un vissage du bouchon, il ne faut donc qu’une installation de visseuse sur la chaîne pour permettre l’embouteillage, ce qui coûte 30 à 60 000 €. Nous sommes en discussion avec des prestataires de service pour qu’il y ait une offre disponible » rapporte James de Roany, pointant la légèreté du poids et du bilan carbone du flacon : 114 grammes à vide et avec son bouchon, quand les bouteilles en verre varient de 300 grammes à plus d’un kilo. « Nous voulons bouleverser les habitudes et aller vers de nouveaux modes de consommation qui sont plus accessibles en plein air et en festival, avec une consommation possible sur plusieurs jours, tout en étant plus écoresponsables » en termes de bilan carbone indique James de Roany.
Le plastique, c’est problématique ?
Qui reconnait que la présence de plastique dans ce flacon (du polyéthylène) clive les opérateurs de la filière vin : « le plastique et le carton sont entièrement recyclables » plaide-t-il. L’entrepreneur souligne un impact positif de la Green Gen Bottle carton pour les salariés de la filière : « il faut entendre le silence de la chaîne d’embouteillage avec des bouteilles en carton, c’est un confort acoustique où il n’y a plus besoin de casque pour travailler. » Même allégement sur la gestion des expéditions et des cartons de bouteille, réduisant les risques de Troubles Musculo-Squelettiques (TMS).
1,17 € l’unité actuellement
Concédant que sa bouteille en lin « ne se vend pas magnifiquement bien (désormais on la produit sur commande) », James de Roany a de l’ambition pour la version en carton. Avec une production encore très manuelle, il a prévendu 50 000 cols pour 2025 et vise une industrialisation permettant d’atteindre 4 millions de bouteilles en 2026, avec l’objectif de monter à 15 millions dès 2028 « si le marché répond comme on l’espère ». Actuellement vendue 1,17 € l’unité, la Green Gen Bottle carton devrait voir son prix descendre autour de 90 centimes avec l’augmentation des volumes et l’industrialisation de la production (une levée de fonds de 1,8 million € est en cours pour mécaniser et robotiser le processus). Sa cible étant les vins à consommation rapide, comme pour un BIB classique.
Commercialement, la nouvelle bouteille suscite de premières touches dans les monopoles voulant importer du vin en vrac pour le conditionner localement : ce qui nourrit l’idée d’une production des bouteilles sur les lieux mêmes de mise en bouteille, avec un container robot assemblant et roulant les bouteilles en amont pour « éviter que des camions se baladent plein d’air » avance James de Roany, qui mise sur l’innovation de rupture pour moderniser la filière vin et conquérir de nouveaux consommateurs : « la crise viticole actuelle est centennale : c’est en période de crise que l’on peut et que l’on doit innover. » Opaques, les bouteilles ne permettent pas de voir la couleur des vins, mais peuvent servir de support de communication sur toute leur surface.

Un aperçu de la mise en bouteille ce mois de novembre. Photo : Green Gen Technologies.




