Madiran

15 vignerons indépendants mutualisent leur conseil viticole et œnologique

Lundi 13 septembre 2021 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 14/09/2021 08:20:18

La technicienne-œnologue et les 15 vignerons d’Altema mesurent le stress hydrique des vignes.
La technicienne-œnologue et les 15 vignerons d’Altema mesurent le stress hydrique des vignes. - crédit photo : Marion Bazireau
20 ans après sa création, l’Alliance Technique Madiranaise constitue une vraie famille de vignerons. Ses 15 adhérents, représentant 25 % de la surface de l’appellation, et leur technicienne-œnologue travaillent actuellement à l’adaptation au dérèglement climatique.

« Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ». Qu’ils soient là depuis sa création en 1991 ou entrés tout récemment dans la SICA, les 15 adhérents de l’Alliance Technique Madiranaise (Altema) partagent la même philosophie.

Depuis 20 ans, ces vignerons mutualisent leur conseil viticole et œnologique. Actuellement, leur technicienne-œnologue, Sabine Desbarats, passe 50 % de son temps chez chacun d’entre eux, pour les épauler de la vigne au conditionnement. « Le reste est consacré à de la prestation collective » a-t-elle expliqué lors d’une conférence tenue à la Maison des Vins de Madiran et Pacherenc du Vic-Bilh, ce 9 septembre.

Focus sur le changement climatique

Après avoir travaillé sur la baisse des intrants, les certifications environnementales, et le reprofilage de leurs vins pour les adapter aux attentes du marché en préservant leur identité, le groupe se penche désormais sur le dérèglement climatique.

Depuis 2019, neuf exploitations sont équipées de capteurs Xylem (Vivelys) pour étudier le stress hydrique. « L’objectif est d’anticiper les besoins en eau de la vigne et d’aider les vignerons à adapter leur pratique, que ce soit en jouant sur l’effeuillage, sur le travail du sol, voire, en dernier recours, en irriguant », détaille la technicienne, qui rassemble tout le monde une dizaine de fois par an.

"Aucune aide publique"

Comme sa technicienne, Altema a financé ce matériel de manière autonome, sans aucune aide publique. « Sabine réalise également de la prestation chez d'autres vignerons externes pour faire rentrer de l’argent dans le groupement via le fonds Vivea », explique Pierre-Michel Beheity, vigneron au domaine Damiens et co-gérant de la SICA avec Isabelle Dufau, du domaine de Maouries.

Les prochains investissements prévus sont de nouveaux capteurs, pour comparer différentes modalités sur une même parcelle, et un Dyostem, pour suivre l’évolution de la maturité des baies et gagner en précision aromatique. Altema dédie aussi 14 000 €/an à du consulting externe.

« La mutualisation de la R&D nous sécurise, nous protège des aléas et nous fait gagner en compétitivité » continue le co-gérant.

Une famille professionnelle

Pour Claire Dufau, revenue sur l’exploitation de sa famille après des études d'ingénieur agronome, les conseils de Sabine ont été clé pour l’aider à s’organiser à la vigne comme au chai. « Et cela m’a surtout permis de me faire un réseau. Je peux appeler n’importe qui si j’ai un souci et tous les membres savent également qu’ils peuvent compter sur moi. Nous sommes une vraie famille professionnelle » témoigne-t-elle.

"Pas un cercle fermé"

Installée en 1999, Corinne Dousseau reconnait quant à elle avoir fait de gros progrès en vinification. « Grâce à Altema et à Sabine, je suis toujours à jour des dernières avancées techniques ». La SICA l’aide actuellement à se convertir à la viticulture biologique. « Et j’ai reçu de précieux conseils pour faire certifier l’exploitation en HVE » (Haute Valeur Environnementale).

Même chose pour Pierre-Michel Beheity. « Je n’aurai jamais réussi ma transition en bio tout seul » reconnaît-il, insistant sur le fait qu’Altema n’est pas un cercle fermé. « Nous n’avons pas toujours bien communiqué mais avons toujours accueilli de nouveaux vignerons et sommes heureux de continuer à le faire ».

 

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