Val de Loire

L'innovation, signe distinctif des vigneronnes

Lundi 12 juillet 2021 par Anne Mabire

Les femmes, dirigeantes de domaines viticoles privilégient une gouvernance partagée (de g à dte : Tessa Laroche (Domaine aux Moines), Vanessa Cherruau (Château de Plaisance), Evelyne de Pontbriand (Domaine du Closel), Jean-Pierre Noblet (Essca) et Elizabeth Poutier (Essca).
Les femmes, dirigeantes de domaines viticoles privilégient une gouvernance partagée (de g à dte : Tessa Laroche (Domaine aux Moines), Vanessa Cherruau (Château de Plaisance), Evelyne de Pontbriand (Domaine du Closel), Jean-Pierre Noblet (Essca) et Elizabeth Poutier (Essca). - crédit photo : Anne Mabire
En Anjou, deux enseignants-chercheurs ont étudié le parcours de femmes, dirigeantes de domaines. Un exercice qui révèle notamment leur appétence pour l’innovation « produit ».

Enseignants chercheurs à l’Ecole de commerce d’Angers (Essca), Elizabeth Poutier et Jean-Pierre Noblet se sont intéressés au parcours de dix femmes, dirigeantes de domaines viticoles situés dans les appellations Layon et Savennières. « Avant  de lancer ce travail, nous avions deux questions en tête : est ce que ces femmes ont des compétences spécifiques ? Et comment peut-on expliquer la résilience des domaines dirigés par des femmes depuis au moins deux générations ? » précise Elizabeth Poutier lors de la présentation de ce travail, le premier juillet au musée de la Vigne et du Vin, à Saint-Lambert-du-Lattay (Maine-et-Loire).

Agées en moyenne de 32 ans, les viticultrices enquêtées ne font pas état de différence « significative » dans leur manière de manager une exploitation. « Femme ou homme, quand on reprend un domaine il y a de toute façon des changements » témoigne Vanessa Cherruau, viticultrice à Rochefort-sur-Loire (château de Plaisance).

Reste que le travail mené par Elizabeth Poutier et Jean-Pierre Noblet met en évidence certaines similitudes entre ces vigneronnes. « Contrairement à la génération précédente, toutes ont fait des études et ont vécu d’autres expériences, dans d’autres domaines ; parfois même à l’étranger. Devenues dirigeantes, elles vont s’attacher à transformer ces compétences ».

De manière plus concrète, les deux chercheurs constatent un « choix net pour une stratégie d’innovation produit ». Elle va notamment se traduire par la création de nouvelles cuvées ou/et comme chez Vanessa Cherruau, par un changement d’étiquettes « qui racontent désormais une histoire ».

Plus offensives à l’international

Enfin, ces dirigeantes ont une stratégie de distribution plus offensive à l’international. Attachées à une gouvernance partagée, elles « ne remettent pas en cause ce qui a été fait mais l’amplifie. C’est également une génération qui n’hésite pas à réviser les prix » relève Elizabeth Poutier

.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2021 - Tout droit réservé