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Siège de l’OIV

Bordeaux, Dijon et Reims se disputent l’ONU du vin

Jeudi 10 juin 2021 par Alexandre Abellan

L'OIV a changé de locaux parisiens en septembre 2019, ouvrant la question d'une délocalisation dans une autre ville française.
L'OIV a changé de locaux parisiens en septembre 2019, ouvrant la question d'une délocalisation dans une autre ville française. - crédit photo : OIV
Les trois villes viticoles sont en lice pour accueillir l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin, dont le nouvel immeuble parisien n’offre plus qu’une solution temporaire. Réglant le loyer, l’État français est sommé de trancher.

Après les beaux quartiers parisiens, une cité viticole accueillera-t-elle l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV) ? Les villes de Bordeaux, Dijon et Reims sont en lice pour accueillir l’ONU du vin, actuellement en mal de locaux correspondant à sa stature d’organisation intergouvernementale. Réunissant 48 états membres dans le vignoble mondial, l’ONU du vin vient de sommer l’État français de lui trouver dans l'année un immeuble définitif, afin d’accueillir correctement ses employés et les conférences internationales régulièrement organisées. Accueillant par accord international le siège de l’OIV, l’État français assure le loyer de l’OIV et doit désormais lui trouver une solution pérenne.

Changements de propriétaire et de destination obligent, l’OIV a quitté fin 2019 son adresse parisienne cossue du 18, rue d’Aguesseau (qu’elle occupait depuis 1966) pour le 35, rue de Monceau (toujours dans le huitième arrondissement de Paris). Pandémie de covid et confinements mondiaux aidant, les visioconférences ont permis de réduire le manque de place des nouveaux locaux, mais l’approche du centenaire de l’OIV (en novembre 2024) et la fin du mandat de son délégué général (en 2023 pour l'espagnol Pau Roca) semblent pousser l’organisation à souhaiter une résolution rapide. Une relocalisation en régions est désormais sur la table alors qu'une solution parisienne semble difficilement atteignable actuellement (loyers exorbitants obligent).

"Bordeaux a l’avantage d’être la capitale mondiale du vin"

Trois villes ont indiqué leur volonté d’accueillir l’OIV : Bordeaux, Dijon et Reims. Soit les capitales des vins de Gironde, de Bourgogne et de Champagne, loin du terrain neutre que représentait Paris en termes de production vitivinicole. « Toutes les destinations candidates françaises sont ancrées dans un vignoble. Bordeaux a l’avantage d’être la capitale mondiale du vin » note Brigitte Bloch, conseillère municipale de Bordeaux en charge de l'économie du vin. Soutenue par les élus locaux et l'ensemble de la filière vin locale, la proposition girondine est d’accueillir le siège de l’OIV au sein de la Chambre du Commerce et de l’Industrie (CCI), un haut lieu de l’histoire viticole, le classement des crus du Médoc et de Sauternes y ayant été dévoilé en 1855.

« Le siège de l’OIV aurait tout son sens à Dijon, qui abrite la seule chaire d’université UNESCO dédiée à la vigne et au vin » défend François Labet, le vice-président du Bureau Interprofessionnel du Vin de Bourgogne (BIVB). Le vigneron de Vougeot estime que loger l’OIV « conforterait la place de Dijon et de la Bourgogne comme lieux essentiels dans le monde du vin. Être dans un lieu viticole serait encore plus marquant » pour l’OIV.

"Décision au niveau le plus haut de l'État"

Faisant valoir sa proximité avec Paris, la candidature de Reims propose un accueil de l'OIV sur le site historique de la villa Douce, un hôtel particulier Art nouveau qui n'est plus occupé depuis 2019 par l'Université de Champagne Ardenne et revient actuellement à l'Institut Georges Chappaz de la vigne et du vin. « Nous serions très honorés que la Champagne accueille l'OIV » indique Maxime Toubart, le président du Syndicat Général des Vignerons de Champagne (SGV). Portée par une mobilisation générale (interprofession, mairie, chaire UNESCO, université...), cette candidature « est très intéressante sur le plan technique, mais la décision se joue aussi sur le niveau politique, surement au niveau le plus haut de l'État » note le vigneron de la Marne.

Arbitrage à venir

Si chaque candidat défend bec et ongles son dossier, à renfort de soutiens politiques* et économiques, l'arbitrage et la décision de la localisation de l’OIV (à Paris ou dans un vignoble) resteraient in fine entre les mains de l’État. Contacté, le palais de l'Élysée indique que le ministère de l'Agriculture est en charge du dossier. La prochaine assemblée générale de l’OIV, ce 11 juillet, pourrait permettre d’avancer sur ce dossier éminemment diplomatique.

 

* : Le poids national de l'homme politique François Rebsamen, maire de Dijon et président de Dijon Métropole, est réguliérement évoqué par des porteurs de projet comme un élement de poids pour la candidature bourguignonne.

 

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