Besoin de trésorerie

83 % des vignerons ayant contracté un PGE l’ont intégralement dépensé

Mercredi 05 mai 2021 par Alexandre Abellan

54 % des vignerons indépendants ont eu accès au fonds de solidarité de la crise Covid-19 depuis décembre dernier.
54 % des vignerons indépendants ont eu accès au fonds de solidarité de la crise Covid-19 depuis décembre dernier. - crédit photo : Vignerons Indépendants de France
La dernière enquête interne auprès des caves particulières témoigne d’un fort recours au dispositif de Prêt Garanti par l’État suite à la crise Covid-19. Soutenant les demandes d’aides bancaires en 2022 pour tenir le coup du gel de printemps.

D’après le dernier observatoire des Vignerons Indépendants de France, 54 % des sociétés sondées en avril dernier ont eu accès au fonds de solidarité pour les entreprises touchées par les effets du coronavirus. Ouvert au vignoble depuis décembre dernier, le dispositif a en moyenne été utilisé pendant quatre mois par les caves particulières. « Cela signifie que plus de la moitié des vignerons indépendants ont plus de la moitié de leur chiffre d’affaires sur cette période » alerte Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants de France.

Autres données inquiétantes pour la santé financière du vignoble, 60 % des sondés ont souscrit en avril Prêt Garanti par l’État (PGE), dont 83 % ont déjà consommé l’intégralité de l’enveloppe avancée. « Seuls 17 % n’ont consommé qu’une partie de leur PGE » renchérit Jean-Marie Fabre. Face à ces signaux inquiétants sur la trésorerie des domaines viticoles, les Vignerons Indépendants appellent, avec l'ensemble de la filière, à une année blanche bancaire dans le plan d’aide préparé par le gouvernement suite au gel d’avril dernier.

"Pas un abandon de dette"

Mais déception ce 4 mai, la première réunion de la filière vin avec le préfet spécial sur la coordination des aides aux vignobles gelés, Michel Papaud, ne comporte aucun nouveau dispositif bancaire. A part l’appel à utiliser les PGE, ce qui s'avère avoir déjà été fait (80 % de PGE agricoles étant viticoles, témoignant des besoins de la filière). Même absence de nouvelles propositions bancaires lors d'une réponse orale de Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, interpellé ce 5 mai à l’Assemblée Nationale (par le député Bernard Perrut, du Rhône).

« L’enjeu n’est pas de savoir si l’on peut répondre au manque de trésorerie en 2021-2022 avec l’accès à un PGE. Cette solution a déjà été utilisée » explique Jean-Marie Fabre, plaidant pour une année blanche d’encours bancaires. « Ce n’est pas un abandon de dettes, c’est la prise en charge d’intérêts par les banques et l’État » souligne le vigneron de Fitou. Craignant que le plan d'aides exceptionnelles ne s'enlise, le président des Vignerons indépendants estime que « sans la prise en charge de l’année blanche et l’allongement des remboursements des PGE, la crise du gel va aggraver les effets de la crise sanitaire. Nous avons accru nos dettes avec les PGE, alors que les recettes vont être largement déficitaires avec la baisse de récole -30, -40, -50 %... »

 

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