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Après le gel

Les vins de Bordeaux appelés à s’inspirer du modèle champenois

Mardi 04 mai 2021 par Alexandre Abellan

La négociation d’un « risque partagé est la base de la réussite de la filière champenoise, comme celle de cognac. Cela doit nous inspirer à trouver ici un chemin adapté pour Bordeaux » indique Bernard Farges ce 3 mai.
La négociation d’un « risque partagé est la base de la réussite de la filière champenoise, comme celle de cognac. Cela doit nous inspirer à trouver ici un chemin adapté pour Bordeaux » indique Bernard Farges ce 3 mai. - crédit photo : Capture d’écran visioconférence Lifesize Cloud
Si les dégâts des gelées de printemps sont encore imprécis, le président de l’interprofession girondine souligne que la filière bordelaise doit tirer les leçons des revirements de marché liés aux aléas climatiques.

Pour ouvrir ce 3 mai l’assemblée générale du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB) qu’il préside, Bernard Farges souligne tout le poids de la pandémie : « nous sommes encore une fois à distance, en visio, les restaurants sont toujours fermés, nous portons des masques, les voyages sont l’exception et nous venons de subir un nouveau gel terrible dans certaines zones de notre vignoble. Le constat est celui-ci et nous devons tenter de tracer des voies pour les semaines, mois et années à venir. »

Estimant prématurées les estimations de pertes de récolte liées aux gelées du début avril dernier, le président du CIVB appelle la filière girondine à en tirer les enseignements. « Comment pouvons-nous nous satisfaire de passer d’une situation où notre stock agissait comme un boulet, un stock écrasant nos prix de vente jusqu’au 6 avril, avant le gel, et une situation dix jours plus tard où ce stock devient une opportunité pour Bordeaux parce que nos vins à la vente sont bons et que nous pouvons répondre aux marchés ? » demande le viticulteur de l’Entre-deux-Mers.

"Régulation de nos mises en marché"

Pour Bernard Farges, « il est un sujet sur lequel nous devons progresser : c’est celui de la régulation de nos mises en marché ». Et en la matière, le modèle champenois de définition collective des rendements et de mise en réserve sont une source d’inspiration. « Peu de choses évidemment sont comparables entre Bordeaux et Champagne (une seule appellation, vinifications et stocks majoritairement portés par le négoce, rendements élevés, pas de millésime…) toutefois, ils ont su trouver entre eux des outils adaptés à leur filière à leur produit, à leur marché » indique le président du CIVB.

Bernard Farges suit ainsi les conseils de Jean-Marie Barillère, le président du Comité National des Interprofessions des Vins (CNIV), qui plaide inlassablement pour le mise en place d’outils collectifs de régulation : « il est dramatique qu’au niveau de la filière vin ce soit la météo qui donne le la. Notre intelligence collective doit proposer des solutions pour éviter les ruptures d’approvisionnement et que le consommateur final trouve nos AOC en rayons, sinon il change pour un autre vin. Ça s’appelle le VCI (Volume Complémentaire Individuelle), la mise en réserve, la réserve interprofessionnelle… La filière vin peut apprendre de ce gel malheureux pour sortir par le haut. »

Allant de pair avec des contrats pluriannuels, ces mécanismes de résilience sont à étudier localement pour Bernard Farges, qui appelle à « améliorer le partage des risques entre nos deux familles. Tout ce qui pourra concourir pour donner de la visibilité à la production et au négoce sera un élément de stabilisation de notre économie. »

Confiance commerciale

Pour conclure son discours, Bernard Farges se veut confiant dans la commercialisation des vins de Bordeaux, entre la commercialisation des primeurs 2020, la suspension des taxes américaines, la reprise chinoise et « la perspective de la réouverture des restaurants et plus largement de la sortie de la pandémie [qui] seront un booster pour nos ventes. La demande va s’accélérer car la consommation va reprendre, comme nous l’avons déjà observé il y a un an. »

 

* : « Il n’est pas question de donner une estimation de récoltes, qui serait fausse. Comme toutes les autres, quand il y a un sinistre, comme toutes les déclarations de récolte quand il n’y a pas de sinistre » balaie Bernard Farges, qui indique « attendre les déclarations de récolte pour constater l’étendue des dégâts, qui nous le savons seront lourds pas endroit ».

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