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Cambriolage avec coups et blessures

Peines de prison requises pour les agresseurs présumés de Bernard Magrez

Vendredi 30 avril 2021 par Alexandre Abellan

Pas de semaine des primeurs pour Bernard Magrez, était présent durant les audiences à la cour d’appel de Bordeaux.
Pas de semaine des primeurs pour Bernard Magrez, était présent durant les audiences à la cour d’appel de Bordeaux.
Victime d’un violent home jacking en 2018, l’homme aux quatre grands crus classés fait face cette semaine aux auteurs présumés de son calvaire.

« C’est le dossier du mensonge et de la loi du silence » martèle ce jeudi 29 avril Olivier Bonithon, le procureur de la République, déroulant son réquisitoire devant la première chambre du tribunal correctionnel de Bordeaux. En audience depuis ce mardi 27 avril, le procès de l’agression des époux Magrez à leur domicile il y a trois ans met face à face une figure du vin, Bernard Magrez « l’homme aux quatre grands crus classés de Bordeaux », et six prévenus. Tous suspectés sont d’avoir organisé un vol par effraction et en réunion, avec coups et blessures pour trouver de l’argent et des objets de valeur dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 janvier 2018.

Demandant au tribunal correctionnel* de déclarer les six hommes coupables pour les faits reprochés, le parquet demande des condamnations de 4 ans de prison, « pour assistance et complicité », à l'hébergeur girondin, et 6 ans de prison avec mandat de dépôt pour les cinq cambrioleurs franciliens présumés (avec confiscation des scellés, interdiction de port d’arme et inéligibilité, plus une interdiction de 10 ans du territoire national pour un prévenu de citoyenneté mauritanienne).

"Vous ne serez pas les derniers"

« Le ministère public défend les intérêts de la société, pour éviter que les infractions pour lesquels les prévenus comparaissent à l’audience ne perdurent, ne se renouvellent » déclare au tribunal Olivier Bonithon, soulignant que tous les prévenus ont un casier judiciaire pour vols aggravés. Notant qu’en Gironde les cambriolages avec la présence des propriétaires sont rares (on parle de « home-jacking »), le procureur prévient les époux Magrez « que vous n’êtes pas les premiers, vous ne serez pas les derniers ».

Si la défense des prévenus demande la relaxe, faute de « preuves objectives », le ministère public fait état d’un faisceau d’indices concordant : le 4x4 du crime retrouvé à proximité de l’habitation d’un prévenu ayant avoué devant les enquêteurs avant de se rétracter devant le juge, l’évocation de montres volées par un suspect alors que la police n’était pas encore au courant, des alibis jugés, des téléphones portables éteints…

Verdict ce 30 avril

Olivier Bonithon ne cache pas son regret que la loi du silence ait empêché l’enquête de remonter au commanditaire de cette agression, ayant demandé des informations pour choisir les victimes et des repérages pour accéder à elles. Défendant les époux Magrez, maître Pierre Blazy demande un euro symbolique pour les parties civiles (et 50 000 euros de frais non compris dans les dépens). Le verdict est attendu ce 30 avril.

 

* : Les prévenus ne comparaissent pas devant une cour d’assise à cause des délais de l’enquête précise le parquet.

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