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Avant les primeurs

Bordeaux revient sur son millésime 2020

Jeudi 22 avril 2021 par Marion Bazireau

Issus de raisins pourtant assez gros, les merlots possèdent une bonne structure tannique, sans rusticité ni dilution.
Issus de raisins pourtant assez gros, les merlots possèdent une bonne structure tannique, sans rusticité ni dilution. - crédit photo : DR
Malgré le contexte, les vendanges bordelaises se sont déroulées sereinement pour donner des vins blancs secs savoureux, des vins liquoreux miraculés, et des vins rouges structurés et équilibrés.

« A l’approche des vendanges, la pandémie de Covid-19 a suscité chez les viticulteurs de nombreuses inquiétudes. Divers aménagements ont dû être mis en œuvre, et la récolte s’est toutefois déroulée dans de bonnes conditions » rappellent Laurence Gény et Axel Marchal, de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin (ISVV), dans leur lettre du millésime 2020.

Les professeurs passent en revue tous les faits climatiques marquants et conditions de développement du raisin lors de ce millésime aussi précoce que 2011, avant de donner leurs ressentis de dégustations.

« Bien que l’été chaud ait pu moduler leur potentiel aromatique, les raisins blancs ont préservé un bon niveau d’acidité. Ils sont sucrés, savoureux et parfaitement sains » indiquent-ils, appréciant tout particulièrement le sémillon. « Puis, le vignoble est passé sans transition de l’été à l’automne lors de la première dizaine de septembre, induisant des conditions idéales de récolte pour les merlots, plus variables pour les cabernet-sauvignons ».

La récolte des cabernets plus tardifs a même parfois dû être hâtée en raison de la dégradation météorologique consécutive à la tempête Alex.

Des rouges prometteurs

Bien sûr, la pression de mildiou, les conditions de la nouaison et la concentration des raisins ont impacté les volumes. Heureusement, « les rouges actuellement en début d’élevage apparaissent prometteurs » se réjouissent Laurence Gény et Axel Marchal, précisant que les vins de merlot sont colorés, intensément fruités et savoureux. Le petit verdot a donné de bons résultats sur les terroirs où l’alimentation en eau n’était pas excessivement contrainte. Les raisins de cabernets, généralement de très petite taille, ont donné des vins colorés et tanniques, sans caractère végétal marqué. Globalement le degré alcoolique des vins est légèrement plus faible que l’an passé.

« Le millésime fut une nouvelle fois angoissant pour les producteurs de vins liquoreux, qui ont longtemps attendu, dans un premier temps le développement de Botrytis cinerea, puis des périodes sèches propices à la concentration des raisins. S’ils ont craint par moments une perte totale de récolte, leurs efforts ont été récompensés grâce à de courtes mais miraculeuses fenêtres de récolte. Les quantités produites sont souvent très faibles, mais les meilleurs vins sont parfaitement nets, aromatiques et équilibrés » note l’ISVV.

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