Paradoxe

Prix cassés et premiumisés, tendances des "deux France" achetant du vin en grande distribution

Vendredi 26 mars 2021 par Alexandre Abellan

« Dans un contexte compliqué pour la filière des vins, la grande distribution [affiche] une croissance retrouvée, et même supérieure à la moyenne des achats de produits de grande consommation, mais aussi une valorisation du rayon » indique Jean Glussot.
« Dans un contexte compliqué pour la filière des vins, la grande distribution [affiche] une croissance retrouvée, et même supérieure à la moyenne des achats de produits de grande consommation, mais aussi une valorisation du rayon » indique Jean Glussot. - crédit photo : Alexandre Abellan (Vitisphere)
Alors que les offres promotionnelles fortes marquent ce printemps pour répondre à une demande de crise sur l’entrée de gamme, les linéaires voient le prix moyen des bouteilles croître en transfert de la fermeture des restaurants.

Du premier janvier au sept mars 2021, les ventes de vins tranquilles en Grande et Moyenne Surfaces ont augmenté de 4,9 % en volume et 8,5 % en valeur par rapport au début 2020 selon les dernières données des panels Nielsen. Soit une hausse de 3,4 % du prix moyen sur la période du début d’année. Même tendance pour les vins effervescents, qui du premier janvier au 28 février 2021 enregistrent une du prix moyen de 6,5 %* (avec -1,1 % en volume et +5,3 % en valeur). Une tendance à la valorisation qui se heurte aux prix d’appel affichés ce printemps : 1,69 € la bouteille de Bordeaux chez Lidl, 9,90 € celle de Champagne chez Intermarché… Un apparent paradoxe qui s’explique par un marché à deux vitesses : les consommateurs qui comptent leurs sous en temps de crise sanitaire et ceux qui mettent à profit les dépenses qu’ils ne peuvent plus effectuer en restaurant, covid oblige.

« Les acteurs du marché devront plus que jamais répondre aux besoins hétérogènes des consommateurs : comme le reste des rayons, le vin s'adresse à deux “France” qui se dessinent depuis un certain temps désormais » prévient dans une note, Jean Glussot, directeur chez NielsenIQ.

Double entrée

L’analyste pointe ainsi que « les enseignes doivent s’adresser d’une part à des foyers contraints pour lesquels il est impératif de mettre en avant une offre abordable, et d’autre part à des foyers plus préservés qui, ne pouvant plus consommer de vins dans les bars et restaurants, n'hésitent pas à mettre quelques euros de plus pour une meilleure bouteille et ainsi, se faire plaisir ».

A noter que la croissance des achats de vins tranquilles continue de se concentrer sur les réseaux digitalisés et de proximité ce début d’année. Les ventes en Drive augmentent de +66,5 % ceux du proxi de +13,2 %. Restent en retrait les plus grandes surfaces : supermarchés (+9,5 %) et hypermarché (+1,9 %).

 

* : Cette hausse du prix moyen est de +2,5 % pour les champagnes (avec +12 % en valeur et +9 % en volume).

 

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