Suivant la promesse gouvernementale

Le vignoble demande une rallonge pour stocker 6,5 millions hectolitres d’excédents

Jeudi 21 janvier 2021 par Alexandre Abellan

Jérôme Despey précise que 2 196 demandeurs se sont inscrits pour un stockage de 8 mois et 498 pour celui de 6 mois.
Jérôme Despey précise que 2 196 demandeurs se sont inscrits pour un stockage de 8 mois et 498 pour celui de 6 mois. - crédit photo : Chambre d'Agriculture de l'Hérault
Jérôme Despey précise que 2 196 demandeurs se sont inscrits pour un stockage de 8 mois et 498 pour celui de 6 mois.

C’est un plébiscite qui témoigne d’un commerce viticole en déficit. 2 694 caves coopératives, vignerons et caves coopératives demandent l’aide au stockage privé pour retirer temporairement du marché 6,5 millions d’hectolitres d’excédents de vins (en cuve, en bouteilles, en BIB, en réserve interprofessionnelle…). Sa téléprocédure d’inscription s'étant achevée ce 18 janvier 2021, la mesure d'aide nécessite en l’état une enveloppe de 58,9 millions d’euros pour subventionner tous les volumes candidats (pour une durée de 6 ou 8 mois*). Ce qui représente un dépassement de 47 % des fonds actuellement alloués à la mesure de gestion de la crise sanitaire : 40 millions € (dont 35 millions € de crédits d’Etat et 5 millions € issus du Programme National d’Aides, le PNA).

« La demande des professionnels au ministère de l’Agriculture est claire : que tous les demandeurs éligibles soient payés en totalité. Il n’est pas question d’appliquer un stabilisateur » pose Jérôme Despey à l’issue du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer qu’il préside ce 20 janvier. Le viticulteur languedocien rappelle au gouvernement la promesse faite à la filière vin le 11 janvier dernier, lors d’une réunion décevante sur les surtaxes américaines dans le cadre du conflit aéronautique transatlantique. « Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, avait annoncé une augmentation de 10 millions € (une semaine avant la clôture de la téléprocédure) et avait indiqué que toutes les demandes seraient honorées » se rappelle Jérôme Despey.

"Mesure importante"

Appelant le gouvernement à tenir sa parole, Jérôme Despey souligne que « la crise sanitaire continue, les restaurants ne rouvrent pas et la filière vin est confrontée à une situation très difficile. Le stockage privé est une mesure importante pour bloquer des volumes et éviter d’aller perturber le marché. » Les représentants du vignoble attendent une réponse rapide des ministères, FranceAgriMer devant notifier d’ici un mois les volumes subventionnés aux demandeurs (le temps de recevoir les Déclarations Récapitulatives Mensuelles et l’acte délégué publié ce 27 janvier par la commission européenne pour autoriser la prolongation des mesures de gestion de crise, dont l’aide au stockage privé).

Si Jérôme Despey rappelle que les mesures d’aides à la crise sanitaire ne suffisent pas à compenser plus d’un an de surtaxes américaines sur les vins français, il appelle le gouvernement à ne pas décevoir la filière concernant ses dernières annonces de soutien. Alors que l’exécutif semble fermé à tout accès du vignoble au fonds de solidarité pour novembre (seul décembre serait ouvert), de premiers retours ministériels indiqueraient que l’aide aux charges fixes pour les grandes entreprises (plus d’un million € de chiffre d’affaires mensuel) serait soumise à des critères d’éligibilité (notamment sur perte de chiffre d’affaires). « Il y a un risque d’exclusion d’acteurs des vins et spiritueux. Alors que la famille du négoce et des exportateurs n’aurait pas accès aux fonds de solidarité, on ne peut pas les laisser au milieu du gué. Il faut des précisions » exige Jérôme Despey.

 

* : Une seule durée de stockage peut être souscrite par entreprise. 6 mois (du premier novembre 2020 au 30 avril 2021) ou 8 mois (du premier novembre 2020 au 30 juin 2021). L’aide est fixée à 4 centimes par hectolitre et par jour, soit 7,24 €/hl pour 6 mois et 9,68 €/hl pour 8 mois. Qu’ils soient en cuve, en bouteille, en BIB ou même en réserve interprofessionnelle, les volumes de vins éligibles sont calculés par la différence entre les volumes de stock de la fin mai 2020 (soustraction faite des vins bénéficiant de la distillation de crise) et les stocks de fin septembre 2019 (d’après les Déclarations Mensuelles Récapitulatives).

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