Economiquement et diplomatiquement

Bruxelles appelé à l’aide du vignoble français face aux surtaxes américaines

Mercredi 13 janvier 2021 par Alexandre Abellan

A date, la Commission Européenne n'a pas pris position sur les annonces de surtaxes américaines.
A date, la Commission Européenne n'a pas pris position sur les annonces de surtaxes américaines. - crédit photo : Direction Générale du Trésor
Deux lettres au moins viennent d’être envoyées à la Commission Européenne pour lui demander de prendre toutes ses responsabilités dans ses réacions aux taxes Trump.

Il faut rendre à Bruxelles ce qui vient de Bruxelles. En vigueur depuis ce 12 janvier 2021, les nouvelles surtaxes américaines sur les vins et spiritueux français ne sont qu’un énième rebondissement dans un conflit aéronautique transatlantique opposant les subventions d’Airbus à celles de Boeing, touchant depuis le 18 octobre 2019 une filière qui lui est étrangère.

Estimant que « l’urgence est d’arrêter la surenchère diplomatique », le Bureau National Interprofessionnel du Cognac vient d’envoyer une lettre à la Commission Européenne pour éviter une nouvelle escalade de sanctions : « il vaut mieux prévenir que guérir » demande déjà le BNIC au président de la République, Emmanuel Macron. Si la filière charentaise demande avant tout une solution diplomatique, le vignoble et ses représentants militent également pour des aides économiques.

"Que l’Union européenne leur vienne en aide"

« Il est inacceptable que les producteurs agroalimentaires doivent payer les pots cassés d’une dispute commerciale qui ne les concerne pas. Leur situation devient de plus en plus insoutenable et il est, donc, temps que l’Union européenne leur vienne en aide, comme elle a fait, il y a quelques années, suite à l’embargo russe » estime dans un communiqué l’eurodéputée languedocienne Irène Tolleret (délégation Renaissance).

A l’initiative d’une lettre à la Commission Européenne* signée par soixante députés européens, la co-présidente de l’intergroupe vin et spiritueux du Parlement européen indique dans son courrier que « les pertes subies par les producteurs vont au-delà de l'impact immédiat sur les marges commerciales, car les mesures de rétorsion ont un effet d'entraînement conduisant au déplacement de produits européens de haute valeur par des produits d'autres origines ».

Fonds de compensation européen

« Il faut un fonds compensation européen, que Bruxelles assume pleinement les conséquences de sa politique commerciale. Je ne juge pas cette politique, elle a des conséquences directes pour un secteur en Europe, la filière viticole française » confirme Jean-Marie Fabre, le président des Vignerons Indépendants. Notant que le vignoble français demande un accompagnement maintenant depuis 14 mois, le vigneron de Fitou reproche son manque de soutien et son absence d'anticipation de la Commission Européenne, qui a imposé des sanctions aux Etats-Unis pour le volet Boeing fin 2020.

« Quand on veut faire la guerre, c'est pour la gagner avec des armes efficaces, tout en préparant des hôpitaux de campagne pour soigner les blessés. Nous avons un sentiment d’injustice la plus totale : la priorité est de sortir de l’escalade. La filière vin est la plus grande perdante de cette guerre et rien n'a été mis en place pour la soigner » martèle Jean-Marie Fabre, qui appelle à une réaction d'urgence pour sauver la compétitivité et l'économie des vins français.

 

* : La lettre est adressée au commissaire européen de l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, et du commissaire européen du Commerce, Valdis Dombrovskis.


 

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