Bilan 2020

Les vins de Champagne entre "année noire" et "carrefour technique"

Mercredi 16 décembre 2020 par Aude Lutun

Maxime Toubart et Jean-Marie Barillère font le point sur l'économie champenoise.
Maxime Toubart et Jean-Marie Barillère font le point sur l'économie champenoise. - crédit photo : Archives
Les deux co-présidents de l’interprofession font traditionnellement un discours sur le bilan de l’année écoulée et sur les perspectives après l’AG de l’AVC (association viticole champenoise). Ce rendez-vous s’est transformé cette année en conférence de presse virtuelle. Voici en résumé les principaux sujets abordés

Le cap des 230 millions de cols probablement atteint

« C’est une année noire, nous n’avons jamais connu une chute des ventes aussi brutale », commente Jean-Marie Barillère. Le président de l’UMC (Union des Maisons de Champagne) estime que les ventes de 2020 oscilleront entre 225 et 235 millions de cols, soit une baisse d’environ 25 % par rapport à 2019. « Nous ferons le point en janvier 2021, mais nous nous acheminons vers un paiement de 8 000 kg/ha en quatre échéances ». Les ventes en France ont davantage chuté que celles de l’export. En novembre, les achats ont baissé de 30 % dans l’Hexagone contre 10 % à l’étranger. « Le second confinement a entrainé un coup de frein énorme des ventes en France, précise Jean-Marie Barillère. Avec le 31 décembre qui est "massacré", on peut craindre le pire pour les ventes de décembre ». Maxime Toubart, président des vignerons de Champagne, se réjouit néanmoins que le modèle champenois de négociation interprofessionnelle ait résisté à ce « stress-test ».

 

Carrefour technique

« Nous sommes à un carrefour technique, estime Maxime Toubart. C’est le moment de réfléchir à faire évoluer nos pratiques techniques, avec par exemple la possibilité d’avoir des vignes semi-larges et de poursuivre la réduction de notre empreinte Carbone. On ne doit rien s’interdire ! » Le négoce est sur la même tonalité en estimant que la crise doit renforcer les engagements environnementaux. « Nous n’avons plus le choix, confirme Jean-Marie Barillère. Il nous faut réduire l’ensemble de nos intrants. Nous sommes par ailleurs tributaires du changement climatique. A quand une Champagne neutre sur le bilan Carbone ? »

 

Les pistes de sursaut

Pour Jean-Marie Barillère, des marques à forte notoriété comme le champagne peuvent et doivent sortir plus fortes de la crise. « Il nous faut renforcer l’imaginaire et le mythe autour de notre appellation, poursuit-il. Nous avons vu en 2020 que le digital permet également de faire passer de l’émotion ».

Soutien aux restaurateurs

Les deux co-présidents ont pris position en faveur de la manifestation des restaurateurs le 14 décembre, avec le communiqué suivant : « Nous comprenons très bien la nécessité d’une politique de lutte contre la Covid et avons à notre niveau respecté les mesures de précaution mises en place par les pouvoirs publics. Nous appelons cependant le gouvernement aujourd’hui à veiller à prendre en compte les difficultés très importantes rencontrées par le secteur du CHR et les conséquences économiques et sociales qui en découleront. Nous soutenons la réouverture des bars et restaurants dans un cadre à définir avec les professionnels du secteur notamment sur les horaires. Nous sommes convaincus que les professionnels auront à cœur de respecter les mesures de précaution. Les vignerons champenois sont solidaires des restaurateurs ». Ils appellent à la mise en place d’une TVA réduite sur tous les vins consommés en restauration pour soutenir ces deux filières.

 



 

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