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Avec les moyens du bord

Un clip vidéo pour garder les voleurs loin des celliers

Vendredi 20 novembre 2020 par Marion Bazireau
Article mis à jour le 23/11/2020 14:10:58

Bloquer l'entrée de la cave avec un Fenwick ou une caisse de bouteilles vides peut contrarier les plans des voleurs.
Bloquer l'entrée de la cave avec un Fenwick ou une caisse de bouteilles vides peut contrarier les plans des voleurs. - crédit photo : Pxhere
Le capitaine de la gendarmerie de Château-Thierry, dans l’Aisne, et un adhérent de la coopérative vinicole de la Vallée de la Marne ont joué les acteurs pour expliquer aux viticulteurs champenois comment faire fuir les voleurs.

« Des voleurs se sont encore introduits dans trois caves du sud du département le mois dernier, à Trélou, Passy, et Barzy-sur-Marne. Ils sont repartis avec des milliers de bouteilles » regrette Hélène Herly, ingénieur viticole à la Covama, la coopérative vinicole de la Vallée de la Marne (Covama). « Tous les ans c’est pareil, les vols se multiplient après les vendanges, quand les vignerons refont leurs stocks et se préparent à charger leurs camions pour partir sur des foires ou en livraison. »

"Cibles préalablement choisies"

« L’enquête laisse à penser que ces vols sont commis par une seule et même bande d’individus intervenant auprès de cibles préalablement choisies dans l'Aisne, mais également dans l’Aube, la Seine et Marne, et la Marne » indique le capitaine Vincent Mazure, de la gendarmerie de Château-Thierry. « Ils agissent la nuit par groupes d’au moins 4 malfaiteurs. Ils utilisent des fenwick ou manitou trouvés sur place pour déplacer les palettes jusqu’à leur véhicule. Ils portent des cagoules et des gants et effacent leurs traces à l’aide d’un extincteur. »

La Covama travaille de concert avec la gendarmerie de Château-Thierry depuis plusieurs années pour aider ses adhérents à se protéger. « Ils nous signalent les méfaits, et nous relayons l’information aux viticulteurs » relate Hélène Herly. En novembre 2019, la coopérative a invité tous les exploitants de la région à une réunion de sensibilisation. « L’initiative a beaucoup plus. Nous avions prévu de recommencer cette année mais le nouveau confinement est venu perturber nos plans. »

Un téléphone et un petit stabilisateur

Le directeur n’a pas baissé les bras et a demandé à Hélène Herly de tourner un clip court donnant des conseils simples aux viticulteurs. « Je l’ai tourné la semaine dernière avec les moyens du bord, mon téléphone et un petit stabilisateur » raconte l’ingénieur.

Le clip a été réalisé chez un adhérent récemment vandalisé. « J’ai filmé tous les gestes qu’il a mis en place depuis pour ne pas se faire avoir deux fois. On le voit par exemple bloquer une porte avec son fenwick, sur lequel il n’oublie pas de retirer la clé. » Un véhicule, un bloc de béton, ou une caisse de bouteilles vides peuvent aussi faire l’affaire. « C’est ce qu’explique le commandant de la gendarmerie sur la bande son. »

Pour éviter de donner ses astuces aux voleurs, le viticulteur a souhaité que cette vidéo soit réservée aux adhérents de la coopérative. Hélène Herly finalise le montage et la diffusera en interne.

Les bons gestes

Les gendarmes ont plusieurs astuces pour entraver l’action des malfaiteurs. Ils conseillent aux viticulteurs de fermer les portails, de les renforcer avec une chaîne et un cadenas de sécurité, et au besoin un bloc de béton. La présence d’un chien de garde se révèle également extrêmement dissuasive, de même qu’une alarme ou un dispositif de vidéo protection. « Il faut privilégier un éclairage avec détecteur de mouvement en veillant à ne laisser aucune zone dans l’ombre autour du cellier » ajoute le capitaine Vincent Mazure.

Les entrées de celliers ou de hangars peuvent être sécurisées par des barres de fer ou des serrures supplémentaires, et bloquée à l’aide de véhicules. Ils recommandent enfin aux viticulteurs d’acheter des balises GPS. « Elles sont vendues sur tous les grands sites marchands à partir de 100 euros, avec un abonnement de 2 à 3€ par an. « Habilement dissimulées dans un carton ou un véhicule, elles nous permettront de localiser et d’interpeler les auteurs ».

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