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Fabrication et vente de matériel

L’équipement neuf « pas en crise », mais en difficulté, selon Axema

Vendredi 16 octobre 2020 par Vincent Gobert

Axema analyse un bon comportement sur les productions et ventes de machines à vendanger mais le syndicat dit avoir moins de visibilité sur les autres machines. Les immatriculations sont en baisse sur les trois premiers mois.
Axema analyse un bon comportement sur les productions et ventes de machines à vendanger mais le syndicat dit avoir moins de visibilité sur les autres machines. Les immatriculations sont en baisse sur les trois premiers mois. - crédit photo : Vincent Gobert
En viticulture, toutes les immatriculations sont en baisse, mais l’activité de production reste correcte. Le niveau de Prêts garantis par l’Etat dans la filière retient l’attention du syndicat des constructeurs.

Sur les 9 premiers mois de l’année, les immatriculations de machines à vendanger sont en recul de 18 % par rapport à la même période l’année dernière. Le syndicat des constructeurs Axema indique ce 14 octobre que seules 358 de ces automoteurs ont été immatriculées. La tendance est baissière aussi sur les tracteurs de la catégorie unique vigne et verger qu’il identifie : 2660 unités immatriculées contre 3000 à la même époque en 2019, soit environ 10 % de moins. Les enjambeurs ne dérogent pas à la tendance : 360 machines contre 430 sur les 9 premiers mois de 2019. « On retombe néanmoins pour les enjambeurs sur une année à peu près normale, nuance David Targy, responsable du pôle économique d’Axema. Il y avait eu de la sur-immatriculation dans cette catégorie l’an dernier, suite à l’application d’un décret datant de 2016 et modifiant les règles d’immatriculation ».

Signal d’inquiétude : les Prêt garantis par l’Etat (PGE)

Pour le syndicat des constructeurs, ces chiffres d’immatriculations ne signifient pas forcément qu’il faut s’inquiéter pour 2020. Pour le secteur vigne et vin, les données qui remontent à Axema indiquent qu’  « il y a un bon comportement de production et des ventes de tracteurs et machines à vendanger ». David Targy précise qu’ « il y a moins de visibilité sur le matériel de cave, la tendance semble toutefois baissière sur 2020 ». Il partage aussi un avis nuancé du secteur bancaire pour la viticulture. « Les trois grandes banques importantes en agriculture siègent dans notre commission économique, détaille-t-il. Il ressort de leur analyse que les taxes Trump et l’écoulement des productions mettent en difficulté la filière. Les banques ne voient pas encore de soucis de solvabilité. Mais elles font remonter que la moitié des Prêts garantis par l’Etat (PGE) du secteur économique agricole sont contractés dans la filière viticole. Ce sont les seuls signaux, de faible inquiétude. Ca ne veut pas forcément dire que la situation est mauvaise, globalement elle est encore bonne et saine ».

Baisse de 5 % du CA France machinisme en 2020. Mais pas de panique !

« On n’est pas dans une crise pour autant », insiste-t-on chez les élus du syndicat. « La Covid-19 génère plus une crise des services qu’une crise de l’industrie et de l’agriculture, déclare Frédéric Martin, le président d’Axema, ce mardi 13 octobre. C’est une nouvelle forme de crise, qui nous touche un peu moins ». Le président de la commission économique et DG de Lemken Jean-Christophe Reigner précise qu’ « il y a eu une reprise et un fort rattrapage de l’activité du mois d’avril à l’été », après un très bon début d’année puis le temps du confinement, « avec une économie en pause, des arrêts d’usines, il n’y a eu que 20 à 25 % d’activité ». Au final, 88 % des sociétés membres considèrent que l’impact du Covid est faible sur leur activité économique. Le chiffre d’affaire de la production en France du machinisme agricole neuf devrait atteindre 5,8 milliards d’euros en 2020. Certes en léger retrait de 5 % par rapport à 2019, ce serait tout de même la 3ème meilleure performance depuis 2010. Enfin, 95 % des membres comptent lancer de nouveaux produits l’an prochain. « Ça ne ressemble pas à de la gestion de crise » souligne Axema. Pour s’ajuster à la situation, jugée difficile, une écrasante majorité des constructeurs disent qu’ils rogneront sur leurs dépenses de marketing et de communication. La moitié des adhérents pourraient aussi geler les recrutements.

Source : Axema

Surtout, Axema craint plus de difficultés en 2021. « Les industriels s’attendent à une année compliquée et en retrait. Il y a des fortes inquiétudes en grandes cultures et en viticulture. D’autant qu’on sortira d’un cycle où le secteur était très en forme. Trois inconnues nous permettraient de mieux prévoir ce qu’il va se passer. Il y a d’une part le contexte économique et sanitaire. Ensuite l’impact du plan de relance de 135 millions sur les matériels favorisant la transition agroécologique : est-ce que ce sera un flux d’offre supplémentaire ou de la substitution d’autres achats ? Enfin, comment seront les récoltes ? » Une équation à trois inconnues à laquelle tout le monde aimerait avoir déjà les réponses !

 

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