Double certification

Le vignoble de Cognac voit les choses en grand en matière d’environnement

Jeudi 15 octobre 2020 par Marion Bazireau

Plusieurs viticulteurs ont reçu la Certification environnementale Cognac ce 13 octobre 2020.
Plusieurs viticulteurs ont reçu la Certification environnementale Cognac ce 13 octobre 2020. - crédit photo : BNIC/Stéphane CHARBEAU
Cognac revoit ses objectifs à la hausse et vise désormais la certification environnementale de 100% de ses exploitations viticoles en 2030. 2400 sont déjà engagées dans la double certification proposée par l’interprofession.

Elles n’étaient que 13 l’an passé. Elles sont désormais 149. Et dans 10 ans, elles seront plus de 4300. « Fin 2030, toutes les exploitations auront obtenu la certification environnementale Cognac, assure Patrick Raguenaud, le président du Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC). Le défi est de taille mais pour répondre aux attentes de la société, tous les viticulteurs et tous les négociants sont d’accord pour le relever. »

Responsable du pôle viticulture durable de l’interprofession, Laetitia Four est confiante. « Nous avons rodé notre système sur un nombre restreint d’exploitations en 2018 et 2019 et sommes prêts à le déployer à grande échelle. »

2400 exploitations ont entamé des démarches pour obtenir la double Certification Environnement Cognac et Haute Valeur Environnementale imaginée par le BNIC. Elles représentent 72% de la surface de l’appellation. « Cela signifie qu’elles ont au moins suivi une des formations d’autodiagnostic proposées par les Chambres d’agriculture. Elles savent désormais sur quels points elles doivent progresser » détaille Laetitia Four.

60 techniciens en support

Quand certains viticulteurs n’ont plus qu’à faire un peu d’ordre dans leur traçabilité avant de pouvoir se faire auditer, d’autres doivent encore investir dans du matériel de pulvérisation confinée ou aménager des aires de lavage. « Nous avons habilité une soixantaine de techniciens issus des coopératives et négoces agricoles, centres de gestion, des syndicats ou de la MSA pour les aider » reprend la responsable viticulture durable.

Quel que soit le chemin qu’il leur reste à parcourir, les candidats à la certification font preuve de bonne volonté. « Ils sont motivés par cette dynamique collective. Et dans le contexte médiatique actuel, ils sont aussi contents de voir leurs bonnes pratiques environnementales valorisées » conclut Laetitia Four.

Des exigences élevées

Pour définir le cahier des charges de la certification environnementale Cognac, l’interprofession s’est basée sur le niveau 3 de la certification HVE. « Et nous y avons ajouté de nouvelles obligations, détaille Laetitia Four. Nous imposons par exemple la pulvérisation confinée jusqu’au troisième traitement pour protéger les riverains quand la végétation n’est pas encore bien développée, tout en espérant que les viticulteurs qui investissent dans du nouveau matériel continue à l’utiliser toute la saison. »

Le désherbage chimique est interdit entre les rangs et limité en dessous. « L’utilisation d’outils interceps est obligatoire au moins une fois et sur 25% du vignoble » reprend la responsable viticulture durable. La certification cognaçaise comprend également un volet sur la gestion des effluents vitivinicoles et le traitement des eaux de lavage.

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