LE FIL
Vous devez être connecté pour selectionner cet article dans vos contenus sauvegardés.
x

Point météo

La vague de chaleur accélère les vendanges

Mercredi 16 septembre 2020 par Marion Bazireau

De Chinon à Quincy dans le Cher, les températures moyennes de l’été sont supérieures à la moyenne des 30 dernières années de 2 à 2,5°C, alors que les pluviométries sont excessivement faibles.
De Chinon à Quincy dans le Cher, les températures moyennes de l’été sont supérieures à la moyenne des 30 dernières années de 2 à 2,5°C, alors que les pluviométries sont excessivement faibles. - crédit photo : Creative Commons
Dans le Val de Loire, les cabernets sont en grande souffrance. Les vignerons ne doivent plus attendre pour vendanger. La situation est moins préoccupante à Bordeaux, où les vignes ont reçu d’avantage d’eau en amont dans la saison.

« C’est le Sud en Touraine. On a 36°C et le sirocco, c’est incroyable » témoigne Philippe Gabillot, conseiller à la Chambre d’agriculture d’Indre et Loire. D’après le Bulletin de Santé du Végétal du Centre-Val de Loire, les températures moyennes de l’été sont supérieures à la moyenne des 30 dernières années de 2 à 2,5°C de Chinon à Quincy, alors que les pluviométries affichent jusqu'à 100 mm de déficit depuis le 1er juillet.

A LIRE AUSSI

Ravageurs de la vigne
Eudemis et la pyrale du Daphné risquent d'amputer la vendange
Vers de la grappe, Pourriture grise, oïdium…
L'état sanitaire décroche dans quelques vignobles

"Il faut tout vendanger"

Les vignerons ont commencé à vendanger le cot il y a quelques jours. « Le cépage a bien résisté à la canicule. Ce n'est pas le cas des cabernets qui souffrent énormément depuis une semaine. Les grappes ont perdu 30% de leur poids, le taux d’alcool probable a pris 3 points. Tant pis si la maturité phénolique n’est pas atteinte, il faut tout vendanger » prévient Philippe Gabillot. « Et, à l’idéal, dès 2 heures du matin. »

Face à une maturité des baies très hétérogène, le conseiller préconise une extraction toute en douceur. « Il faut refroidir les cuves et les laisser tranquillement infuser pour éviter les notes végétales. La couleur et la structure vont venir facilement des baies à 13 voire 15 degrés potentiels » indique-il.

Risque de piqûres lactiques

S’il a aidé des vignerons à vinifier sans soufre au début des vendanges, il leur conseille désormais de sulfiter. « Les fermentations malolactiques démarrent très vite, attention aux piqûres lactiques ! »

Malgré tout, le millésime a un très beau potentiel. « Mais c’est un millésime méridional, qui demande aux vignerons de l’agilité. »

Comme dans le Val de Loire, les cabernets bordelais présentent encore souvent d’épaisses pellicules et des tanins astringents. Mais ils souffrent beaucoup moins de la chaleur. « Les jeunes plantes ont parfois perdu des feuilles mais la vigne a globalement bien tenu grâce aux pluies du printemps et de la fin août » rapporte Antoine Samenayre, œnologue au laboratoire Oenoconseil. 

Partout dans le vignoble, le merlot a commencé à être vendangé cette semaine. « Il est un peu tôt pour vraiment mesurer l’impact de la sécheresse sur le rendement, mais les baies ont une taille correcte. En quantité comme en qualité on s’attend à un joli millésime en rouge » assure Antoine Samenayre.

"Pas de brume à Sauternes"

La seule inquiétude de l’œnologue concerne la production de liquoreux. « Le vignoble de Sauternes n’est pas plongé dans la brume le matin et le botrytis a du mal à s’implanter » relate-t-il. Certains vignerons ont réalisé une première trie début septembre. Ils doivent désormais patienter.

Pression eudémis inédite

Si les vignerons ligériens tardent encore à vendanger, les vers de la grappe s’en chargeront. « Nous assistons à une pression inédite de la 3ème génération d’eudémis, notamment à l’Ouest de l’Indre et Loire » rapporte Philippe Gabillot, à la Chambre d’agriculture. « On a un risque de pourriture très important au moindre revirement de la météo. Je me répète, il faut vendanger maintenant ! »

A Bordeaux, l’état sanitaire reste toujours très bon. « Dans le Médoc, les vignerons sont très sereins sur l’évolution du petit verdot et du cabernet sauvignon dans les 15 jours à venir » assure Antoine Samenayre, au laboratoire Oenoconseil.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé