LE FIL
Vous devez être connecté pour selectionner cet article dans vos contenus sauvegardés.
x

Contradiction du confinement

Vendredi 21 août 2020 par Marion Sepeau Ivaldi

Il y a tout de même une certaine contradiction entre ce que disent les chiffres des ventes de vin tranquille et le message porté par la société au cours du confinement. Rappelons-nous l’envie d’authenticité, de consommation locale, de l’appel pour des produits artisanaux, élaborés loin de tous process industriels… La société réclamait presque un changement de paradigme de mode de consommation, une tendance pas vraiment nouvelle mais qui s’est imposée de manière criante alors que chacun était cloîtré à domicile. Il semble que cette incantation tenait plus de l’utopie monastique dans laquelle l’interdiction d’interaction sociale a plongé chacun, plutôt que de l’ascèse pécuniaire. Force est de constater que les consmmateurs n'ont pas joint le geste à la parole. Les ventes d’IGP, de Bag-in-Box ressortent grandes gagnantes de la période. Des vins dont on ne doute pas de la qualité mais qui s’inscrivent bien davantage dans un process industriel, de logique de grande consommation. On peut bien sûr arguer que l’accès aux vins artisanaux était rendu plus difficile, quand bien même nombre de cavistes sont restés ouverts. On peut aussi avancer que l’insécurité économique a poussé à regarder à deux fois les prix des flacons. Mais, alors que l’on croyait que le consomm’acteur était plus que jamais motivé à réfléchir ses actes d’achat, que les citadins rendaient les clés de leurs appartements pour s’installer au milieu des champs, les AOC étaient les premières victimes du confinement. Depuis des années les IGP s’interrogent sur la nécessité de communiquer ce qu’elles sont, le confinement nous éclaire sur un fait. La territorialité des IGP est suffisamment forte pour s’affirmer comme une indication refuge, aux accents campagnards authentiques et familiers. Ce que ne réussissent pas les AOC régionales…

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
VOS RÉACTIONS
Elise R Le 28 août 2020 à 15:28:18
Il est affligeant de lire un tel article. Pour info les Vins IGP français sont des vins issus de vignes cultivées et transformés en France dans des aires géographiques déterminées (à contrario pour beaucoup d’autres IGP agroalimentaire seul la transformation dans un secteur géographique permet d'obtenir l'IGP, l'origine de la matière première n'a pas d’importance). Donc il me semble que les Vins IGP sont des vins locaux voir très locaux. Dénigrer le travail d'un grand nombres de vignerons qui produisent des IGP (et même de viticulteurs) en osant dire que ceux sont des vins "industriels", je suis scandalisée. Je suis vigneronne et je cultive uniquement des vignes en IGP Ardèche. Il ne me semble pas que mon travail et le fruit de mon travail soit moins glorieux que celui fourni par une vigneronne ou un vigneron qui produit des AOC. Les Français ont toujours du mal avec les IGP, "petits vins", c'est une mentalité déplorable, les AOC ont été mises sur un pieds d'estale et donc ce qui est en dessous n'en vaut pas la peine. Quelle tristesse! Heureusement de grands vins IGP font mentir ses idées préconçues (idées qui sont bien entretenues par les journalistes!). Il suffit de travailler à l'export pour se rendre compte que les IGP ont pleinement leurs place, car seul la qualité du vin importe l'acheteur finale, qui n'est pas un buveur d’étiquette! Prendre une telle position de jugement de la part d'un journaliste est tout simplement irrespectueux du travail d'un grand nombre de viticulteurs et de vignerons qui cultivent des vignes en IGP! Merci de bien vouloir ouvrir un peu vos esprits et de prendre le temps d'aller découvrir les Vins IGP sans aprioris! Elise R
pg Le 28 août 2020 à 09:08:18
Le décalage entre l' info et la réalité à une raison simple . L' info n' est pas la réalité. Pour ne prendre que 2 exemples , Radio France et plus France Inter que France Culture ainsi qu' Arté, écoutez et vous serez surpris de constater que les journalistes , chroniqueurs et autres animateurs , ont oublié le principe de base du journalisme : INFORMER et ne pas DEFORMER. Beaucoup trop de journalistes se servent de leur métier comme tribune pour faire passer leurs idées. Comparez l'info dont on vous abreuve et les préoccupations des français... Le problème , c' est que cette vraie fausse information fini par déteindre sur la perception des événements que nous vivons. Sur information écologique , sur information coronavirus, sur information politique , etc. La sur information est déjà , par elle même, une désinformation. Une sur information déformée devient doublement pernicieuse. Mais qu'est ce qu'une information juste ? Les faits . Puis, prendre le temps d'une analyse contradictoire ... Trop peu nombreux sont les médias qui adoptent ce principe.... Pendant mes trop brèves vacances j' ai lu " un été avec Montaigne". Je me suis régalé....
craoux Le 27 août 2020 à 12:35:33
Ce matin encore, j'ai pu constater qu'au rayon IGP de "mon" Leclerc ", le fond de rayon 1er prix en MDD IGP blanc et rosé (cépages IGP Oc essentiellement, à moins de 2,50€ le col) était dévalisé .. et pourtant qu'il est moche ce nom > MDD : " Vieux Carion " .. plus nul comme nom de marque, c'est pas possible). Et je vois aussi les "trous" faits dans les empilements de Bag-in-Box IGP ... D'où ma question : faut-il avoir fait de très longues études pour comprendre que le "prix" du vin à consommer quasi-quotidiennement ne peut pas être celui du "vin plaisir" ? ... le vin rentre dans la catégorie des produits à demande élastique ... toute compression du budget familial impacte ipso facto la liste des achats domestiques utiles et nécessaires ! Quant à moi, je m'interroge sur la pente inflationniste du prix des vins ... en France, on nous rabâche qu'il y a la culture du vin ... ah bon ? .... mais ça se concrétise comment, par quoi ? .. ah bien sûr, si on considère la frange aisée de la population, à l'aise économiquement .... se constituer "sa" cave ... mais à quels prix ? .... Le monde viticole ne peut que compter sur les marchés export car le pôvre (!) marché indigène et domestique (notre France quoi !) est bien incapable de le faire vivre ! ... N'y a-t-il pas d'ailleurs trop de vignerons ? ...
vigneronnerose Le 25 août 2020 à 17:22:43
Tout à fait d'accord avec Janfi, l'homme est pétri de contradiction... mais j'ajouterai quelque chose : le français veut du vin pas cher, et pour lui c'est en bib !! Et quand chez un vigneron, chez un caviste il achète un vin de producteur en bib, dans sa tête il le cantonne au bib et ne lui achètera jamais une bouteille.... il réserve l'achat de ces dernières aux vignerons ou aux appellations plus connues, à ces bouteilles qui flatteront son égo devant sa famille ou ses copains.... je l'ai vérifié tellement de fois que nous ne vendons plus de bibs à la propriété mais seulement à certains cavistes à des centaines de km. Et depuis peu à peu on parle de nous pour nos cuvées et non pas pour le bib pas cher... L'étranger achète les bouteilles qui lui plaisent selon son budget et c'est mieux ainsi.
Matthieu Le 21 août 2020 à 18:02:05
Votre éditorial semble dire qu'IGP et BIB riment avec "industrie". Je pense que leur succès est davantage dû à leur côté décomplexé et à leur meilleur rapport qualité/prix de manière générale. Les consommateurs ont probablement eu plus le temps de comparer les prix en ces temps de crise. J'espère que cela conduira les AOC/AOP à se remettre en question!
Janfi Le 21 août 2020 à 17:16:28
Pour moi, il n'y a rien de neuf sous le soleil. L'Homme est toujours pétri de contradictions. Les mêmes personnes que j’entends faire l'éloge du porc cul noir gascon sont celles que je croise au supermarché et qui remplissent le congélo lors des opérations "demi cochon à 2€ le kilo". Lorsque, un temps de ma vie, je faisais des animations en grandes surfaces, je me souviens que, lors des soirées "Beaujolais nouveau", les gens rechignaient à prendre celui à 3€20 car c'était "trop cher" pour un Beaujolais, mais accompagnaient leur commentaire d'un: "D'habitude je bois du Pommard, c'est quand même bien mieux fait! Le Beaujolais c'est vraiment de la ....". Bref! Je pense que la réforme AOC-VDQS-Vins de Pays/ AOP-IGP a été très mal comprise par le public. AOP et IGP sont maintenant des vins d'appellation et la distinction entre "contrôlée" et "protégée" fait, pour le commun des mortels, l'apparence d'une simple querelle byzantine. Pour mon coin, faire la distinction entre des IGP Malbec Côtes du Lot, IGP Thezac Péricard et des Cahors est difficile pour le client lambda.
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé