Cataclysme en restauration

Vendredi 28 août 2020 par Marion Sepeau Ivaldi

Dans toutes les régions françaises, la vendange a démarré avec, dans l’ensemble, une qualité et quantité satisfaisante. Une année plutôt bonne qui aurait dû donner le sourire au vignoble comme au commerce. L’incertitude liée à la Covid-19 laisse tout le monde dans une humilité et une retenue face à l’avenir. C’est particulièrement le cas pour ceux qui dépendent des circuits de l’hôtellerie et de la restauration. Le Groupement national des indépendants hôtellerie et restauration (GNI) a annoncé le 22 juillet dernier, une baisse de 88 % du chiffre d’affaires du secteur sur le second trimestre 2020. En glissement annuel, la baisse s’établit à 27 %. Plus particulièrement, pour les restaurateurs la perte de chiffre d’affaires sur le second trimestre 2020 s’établit à 87 %. Et le secteur dans son ensemble pourrait détruire 200 000 emplois salariés dans les prochains mois, estime le GNI. Comment les catégories de vin qui ont misé sur ces circuits de distributions peuvent elles faire face à un effondrement aussi cataclysmique de leur client ? Au-delà de la disparition pure et simple de certains établissements, il subsistera une baisse de la consommation rendue obligatoire par les quotas d’occupation des établissements. Il y a un enjeu réel à relancer la consommation à domicile, donc à améliorer la prescription et sécuriser l’achat auprès de consommateurs qui voient en leur lieu d’habitation un refuge sanitaire, un espace encore préservé où la convivialité peut s’exprimer.

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pg Le 29 août 2020 à 12:25:33
En visite à Avignon , nous avons déjeuné sous un micocoulier , à la terrasse de la brasserie Barréta. Belle établissement. Un peu à l' écart de la cohue du palais des papes. Fort heureusement... Superbe carte des vins très centrée sur les vins locaux. Nous avons choisi un des rares rosés 2019 parmi les très nombreux 2018 et même 2017....La serveuse qui faisait de son mieux n' a pu m' expliquer pourquoi autant de millésimes "dépassé"... Sur une centaine de couverts , je ne suis pas sur qu'il y avait 5 bouteilles de vins et 25 vins au verre. Visite du superbe château de Grignan puis halte dans la vieille ville, au bar des vignerons. Là encore , une carte des vins bien fournie , uniquement en AOC Grignan -les-Adémar. Pour 5 € , 3 vins au choix. Quoi rêver de mieux ? Mais comment choisir? Seules infos sur la carte : la couleur , le domaine , le millésime , bio ou pas. Et une gentille serveuse d'une 20ene d' années plus affairée à servir de la bière et des sodas. " je n' y connais rien en vin. Je crois que c' est un partenariat avec les vinerons..." Auberge du moulin , dans la Drome. Petite resto de campagne, perdu dans la montagne, sans prétention mais qui a le mérite de faire lui même une excellente charcuterie de la région. Menu unique de vendredi soir: soupe au pistou. Tant pis pour les pieds paquets. Choix du vin , parce que le restaurant sans du vin c' est inconcevable : 50 cl rosé ( à 2, dose de fin de séjour gastronomique... ) de Syrah , IGP coteau des baronnies. Nous avions testé , je savais ou j' allais... La bouteilles arrive sur table. Un 2018 fatigué ( très fatigué ) qui aurait mérité d' être servi avec du pamplemousse. Sur 18 couverts une seule table avec une bouteille de vin ( en coma dépassé ) et 8 vins au verre. Retour de vacance . Etape chez mon ami Perdrieau , l' excellent caviste de La Grande Motte. Nous déjeunons au nouveau restaurant portugais de sa rue. La serveuse: " Vous prendrez bien un apéritif ?" " oui , nous allons prendre du vin. " Une carafe ? " répond étonnée la serveuse. Nous : "non, une bouteille de vin! ". Elle: "mais en carafe ? " " non , Madame , EN BOUTEILLE " . " Le sketch c'est prolongé en des j' y connais rien en vin , en vin portugais j' ai du Mattheus, non c' est pas fameux quoi d' autre , venez avec moi choisir derrière le bar.... J' accepte que la restauration fasse son bénéfice sur notre travail . Qu'elle considère que son travail à elle ne mérite pas d' être rémunéré, me navre. Mais , encore faudrait-il qu'ils vendent de nos bouteilles ?! Le corona virus fait subir un choc important à la restauration. Mais il reste l' arbre qui cache la foret. Peut-être aurions nous un rôle à jouer ?
Baraud Le 29 août 2020 à 11:44:40
Les américains sont fières de consommer américain les chinois sont fières de consommer chinois,les italiens sont fières de consommer italiens,les espagnols sont fières....... et les français sont fières d’importer massivement tout les produits étrangers qui n’ont aucunes de nos contraintes Franco francaises ! Tous ces pseudos bobo,écolos,hygiénistes ne font que détruire notre savoir faire pendant que les autres pays font de la promotion à tout va avec le soutien de la population! En France il faut simplifier et réformer toute cette administration qui ne fait qu’écouter les improductifs donneurs de leçons! Il faut abroger la loi évin stupide qui empêche au citoyens de connaître nos productions et nos métier! L’agriculture et la viticulture française sont les plus contrôlées au monde et on peut même pas communiquer dessus
Thierry Jullion Le 28 août 2020 à 14:01:51
C’est vrai que la baisse de consommation dans les CHR est catastrophique ! Les attaques permanentes des hygiénistes trouvent leur écho dans l’esprit des consommateurs peu éclairés. Mais sur la côte atlantique, que penser des professionnels de la restauration qui mettent à leur carte des vins étrangers de l’UE alors que l’état français a mis des millions d’euros pour soutenir les vignerons par le biais de la distillation de retrait. Les français se doivent de soutenir un pan entier de la viticulture. Il faut consommer local! Et les professionnels doivent jouer le jeu.
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