Innovation

De l’eau conditionnée pour une pulvérisation de qualité

Mardi 18 août 2020 par Marion Bazireau

 Damien Trebosc est le responsable du nouveau pôle environnement de Banton et Lauret, qui assure la distribution de l’Eqo Modul sur la Gironde.
Damien Trebosc est le responsable du nouveau pôle environnement de Banton et Lauret, qui assure la distribution de l’Eqo Modul sur la Gironde. - crédit photo : Damien Trebosc
Banton Lauret Environnement dévoile aujourd’hui un système innovant de traitement de l’eau de bouillie qui améliore l’efficacité des produits phytosanitaires.

« C’est Monsieur Bourde qui est à la genèse du projet. Avant de créer la société Eqo, avec qui nous travaillons sur la machine depuis 6 ans, il était technico-commercial dans un négoce gersois. Il ne comprenait pas pourquoi, d’un secteur à l’autre, les vignerons obtenaient des résultats très variables sur le mildiou ou l’oïdium alors qu’ils traitaient avec les mêmes produits, le même pulvérisateur, et dans des conditions de pression maladie similaires » pose Damien Trebosc, responsable environnement de Banton et Lauret, qui assure la distribution de l’Eqo Modul sur la Gironde.

Il constatait aussi que les traitements étaient plus efficaces au démarrage qu’en fin de parcelle.

Après investigations, il a réalisé que la perte de stabilité des produits était liée à la qualité de l’eau utilisée lors de la pulvérisation.

Il a créé la société Eqo avec deux associés pour concevoir une unité compacte permettant d’obtenir une eau de bouillie performante, adaptée aux différents produits pulvérisés.

"L'eau est filtrée, déminéralisée, son pH et sa conductivité régulés"

Eqo Modul conditionne l’eau. Elle est d’abord filtrée, « car nous nous sommes aperçus, que même l’eau potable contient de la matière organique, de mini algues et de la terre, qui agissent comme des éponges sur les matières actives des produits » explique Damien Trebosc. Puis elle est déminéralisée, « pour que les cations n’agissent plus comme des aimants. »

Ensuite, le système régule le pH et la conductivité. « Le premier joue sur la stabilité des matières actives, tandis que la conductivité impacte leur faculté à entrer dans les stomates de la plante. » Il finit par ajuster la température. « Elle doit être supérieure à 18°C pour que la bouillie se mélange bien et que la vigne soit stimulée » précise le responsable environnement.

L'opération est simple

Pour le vigneron, l’opération est simple. Il doit indiquer sur un écran tactile combien de litres il souhaite préparer et quel produit il va utiliser. L’ordinateur de la machine fait le reste. Les pH, conductivité, et température cibles sont automatiquement programmés. En 45 minutes, Eqo Modul est capable de conditionner 3000 litres d’eau. « Le plus souvent le viticulteur lance l’opération le soir, de sorte à ce que son eau de bouillie soit déjà prête quand il prépare son traitement le matin » témoigne Damien Trebosc.

Banton Lauret Environnement a implanté sa première station à Saint-Emilion, aux Vignobles Comtes von Neipperg. Nicola Fagotto, responsable R&D des vignobles Von Neipperg, a mis en place des essais.

« Avec un même pulvérisateur, il a fait traiter la moitié d’une parcelle avec de l’eau paramétrée par l’Eqo Modul, et la seconde avec de l’eau brute habituellement utilisée. Il a compté 26% de mildiou sur grappes dans le premier cas, et 48% pour l’eau classique ! Dans un second essai, la combinaison d'eau purifiée, de biostimulants et un travail sur la fertilisation du sol leur a permis d'utiliser 4 fois moins de cuivre que la dose homologuée » reprend Damien Trebosc, qui voit en l’Eqo Modul un excellent moyen d’optimiser l’efficacité des programmes de protection du vignoble.

 

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pg Le 01 septembre 2020 à 08:00:14
Ce procédé parait tellement "révolutionnaire". Il n' est pas le seul à nous proposer de faire des économies moyennant des investissements non-négligeables. Mais , je me pose toujours la question du pourquoi l' INRA ou l' IFV ne valident pas ces résultats. Serait-ce qu'ils ont un temps de retard ou que nous sommes en présence d'une arnaque? Un bon travail journalistique devrait permettre de répondre à ces questions... Publi-reportage ou information ? Il ne suffit pas d' utiliser le conditionnel pour rapporter les faits. Encore faudrait-il questionner des personnes crédibles pour étayer l' information. Donc , pour résumer , info ou fausse nouvelle ? J' attends la réponse.
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