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Conséquence de la crise

"Le nombre de candidats aux vendanges explose"

Vendredi 31 juillet 2020 par Marion Bazireau

' Faut-il faire venir les étrangers plus tôt, pour ne pas courir le risque d’une nouvelle fermeture des frontières ? '
' Faut-il faire venir les étrangers plus tôt, pour ne pas courir le risque d’une nouvelle fermeture des frontières ? ' - crédit photo : Wikipedia
Les étudiants et chômeurs partiels sont disponibles et motivés à l’idée de vendanger. Les étrangers aussi, mais les viticulteurs ont plus de réticences à les embaucher.

Alors que les premiers coups de sécateurs seront donnés dans deux semaines, la crise sanitaire a-t-elle compliqué la recherche de vendangeurs ? « Non, assure Mélanie Grandguillaume, à la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB). Les équipes sont presque complètes. Les chômeurs sont plus nombreux cette année. Et comme le millésime est très précoce, les étudiants veulent aussi participer à la cueillette. En plus, certaines rentrées scolaires ont été décalées. Beaucoup de viticulteurs nous demandent quelles sont les conditions d’embauche des jeunes de moins de 18 ans»

Dans le bordelais, la société Banton & Lauret doit recruter près d'un millier de vendangeurs d'ici un mois. Elle privilégie la main d'oeuvre locale, qu'elle soit Française ou d'origine étrangère. Benjamin Banton, le dirigeant, ne s'affole pas. « Nous ne prendrons pas d'inscriptions avant plusieurs semaines pour ne pas faire face à trop de désistements de dernière minute » explique-t-il. « Cette année nous avons moins de mal à trouver des saisonniers. Est-ce parce qu'il y a plus de gens qui recherchent du travail ? Ou est-ce que nos efforts de communication payent ? Difficile à dire. Quoiqu'il en soit, nous sommes sereins. » 

+40% de CV

Chez Vitijob (filiale de Vitisphere), Caroline Garcia a analysé l’évolution du nombre d’offres de postes et de candidats aux vendanges. « Le nombre d'offres est relativement stable. Mais le nombre de candidatures a explosé par rapport à l’an passé, témoigne-t-elle. Plus de 11 000 candidats ont déposé un CV pour faire les vendanges, c’est 40% de plus qu’en 2019. » Cela devrait suffire à satisfaire les 500 viticulteurs ayant posté une annonce sur le site.

« Les viticulteurs n’ont pas de problèmes pour recruter. De nombreux Français recherchent activement un emploi. Beaucoup d’Espagnols, d’Italiens, et de maghrébins aussi, mais les viticulteurs sont plus hésitants qu’à l’accoutumée concernant l’embauche d’étrangers » poursuit Caroline Garcia.

"Les gens ont peur des clusters "

En Bourgogne, Mélanie Grandguillaume fait le même constat. « Les gens ont peur que leur exploitation se transforme en cluster. » D’ailleurs, plusieurs domaines ne proposeront pas de logement cette année.

Ceux qui ont l’habitude de réembaucher les mêmes saisonniers étrangers veulent continuer. « Ils se demandent s’ils doivent les faire venir plus tôt, pour ne pas courir le risque d’une nouvelle fermeture des frontières ou une mise en quarantaine. »

Dans le Beaujolais, où, comme en Bourgogne, 40 % des coupeurs et porteurs viennent de Pologne, Bulgarie et Hongrie, le syndicat a traduit les affiches rappelant les consignes sanitaires et les gestes barrières. « Les viticulteurs n’auront plus qu’à les compléter avec des informations propres à leur exploitation » précise la directrice Nathalie Chuzeville.

En France, tout le monde a pris les bonnes habitudes. Nathalie Chuzeville espère que les vendangeurs étrangers seront aussi disciplinés. « Pour aider les viticulteurs, nous avons fait financer 50 000 masques par la région, et organisé des commandes groupées de sacoches, où chaque vendangeur pourra ranger et garder son sécateur et son masque. »

Les champenois n'ont pas constitué leurs troupes

A rebours de la tendance nationale, « nos agences à Reims et Epernay enregistrent moins d'offres que l'an passé à la même époque » assure Catherine Bunel, chargée de communication pour Pôle Emploi Grand Est.  « Nous avons organisé deux job dating dans des exploitations la semaine dernière, mais la plupart des viticulteurs champenois attendent de connaître la date des vendanges pour constituer leurs troupes. Les choses vont se bousculer dès qu'elle sera annoncée. En attendant, beaucoup sont partis en vacances. » 

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