Crispations viticoles

Vendredi 10 juillet 2020 par Marion Ivaldi

La France viticole a le bourdon et les fins de non-recevoir accumulées depuis des mois commencent à peser lourdement. Non seulement, le vin français est confronté à la crise Covid-19, comme la plupart des secteurs d’activité français, mais, il traine d’autres boulets, comme celui du positionnement français sur les Gafa ou encore le litige aéronautique. Cela fait plus d’un semestre que les organisations syndicales clament leur inquiétude, demandent des soutiens, des décisions efficaces… L’écoute n’est suivie que de peu de faits, quelques mesures, et qui plus est, pour certaines, sous-dimensionnées ou d’autres remisées aux oubliettes comme le fonds de compensation pour lequel le Président de la République s’était engagé lors du Salon de l’agriculture. L’appétence étatique pour sauver les grands noms industriels français au détriment du fleuron identitaire (et local) qu’est le vin n’apaise pas les crispations. En région, la base conteste ses représentants. Les discordes se font entendre, les visions stratégiques ont du mal à trouver un consensus. Elles se font également entendre entre régions : en faisant le choix de retirer des volumes du marché, l’Etat écarte certains vignobles créant des iniquités face à une crise qui touche l’ensemble de l’économie viticole. Et c’est la différence avec d’autres crises de surproduction connues par le passé : les marchés se sont fermés pour l’ensemble des catégories de vin, le positionnement de certains produits vient en surcroît.

La viticulture est sage et pleine de bon sens. Mais, il ne faut pas oublier les leçons du passé… Gageons que le nouveau Premier Ministre qui s’est montré sensible à l’écoute des territoires saura convaincre le pilote de la relance, qu’est Bercy, d’accorder davantage de soutiens à la viticulture.

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