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Roselyne Bachelot, ministre de "l’approche culturelle" du vin

Samedi 11 juillet 2020 par Alexandre Abellan

« Ce que je veux, c'est qu'on en vienne à ce qui est pureté de cristal de la loi : pas d'alcool pour les mineurs, c'est clair, c'est simple » annonce Roselyne Bachelot au Grand Jury de la radio RTL le 22 février 2009.
« Ce que je veux, c'est qu'on en vienne à ce qui est pureté de cristal de la loi : pas d'alcool pour les mineurs, c'est clair, c'est simple » annonce Roselyne Bachelot au Grand Jury de la radio RTL le 22 février 2009. - crédit photo : Ministère de la Culture (passation du 8 juillet 2020)
Des dégustations à la communication sur internet, les déclarations de la ministre de la Santé de 2009 étaient scrutées avec attention par la filière vin, craignant un durcissement de la loi Evin.

Désormais ministre de la Culture, Roselyne Bachelot est bien connue par la viticulture dans ses fonctions de ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports (2007-2010). C’est à ce titre qu’elle a fait l’actualité de la filière viticole de l’automne 2008 au printemps 2009, faisant la pluie et le beau temps avec ses déclarations oscillant entre la compréhension des messages de prévention de la filière et des positions nettement plus hygiénistes. Fin octobre 2008, Roselyne Bachelot indique au Figaro « ne pas [s'opposer] à un amendement parlementaire qui actualise la loi Evin en autorisant la publicité sur Internet » avec notamment des « garde-fous » pour les sites visités par les plus jeunes. Une position soutenue par Claude Evin lui-même, un temps du moins.

Suivi avec attention par la filière vitivinicole, le projet de loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » déposé début 2009 met le feu aux poudres, ouvrant une possibilité à l’interdiction des dégustations de vin gratuite ou au forfait sur le lieu de vente. Un casus belli pour les représentants du vignoble, qui envoient début février une lettre au président de la République pour indiquer que « la mesure qui est censée permettre de lutter contre les consommations excessives et dangereuses dans les soirées étudiantes (open bars) viserait en réalité toutes les occasions de consommation à titre gratuit ou au forfait. Elle remettrait ainsi en cause les dégustations dans les caveaux, les salons et foires viticoles, les menus vin compris, toutes les offres forfaitaires d’accompagnement des repas, etc… »

"Approche culturelle"

En signe d’apaisement, Roselyne Bachelot déclare le 23 février 2009, lors du grand jury RTL/Le Figaro/LCI, qu’elle « aime bien un verre de vin avec mon repas. Interdire le vin dans notre pays, c'est impossible et ce n'est pas souhaitable. » La ministre précise également qu’interdire la vente d'alcool au forfait n'« empêchait pas les dégustations » dans les foires ou les salons. Tout en soulignant que « le risque de cancer apparaît dès le premier verre de vin ». Roselyne Bachelot suivant ainsi les publications d’alors de l'Institut national du cancer (INCA), tout en restant plus modérée : « il faut une approche raisonnable, culturelle, équilibrée : nous sommes un pays qui produit du vin ».

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