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Remaniement ministériel

Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture qui doit (enfin) trancher le plan d’aide à la viticulture

Lundi 06 juillet 2020 par Alexandre Abellan
Article mis à jour le 07/07/2020 12:01:20

Actuellement, le haut fonctionnaire donne son nom à un dispositif de réduction d'impôt en cas d’« investissement locatif dans un quartier ancien dégradé ».
Actuellement, le haut fonctionnaire donne son nom à un dispositif de réduction d'impôt en cas d’« investissement locatif dans un quartier ancien dégradé ». - crédit photo : Gouvernement
Suspendus à la nomination d’un nouveau locataire rue de Varennes, les derniers arbitrages sur les mesures de soutien à la filière vitivinicoles vont désormais pouvoir être tranchés.

Fin du suspens. Julien Denormandie (39 ans) vient d’être nommé ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation ce 6 juillet, dans le gouvernement de Jean Castex, lui-même nommé premier ministre ce 3 juillet. Contrairement au sénateur de la Drôme auquel il succède, Didier Guillaume, Julien Denormandie ne semble pas avoir pris de positions tranchées sur les sujets viticoles avant sa nomination. S’il ne présente pas d’expérience viticole saillante dans son cursus, les enseignements d'agronomie et d'écologie de ses diplômes d'ingénieur agronome et d’ingénieur des eaux et forêts lui seront utiles rue de Varennes. Ce natif de Cahors pourra également s'appuyer sur son MBA en économie pour analyser les marchés de la ferme France en général, et des vins et spiritueux en particulier.

Ne venant pas du Calvados mais du Lot, Julien Denormandie est un fin connaisseur des rouages gouvernementaux, ayant été conseiller à Bercy (pour Pierre Moscovici et Nicole Bricq), puis directeur adjoint d’Emmanuel Macron quand il était ministre de l’Economie (2014-2016). Il était le ministre chargé de la Ville et du Logement dans le dernier gouvernement. Dans le précédent il était secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires. Désormais nommé ministre de l'Agriculture, il lui faut redonner de l'espoir aux terroirs viticoles français, suspendus aux décisions gouvernementales pour lever les incertitudes aggravées par la crise du coronavirus.

Mauvais minutage

Pour ses premiers pas ministériels, le plan d’aide à la filière vin attend Julien Denormandie sur son bureau de ministre. Jouant de malchance, les mesures de soutien attendent leurs derniers arbitrages depuis quasiment deux semaines, le chiffrage de la campagne de distillation de crise ayant pris du retard (la phase d’enregistrement s’est achevée le 19 juin, pour être évaluée une semaine après). Le flottement du remaniement étant passé, le ministre doit trancher les demandes de rallonge pour la distillation de crise de l’ensemble des volumes engagés (sinon, 40 % des volumes ne pourront être traités par les distilleries) et d’élargissement des exonérations de charges patronales (en attente à l’Assemblée Nationale, avec d’autres proposition fiscales). Également demandé par la filière vin, le dispositif d’aide au stockage privé doit être présenté ce mercredi 8 juillet au conseil spécialisé vin de FranceAgriMer.

Si le ministre de l’Agriculture change, restent en fonction le ministre de l’Economie, Bruno Lemaire et le secrétaire d’Etat aux Comptes Publics, Olivier Dussopt. Tous deux suivent depuis le début de la crise du coronavirus le dossier du plan d’aide à la filière vin. Le suspens est donc relancé pour la filière, qui reste déçue par la faiblesse des aides actuelles (250 millions d'euros) face à l’importance des soutiens accordées aux secteurs de l’automobile et de l'aéronautique (respectivement 8 et 15 milliards €).

 

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