Irrigation

Les clés d’une bonne remise en route du goutte-à-goutte

Mercredi 01 juillet 2020 par Marion Bazireau

Il faut mesurer la pression sur toutes les fins de ligne d'irrigation.
Il faut mesurer la pression sur toutes les fins de ligne d'irrigation. - crédit photo : Marc Gelly
Propreté des filtres, fonctionnement des vannes, positionnement des suspentes… Voici les éléments à inspecter sur un système d’irrigation avant de le relancer.

Relancer une campagne d’irrigation ne se résume pas à tourner un robinet. « Le système peut avoir subi beaucoup de dégradations lors de son hivernage. Il faut l’inspecter dans son intégralité » insiste Marc Gelly, gérant de la société Ag-Irrig, basée dans le Gard.

Une attention particulière doit d’abord être portée à tous les filtres. Il faut les démonter et les nettoyer. « Les tamis et les disques doivent être ramenés à l’atelier, et mis à tremper en respectant les temps indiqués. On peut utiliser de l’acide pour les dépôts calcaires ou d’engrais, ou de la javel lorsque des algues sont présentes. Si le delta de pression reste important entre l’entrée et la sortie des filtres, il faut les changer » précise Marc Gelly, rappelant en outre aux viticulteurs de contrôler le niveau mais aussi la compaction dans les filtres à sable.

Après les filtres, il faut faire le tour de toutes les vannes, « afin de s’assurer qu’on peut les fermer complètement et les ouvrir à 100%. » Le viticulteur doit en plus vérifier que ses régulateurs de pression fonctionnent.

"Détecter les fuites à l’oreille "

Il faut ensuite prendre le temps de remettre le système en eau sur chaque parcelle. Des variations de températures ont pu faire céder les raccords, des plombs de chasse provoquer des fuites, et des passages d’outils arracher des tuyaux. « Au bout d’une heure, on va pouvoir détecter d’éventuelles fuites à l’oreille. Le mieux est de les marquer à la rubalise et de les réparer sans eau.»

Les crochets suspentes doivent être bien positionnés. « Si ce n’est pas le cas, le goutte à goutte ne sera pas homogène » prévient Marc Gelly.

Un autre contrôle simple consiste à mesurer la pression sur toutes les fins de ligne. « Pour cela, on se munit d’un manomètre avec un embout adapté au diamètre du tuyau. On ouvre la fin de ligne, on laisse couler l’eau sale avant d’emmancher le manomètre, on lit la pression, et on referme la ligne. La valeur de la pression doit être reportée sur une fiche de suivi. Elle permettra de repérer les dérives lors des contrôles ultérieurs. La bonne valeur de pression dépend de chaque installation, il faut se référer aux abaques de fonctionnement des goutteurs » indique Marc Gelly.

Trop peu de contrôles du débit d’eau

Pour bien faire, il faudrait aussi contrôler l’uniformité du débit d’eau, en positionnant des seaux sous les goutteurs et en calculant le débit réel. « Malheureusement, à l’exception des viticulteurs confrontés à des restrictions d’eau, peu prennent le temps de le faire » regrette l’expert.

Si toutes les étapes précédentes sont bien suivies, « deux contrôles en cours de campagne suffiront largement. » Il s’agira alors de vérifier la pression des manomètres en entrée et en sortie de filtres pour s’assurer qu’ils n’ont pas besoin d’être nettoyés, de recontrôler les vannes, de vérifier que les pompes tournent bien, et de lire les compteurs d’eau.

Les réserves en eau ne sont pas si bonnes

Échaudés par la canicule de l’été dernier, de nombreux viticulteurs ont déjà remis en eau leur système d’irrigation. Certains ont été surpris lorsqu’ils ont mesuré la contrainte hydrique des vignes. « Malgré les nombreux épisodes pluvieux du printemps, les réserves en eau sont assez faibles dans certaines régions, témoigne Marc Gelly. En fait, les pluies n’ont souvent pas passé la barre des 10 mm. Aujourd’hui, les sites de météo agricole indiquent des déficits hydriques par rapport aux moyennes décennales. Les pluies ont rafraichi la vigne mais elles n’ont pas pénétré dans les sols en profondeur. C’est l’herbe qui en a le plus profité. »

Lorsqu’elle y a eu accès la vigne a très vite pompé l’eau. « C’est une année de forte vigueur. Plusieurs viticulteurs en sont déjà à deux rognages. » Face à cette situation, dans le Languedc-Roussillon, plusieurs appellations demandent des dérogations pour pouvoir irriguer.

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