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Vins de la Vallée du Rhône

Une relance qui passe par le marché local

Vendredi 05 juin 2020 par Juliette Cassagnes

Les opérateurs rhodaniens ne devraient pas avoir besoin de faire appel à la distillation de crise
Les opérateurs rhodaniens ne devraient pas avoir besoin de faire appel à la distillation de crise - crédit photo : InterRhône
InterRhône a décidé de diminuer son budget promotion alloué à l'export pour le consacrer au marché français et plus spécifiquement régional; l'interprofession mise à court terme sur la période estivale pour rebondir après la crise sanitaire.

La Vallée du Rhône a présenté ce jeudi 4 juin 2020, lors d’une conférence de presse à Avignon, son nouveau plan pour relancer les ventes de vins rhodaniens après la crise sanitaire ; un plan dans la lignée de celui annoncé par la Provence le même jour.

Comme leurs confrères provençaux, les responsables de la filière ont décidé de réorienter une partie du budget communication interprofessionnel, en diminuant la part initialement prévue aux marchés export, en la faisant passer de 70% à 50%. Celle sur le marché national voit sa part progresser de +15%, soit 2 millions d’euros. L'objectif: conduire des opérations régionales et nationales. « Nous allons parler plus puissamment aux consommateurs français », a déclaré Philippe Pellaton, le vice-président d'InterRhône.

Organisation d’apéritifs à Avignon, insertions publicitaires à la radio, dans la presse régionale et sur le digital, création d’un office de tourisme des Côtes-du-Rhône, multiplication de petites animations à « taille humaine » dans le vignoble… « Les dispositifs mis en place ont pour objectif d’inciter à leur visite et à la découverte du vignoble », résume InterRhône.

Les responsables professionnels misent sur le fait que les français privilégient désormais plus les produits locaux suite à la crise sanitaire, envisagent de retourner au restaurant et surtout de passer leurs vacances d’été en France, dont une certaine catégorie, les CSP+, qui habituellement partent à l’étranger. Autre atout : le vignoble se situe à cheval sur trois régions (Paca, Aura et Occitanie) très fréquentées par les touristes… En résumé, la période estivale est propice au développement de la vente locale via notamment les caveaux et l’oenotourisme, « deux facteurs clés de succès » à court terme identifiés.

"Pas d'appel à la distillation"

Des actions vont par ailleurs être conduites pour soutenir le circuit du CHR ; vers la GD nationale, un plan média accru est prévu pour soutenir les ventes des appellations régionales. A l’export, l’accent sera mis sur les principaux marchés : Etats-Unis, Chine, dont les budgets sont maintenus, et en Europe, l’Allemagne, la Belgique et le Royaume Uni.

Les sorties de chais ont enregistré une baisse de 20% en mars et 30% en avril par rapport aux mêmes périodes l’an dernier. « Il ne s’agit pas d’une crise économique et conjoncturelle comme en 2008, mais d’une crise structurelle qui sera courte, a tenu à rassurer Michel Chapoutier, président d'InterRhône. Le système n’est pas malade, il s’est mis au ralenti ; les marchés sont intacts, ils ne demandent qu’à être redémarrés ». 

« A priori nos appellations n’iront pas à la distillation de crise », a déclaré pour sa part Philippe Pellaton. D’autant plus qu’une récolte « pas pléthorique » se profile pour 2020, liée à la sécheresse de l’an dernier et aux épisodes de gel et de grêle dans le sud vallée du Rhône. Elle serait de l’ordre de -15% pour l’ensemble de l’AOC Côtes du Rhône. « L’impact climatique et le manque de vin m’inquiètent plus que le Covid » a répété ce dernier à plusieurs reprises.

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