Technologies embarquées

Des applications smartphone gratuites pour vous aider à la vigne

Vendredi 22 mai 2020 par Marion Bazireau

Un simple smartphone doté d'un appareil photo et d'un GPS suffit.
Un simple smartphone doté d'un appareil photo et d'un GPS suffit. - crédit photo : Apple
Avec leur appareil photo et leur GPS, vos smartphones sont capables d’identifier des ravageurs, de prévoir vos rendements, de détourer vos parcelles ou d’alerter vos voisins d’un départ de mildiou. Il vous suffit de télécharger les bonnes applications.

Si vous lisez cet article, vous faites certainement partie des 85% de viticulteurs dotés d’un smartphone. L’exploitez-vous à son maximum ? Savez-vous par exemple qu’il peut vous aider à repérer des maladies ou à estimer vos rendements ?

Lors d’un webinaire organisé par le cluster Innovin ce 20 mai, Pauline Jouzier, ingénieur en technologies numériques pour l’agriculture à Bordeaux SciencesAgro, a dressé la liste de toutes les applications que vous pouvez télécharger. « Citons d’abord Evalio FlashFlor, pour identifier la flore adventice de la vigne. » Une fois chargée sur l’application, et moyennant paiement, votre photo est expertisée par un botaniste.

Par la suite, l’ingénieure n’a listé que des applications gratuites, capables de traiter instantanément les images grâce à des algorithmes. C’est le cas de Xarvio Scouting, qui, en plus des adventices, reconnaît et compte les insectes, les maladies, et estime les dégâts foliaires. L’application 4Grapes permet quant à elle de réaliser des estimations de rendement à partir du nombre de bourgeons ou de grappes. « Primée au dernier Sival, l’application Natutec Scout dénombre et identifie automatiquement les ravageurs capturés sur les pièges chromatiques » a poursuivi Pauline Jouzier.

Vigueur de la vigne, qualité de la pulvérisation

D’autres applications vont plus loin, en réalisant des mesures. « Prenez une photo à 60 cm du sol et chargez-la sur l’application Canopeo. Votre photo sera binarisée, elle passera de la couleur au noir et blanc, puis traitée par un logiciel qui estimera le taux de couvert végétal de votre inter-rang » a illustré l’ingénieure. Placez une pastille de référence sur vos grappes, prenez-les en photos, et l’application WineOz SmartGrape vous indiquera la taille moyenne et la couleur de vos baies.

Vous souhaitez connaître la porosité du feuillage et la vigueur de vos vignes ? Optez pour VitiCanopy. « Avec Dropleaf, on peut aussi mesurer la qualité de la pulvérisation. Il suffit de disposer des papiers hydrosensibles dans le feuillage et de les photographier à la fin du traitement. L’application se charge de séparer les gouttelettes, de calculer leur diamètre, leur densité et leur répartition. » Pauline Jouzier a également cité Yaralrix, qui calcule le besoin en azote des cultures.

"Vous serez alerté des observations réalisées par les viticulteurs proches de votre exploitation "

Il y a aussi les applications qui permettent de partager des observations terrains, « par le biais de la caméra, mais aussi du GPS intégré dans les smartphone. » Avec Companion, Geoinsecta ou Agricommunity vous pourrez signaler et géolocaliser des maladies, ravageurs ou évènements climatiques. En sens inverse, vous serez alerté des observations réalisées par les viticulteurs proches de votre exploitation.

« Le GPS du smartphone peut aussi aider au guidage dans un tracteur, ou à l’arpentage piéton d’une parcelle » a poursuivi Pauline Jouzier. Connected Smart Scout permet aussi de détourer les parcelles et de localiser des points d’intérêt, pour facilement les retrouver, tel qu’un foyer de mildiou. « Contrairement à son nom, l’application « Analyse de sols » permet de faire de l’échantillonnage et de géolocaliser des points de prélèvements. QField est la version smartphone du logiciel Qgis. Elle permet par exemple de cartographie de la NDVI (index de végétation). »

L’ingénieure a relevé un petit bémol. Les GPS des smartphones n’offrent que 2 mètres de précision, ce qui limite encore leur utilisation en viticulture. « Mais il existe des capteurs externes, que l’on branche sur le port USB du chargeur. C’est le cas de la caméra FlirOne, en cours de développement, pour évaluer le stress hydrique de la vigne. »

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