Miss Vicky Wine

"Lancer un site de vente de vin en ligne est la seule solution pour dégager de la trésorerie"

Jeudi 09 avril 2020 par Alexandre Abellan

« Au début on commet quelques erreurs, il faut alors s’ajuster : sur le prix des transports, sur le prix public des vins… » explique Anne-Victoire Monrozier.
« Au début on commet quelques erreurs, il faut alors s’ajuster : sur le prix des transports, sur le prix public des vins… » explique Anne-Victoire Monrozier. - crédit photo : Château des Moriers
Vigneronne dans le Beaujolais, à Fleurie, Anne-Victoire Monrozier lance sa plateforme de commerce digital. Comme beaucoup d’autres opérateurs du vignoble, elle se met à la vente en ligne pour pallier aux ruptures de débouchés commerciaux causées par la pandémie de covid-19.

Avec le confinement, les lancements de site web de ventes en ligne se multiplient dans le vignoble. L’épidémie de coronavirus, c’est le moment ou jamais ?

Anne-Victoire Monrozier, alias Miss Vicky Wine : C’est le bon moment parce qu’il n’y pas tant de moyens que ça pour pouvoir payer les factures. Je vends beaucoup en restauration et à l’export. Tous les restaurants sont fermés et l’export se bloque petit à petit (sauf sur certains pays, comme le Japon). Lancer un site de vente en ligne est la seule solution pour dégager de la trésorerie, on ne peut pas faire grand-chose d’autre. Heureusement qu’avec le confinement on peut prendre le temps pour travailler sa boutique en ligne !

Il y a beaucoup d’essais et d’erreurs avant de réussir à tout mettre en place. Même moi qui suis très digitalisée, il y a plein de choses que je ne connaissais pas. Il faut réfléchir à la façon de communiquer des codes de réduction, il faut choisir un transporteur, il faut définir sa marge… Ça faisait longtemps que je voulais lancer un site de commerce en ligne, la nécessité de s’adapter à la situation m’a permis de ne plus le repousser.

 

Quels sont les points clés pour réussir le lancement et l’animation de son site ?

Avant de se lancer, il faut avoir une force quelque part pour donner de la visibilité à son offre. On n’a rien sans rien, lancer un site ne suffit pas. Les vignerons faisant des salons auprès des particuliers ont des bases de données à fort potentiel. Avec des clients qui connaissent déjà son domaine et ses vins, un vigneron peut transformer un mailing en achat. Il vaut mieux être sensibilisé au marketing digitalisé et avoir une bonne base de données.  Les domaines qui ont des notes de critiques connus, des médailles et des articles dans la presse ont aussi un avantage. Les vignerons qui sont à fond sur les réseaux sociaux doivent transformer leur communauté en ligne en clients. La sollicitation de ce premier cercle permet de générer des achats. 

 

Les enjeux logistiques ne sont-ils pas un frein au lancement de ventes en ligne ?

En matière de délais, la Poste semble très affectée par la situation actuelle. Mais cela a l’air de bien se passer avec les professionnels du transport d’objets. J’ai fait des ventes pour l’Italie et les Pays-Bas sans soucis. J’espère surtout garder cette activité pour la suite, maintenant que j’ai fait le plus dur.

 

Le maintien d’une activité de vente en ligne n'est pas acquise pour vous après le confinement ?

C’est facile actuellement de vendre en ligne. Tout le monde est à la maison, à commencer par le vigneron. Après [la crise du coronavirus], il faudra trouver le temps de gérer la boutique et de faire les paquets. Ça peut rapidement devenir difficile quand on n’a pas de personnel. Mais je m’aperçois que la vente en ligne est un énorme facteur de communication. On propose un nouveau service, cela amène de l’intérêt qu’il faut transformer.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2020 - Tout droit réservé