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C’est le moment ou jamais

FranceAgriMer sommé de solder ses retards de paiements à la promotion des vins

Jeudi 26 mars 2020 par Alexandre Abellan

Jugés toujours plus exigeants par la filière vin, les contrôles de FranceAgriMer se basent parfois sur des règles non stabilisées en amont.
Jugés toujours plus exigeants par la filière vin, les contrôles de FranceAgriMer se basent parfois sur des règles non stabilisées en amont. - crédit photo : Marinus van Reymerswaeler, les Collecteurs d'impôt (1553, Le Louvre).
Alors que les trésoreries vitivinicoles sont soumises à rude épreuve par la crise du coronavirus, il est temps pour l’établissement public de solder ses retards de paiements pour les représentants de la filière vin.

Pour aider les caves coopératives, négociants et vignerons à passer sereinement l’épidémie de coronavirus, l’Etat se voit signifier des leviers aussi simples que rapides. Dans une lettre envoyée ce 24 mars par la filière vin, FranceAgriMer et le ministère de l’Agriculture sont sommés de payer immédiatement et sans contrôle supplémentaire tous les dossiers complets de demande d’aide à la promotion sur les pays tiers. Bénéficiant aux entreprises aussi bien qu’aux interprofessions, cette demande de règlement sans délai est signée par le président de l’Union des Maisons du Vin (UMVIN), le négociant rhodanien Michel Chapoutier, le président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, le viticulteur languedocien Jérôme Despey, et le vice-président du conseil spécialisé vin de FranceAgriMer, le négociant bordelais Georges Haushalter.

« On ne demande pas un supplément de subventions, il s’agit d’argent provisionné dans le Plan National d’Aide qui permettra un apport de trésorerie qui est dû. Il s’agit de créances clients, d’arriérés considérables à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros » souligne le négociant Michel Carrère, président de l’UMVIN Sud-Ouest et co-président de l’Interprofession des Vins du Sud-Ouest à l’initiative de la missive nationale.

"Trésorerie absente"

Posément, Michel Carrère explique que « la longueur des contrôles cause des retards de paiement de deux ans en moyenne. Il y a une trésorerie absente pour les entreprises et interprofessions qui ont réalisé ces dépenses. Ça pesait en temps normal, mais avec le coronavirus et le manque de courant d’affaires, la trésorerie des entreprises est exsangue. » Demandant un paiement sans tarder des dépenses réalisées pour les dossiers complets, le négociant souligne qu’il ne doit pas y avoir d’exhaustivité des contrôles retardant les remboursements. « Et si des contrôles sont réalisés a posteriori, il ne faut pas qu’ils soient pénalisants » souligne Michel Carrère.

Attendant désormais un retour rapide de l’administration, la filière se penche également sur le Plan National d’Aide 2020 et la possibilité d’un report de ses fonds. L’enveloppe dédiée à la promotion étant toujours plus sous-consommée, elle pourrait dépasser 80 millions d’euros non-utilisés alerte Michel Carrère : « il faudrait pouvoir étaler le PNA sur plusieurs années, ce serait bien de reporter l’enveloppe sur les prochaines années compte tenu des conditions exceptionnelles ».

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