Incompréhension

Les organisations professionnelles montent au créneau sur les ZNT riverains

Mardi 16 juillet 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Avec les ZNT, le vignoble français sera-t-il condamné à se cacher au milieu des champs ?
Avec les ZNT, le vignoble français sera-t-il condamné à se cacher au milieu des champs ? - crédit photo : CC0 Creative Commons
Le projet d’arrêté instituant une zone de non traitement de 10 mètres autour des habitations provoque la colère des organisations professionnelles viticoles.

C’est au Premier Ministre que les quatre organisations professionnelles viticoles (Vignerons indépendants, Vignerons coopérateurs, Confédération des vins IGP de France et Cnaoc) ont choisi de s’adresser pour lui dire tout ce qu’elles pensent de la proposition d’instituer des zones de non traitement de 10 mètres autour des habitations. « Il est urgent de sanctuariser l’espace viticole ! » lancent-elles comme un écho à la sanctuarisation des espaces naturels en danger. Car, elles redoutent une amputation du « potentiel de production viticole de plusieurs milliers d’hectares dans toute la France », expliquant que « des rangs de vignes non traitées ce sont des vignes malades et des pieds qui doivent être arrachés ».

Des engagements sans réponse

Cet appel au Premier Ministre laisse également entendre toute l’incompréhension de la profession qui estime travailler dans le sens de la transition écologique. Le texte rappelle notamment que la filière est sur la première marche du podium agricole en termes de certification biologique et HVE. Il met également en avant les engagements de la viticulture rédigés dans le plan de filière publié en décembre 2019. Dans ce dernier, la filière avait écrit : « Nous visons à terme la sortie des produits phytosanitaires, sous réserve de trouver des voies alternatives fiables nous garantissant le maintien d’une production de qualité équivalente au niveau actuel ». Un engagement fort qui passait notamment par des objectifs tels que la certification de 50 % des exploitations viticoles en HVE en 2025 et d’ici trois ans « la fin de l’utilisation d’herbicides sur au moins 50% de la surface (hors vignobles en forte pente). A terme, un objectif de sortie des herbicides. ». Reste que la filière soulignait que ces engagements nécessitaient des accompagnements tels qu’une aide à l’investissement pour le changement du parc pulvérisateurs et une aide au changement des pratiques culturales. Or, s’étonnent (ou se désolent) les organisations professionnelles, depuis 18 mois, le gouvernement n’a exprimé aucun retour sur ces propositions.

Dangerosité en question

Les organisations professionnelles marquent également leur incompréhension face à un durcissement de la réglementation pour l’utilisation de produits, pourtant autorisés par les autorités sanitaires. « Nous les invitons à revoir leur copie et à retirer du marché les produits jugés dangereux. Il est inadmissible que les opérateurs économiques soient ainsi pris en otage et montré du doigt »

L’appel se termine par une demande concrète : celle de protéger les vignes en place qui n’ont pas encore de voisin. « Nous appelons le gouvernement à modifier la loi afin de prévoir, à la charge des aménageurs, lotisseurs et autres bâtisseurs, des obligations en matière de création d’espaces de transitions entre les zones agricoles et les zones aménagées ou habitées. De ce point de vue le report à 2021, du projet de loi foncière n’est vraiment pas un bon signal ».

 

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