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Vin nature

Sébastien David perd face à l’Etat

Mercredi 10 juillet 2019 par Ingrid Proust
Article mis à jour le 12/08/2019 10:34:56

'A mille lieux des vins industriels aux 100 intrants [Sébastien David] n’est clairement pas dans la norme' annonce la pétition lancée en soutien.
'A mille lieux des vins industriels aux 100 intrants [Sébastien David] n’est clairement pas dans la norme' annonce la pétition lancée en soutien. - crédit photo : DR
Le tribunal administratif d’Orléans a rejeté le 4 juillet la requête de Sébastien David. Le vigneron bio de Saint-Nicolas-de-Bourgueil voulait faire annuler l’arrêté de la préfète d’Indre-et-Loire qui lui ordonnait d’envoyer à la distillerie un lot de plus de 2 000 bouteilles, en raison d’une acidité trop élevée.

« La justice ne déboute que rarement l’administration. La DGCCRF a toujours agi à charge contre moi et la marge d’erreur des analyses faites par leurs labos n’a pas été prise en compte par la justice ». Sébastien David s’attendait à ce que les juges du tribunal administratif d’Orléans rejettent sa requête visant à faire annuler l’arrêté de la préfète d’Indre-et-Loire lui ordonnant d’envoyer à la distillerie 2078 bouteilles de sa cuvée Coëf 2016. Toutes les analyses réalisées par la DGCCRF sur ce lot, un Saint-Nicolas-de-Bourgueil vinifié sans soufre ajouté et élevé en partie en amphore, ont montré un taux d’acidité volatile supérieur au plafond maximal légal.

Mais le vigneron maintient que les analyses qu’il a fait réaliser dans plusieurs laboratoires Cofrac indiquent des taux d’acidité volatile plutôt élevés (plus de 19 meq/l), mais « restant inférieurs à la limite maximale autorisée de 20 meq/l ». Il fustige aussi une administration qui « interdit la commercialisation de mon vin alors qu’elle accepte sur le marché des vins contenant des molécules classées cancérigènes, mutagènes et des perturbateurs endocriniens ».

Pas d'appel

Sébastien David annonce pourtant qu’il ne fera pas appel du jugement. « Mon exploitation est en grande difficulté. Je ne vais pas continuer à me battre contre des moulins. Mais mon cas n’est pas isolé, cinq vignerons en France, dont deux en val de Loire, sont dans la même situation que moi. Avec d’autres producteurs, nous travaillons sur un projet de cahier des charges de vins bios sans intrants. Nous allons rencontrer prochainement les services de l’Inao à ce sujet », explique-t-il.

"Clients dûment informés"

La préfète d’Indre-et-Loire a indiqué sur Twitter que Sébastien David pouvait proposer « sa production à des clients dûment informés des caractéristiques du vin, pour soutenir des associations locales d'utilité publique, à vocation sociale ou environnementale ».  Mais le vigneron n’est en fait pas autorisé à faire cela, puisque son vin a été déclaré impropre à la consommation. « La DGCCRF n’a cependant pas ordonné le retrait du marché des autres bouteilles de ma cuvée Coëf 2016, qui ne proviennent pas du même lot ». La pétition lancée sur Internet en faveur de son combat a recueilli à ce jour près de 172 000 signatures. Une cagonotte est en ligne sur GoFundMe pour lui apporter un soutien financier.

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VOS RÉACTIONS
gregoire Le 19 juillet 2019 à 12:58:30
Qui a goutté? Moi oui et analysé 0.93 h2so4 labo cofrac. Et j'ai analysé pas mal de "grands vins" et c'est pas mieux mais bien plus cher. Franchement pas mauvais. Après, les goûts et les couleurs... c'est pas à moi de juger. Ce monsieur ne critique pas ses collègues mais l'administration et franchement il a raison, posons le débat.
MG Le 12 juillet 2019 à 16:34:36
La réaction de cet homme est révélateur de l'état d' esprit des producteurs "exotique". Il gagne quoi a critiquer ses collègues à part montrer sa frustration et passer pour un "chiard". Quand on fait ce genre de vinification, il faut accepter ce risque et les pertes qui en découlent. Il serait utile aussi de rappeler qu'il commercialise un produit contenant des molécules CMR : l'alcool.
craoux Le 11 juillet 2019 à 09:04:39
Une volatile élevée ne signifie pas "vinaigre" obligatoirement. Diverses molécules d'éléments volatiles concourent à ce résultat. La norme ici dépassée est celle du plafond fixé par l'UE. Ce que je ne comprends pas dans l'affaire relatée c'est ce que prétend le producteur à savoir que le même vin, analysé par des labos Cofrac, ressortait "conforme" à la norme requise pour une mise à la consommation. Or, la pratique d'un labo Cofrac ne peut pas être supposée partisane, d'autant plus qu'il est question de plusieurs de ces labos dans l'article. Et ce qui est tout aussi surprenant, c'est ce qu'aurait twitté la préfète ... si je comprends bien sa position, je la traduirais par le fait qu'elle invite ce producteur à "donner" ses bouteilles à une population très ciblée car informée (sic !). Ubuesque ...
GUI Le 10 juillet 2019 à 17:00:11
Il ne faut pas confondre vin nature et vinaigre.
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