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Robot viticole

Vitibot affole les compteurs

Vendredi 21 juin 2019 par Vincent Gobert

L'équipe Vitibot fête sa porte ouverte jeudi 20 juin 2019 à Reims
L'équipe Vitibot fête sa porte ouverte jeudi 20 juin 2019 à Reims - crédit photo : Vincent Gobert
Le spécialiste champenois du robot viticole ouvre les portes de son nouvel atelier ce jeudi 20 juin 2019 à Reims. Un quatrième modèle de la série Bakus vient d’être livré chez un viticulteur.

Où la start-up va-t-elle s'arrêter ? Ce jeudi 20 juin 2019 dans l’Est de Reims, Vitibot ouvre exceptionnellement les portes de sa nouvelle unité de production de quelques 4 600 m2. « Il y a un peu plus de deux ans à la création de l’entreprise, nous fabriquions le prototype chenillard Hector dans le garage d’une maison à Châlons-en-Champagne, spécialement louée pour nous lancer dans cette activité », se souvient Cédric Bache, co-fondateur avec son père Dominique, viticulteur, de la start-up Vitibot. « Notre idée était née du constat qu’il y avait un besoin de renouvellement de la filière vers une production plus vertueuse et plus qualitative pour le consommateur final. C’est dans cette logique de réconcilier écologie et économie que nous avons voulu mettre au point un outil compétitif », poursuit-il devant une trentaine d’élus, de partenaires et de journalistes, regroupés en grappe au milieu de l’immense hangar peint aux couleurs de la marque. Un atelier qui reçoit déjà nombre de pièces à assembler, car le constructeur consolide ses équipes et se montre ambitieux.

50 salariés

D’une dizaine de personnes lorsque Vitibot décide de louer ce grand site il y a un peu plus d’un an, la start-up compte désormais une cinquantaine de salariés dans ses rangs. Pas moins de 40 travaillent dans les bureaux d’étude électronique, informatique et mécanique. Leur moyenne d’âge est de 26 ans ! En quelques mois, 6 exemplaires du Bakus ont été produits. Quatre tournent actuellement dans des domaines champenois et deux servent aux démonstrations. « Nous souhaitons pour le moment commercialiser les robots à proximité du lieu de production, pour être réactifs et pour continuer à améliorer le robot » précise Bernard Boxho, directeur général. En parallèle, le BE continue des développer l’application smartphone qui permet de contrôler le robot, de travailler sur le design, mais surtout d’envisager l’utilisation d’autres outils que des interceps ou de la tonte. « La pulvérisation confinée avec panneaux récupérateurs est tout à fait adaptée au Bakus précise Bernard Boxho ». Il se murmure aussi que le Bakus sortira très bientôt des terres champenoises, pour une incursion probable en Bourgogne. Puis à l’étranger, la start-up fera sa première sortie au salon Simei de Milan en novembre.

Tour de force

La rapidité avec laquelle Vitibot développe son activité et soulève des fonds est assez rare pour être soulignée. Présente ce jeudi 20 juin, Catherine Vautrin, Présidente du Grand Reims, n’a pas manqué de le souligner. Vitibot avait déjà rapidement levé 3 millions d’euros en juin 2018, peu après la présentation de son prototype, auprès de maisons de Champagne, de professionnels de la vigne et d'industriels. Si des banques soutenaient déjà le projet, d’autres ont suivi, tout comme la BPI ou la région Grand Est. Et les portes ouvertes du jour ne sont pas innocentes. Outre communiquer vers les viticulteurs et le grand public – Cédric Bache annonce d’ailleurs que Vitibot est lauréat du grand prix de l’innovation du salon Viteff dans la catégorie viticulture - le but est aussi de convaincre partenaires et élus de la nécessité d’investir bientôt un nouveau site qui sera plus grand et adapté à l’outil industriel. Même au BE, les ingénieurs sont déjà à l’étroit. Autre argument, Vitibot assemble des pièces fournies à 83 % de valeur dans la région grand Est, des Ardennes à l’Alsace en passant par la Marne. La start-up montre qu’elle fait des efforts pour faire tourner le tissu industriel régional. La démonstration du jour est aussi à destination des investisseurs à l’heure où Vitibot est en plein tour de table pour réunir 10 millions d’euros en levée de fonds. Car le tour de force est aussi social, 12 offres d’emploi figurent sur leur site web. Et ce n’est pas fini, la start-up aura rapidement besoin d’ouvriers et de techniciens car aujourd’hui, ce sont les ingénieurs qui assemblent les Bakus. Si tout se passe comme elle le souhaite, dans un horizon d’environ 3 ans, l’entreprise projette l’assemblage d’un robot chaque jour.

Cédric Bache, co-fondateur de Vitibot, lors de la porte ouverte organisée jeudi 20 juin dans ses ateliers à Reims.

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