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Agroforesterie, biocontrôle et cépage résistant

Un vignoble languedocien pour réduire, drastiquement, les phytos

Mardi 11 juin 2019 par Alexandre Abellan

: La parcelle d’artaban est plantée avec des écartements de 2,8 mètres entre les rangs et de 1 m entre les pieds.
: La parcelle d’artaban est plantée avec des écartements de 2,8 mètres entre les rangs et de 1 m entre les pieds. - crédit photo : UMR System
Des chercheurs montpelliérains viennent de planter une parcelle expérimentale ambitieuse pour se passer au maximum d’intrants dans la vigne.

Plantation de figuiers et grenadiers, biocontrôle et en dernier recours utilisation de cuivre, entretien de l’enherbement des parcelles sans travaux du sol, recours exclusif au cépage résistant Artaban rouge… Les chercheurs de Montpellier SupAgro envisagent un  itinéraire technique particulièrement innovant et iconoclaste pour le vignoble expérimental de 1,4 hectare qu’ils ont planté ce printemps au domaine du Chapitre (Villeneuve-lès-Maguelone, Hérault). « Nous voulons faire la preuve de concept de l’agroécologie au vignoble. Il s’agit principalement de réduire les intrants phytosanitaires. De viser le zéro chimique en n’utilisant que les produits bio et de biocontrôle en dernier recours. Il s’agit d’améliorer leur efficience, pour faire plus avec moins » résume Raphaël Métral, ingénieur agronome à Montpellier SupAgro (Unité Mixte de Recherche System).

Créer une régulation biologique

S’inscrivant dans le cadre des expérimentations Ecophyto (programme 2019-2024), cette parcelle expérimentale en IGP Collines de la Moure va au-delà de mesures agro-environnementales, pour prendre l’enjeu de la réduction des intrants viticoles dans son ensemble. Son objectif est « de créer une régulation biologique des agresseurs avec l’association d’autres espèces (couverts herbacés semés ou spontanés, et arbres fruitiers), d’améliorer la qualité des sols (en réduisant les travaux par la tonte, le roulage… voire des couverts permanents), d’augmenter la biodiversité du vignoble (et les services rendus) » explique le chercheur montpelliérain. Pour qui « les cépages résistants sont le levier qui permet d’aller le plus loin dans la baisse des produits phytosanitaires, mais ce n’est pas suffisant (avec l’apparition de maladies secondaires, type black-rot et anthracnose, et la lutte contre les ravageurs, type cicadelle tordeuses). »

Deux systèmes agroécologiques

Pour aller plus loin dans la réduction des traitements (notamment de cuivre), les chercheurs ont mis au point deux systèmes agroécologiques : l’un purement viticole, axé sur les couverts, et l’autre testant l’agroforesterie, avec des figuiers et grenadiers en cœur d’îlots. « Ce sont des espèces adaptées au climat méditerranéen et n’ayant pas besoin de traitements. Selon des phytopathologistes, les figuiers pourraient être propices à une faune auxiliaire antagoniste des cicadelles. Mais il faut le tester. La production de jus de grenade est une diversification économique intéressante » détaille Raphaël Métral. Le protocole expérimental mesurant non seulement les résultats agronomiques et œnologiques de ces essais, mais aussi leurs paramètres économiques (coûts de production et valorisation).

Chaque modalité est testée sur 0,6 hectare, avec une parcelle témoin de 0,2 ha. Ce nouveau dispositif complète les approches similaires testées à Colmar depuis 2012 et Bordeaux depuis 2014

 

 

Les ceps sont greffés sur 110-R et plantés sur sol argilo-calcaire.

 

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