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Sols viticoles du Beaujolais

"L'extraction du cuivre par les plantes est une réalité"

Mardi 04 juin 2019 par Juliette Cassagnes

2018 nous avions effecetivement associé un mélange de trèfles en espérant à la fois fixer de l'azote au niveau des racines du trèfles et exporter le cuivre via la plante HYP. Mais les conditions climatiques trop sèches n'ont pas permis au trèfle de s'implanter suffisamment.2018 nous avions effecetivement associé un mélange de trèfles en espérant à la fois fixer de l'azote au niveau des racines du trèfles et exporter le cuivre via la plante HYP. Mais les conditions climatiques trop sèches n'ont pas permis au trèfle de s'implanter suffisamment. - crédit photo : Loron
Dans le vignoble, la maison Jean Loron teste depuis 2017 des semis de plantes phytoextractrices de métaux lourds sur des parcelles arrachées. En voici le résultats des essais 2018.

En 2018, Rémi Vincent, responsable du vignoble de la Maison Jean Loron, a expérimenté l'implantation de plantes phytoextractrices sur 3 parcelles nues, situées à Romanèche-Thorins et à Fleurie. Sur deux d'entre elles, les plantes semées se sont bien développées et ont pu être prélevées pour analyse par fluorescence X après séchage.

"Une baisse de 10% environ"

La quantité de métaux lourds présente dans les parties aériennes de celles qui ont poussé sur la première parcelle correspond à une quantité moyenne extraite de 4,2 kg /ha de cuivre. Pour la seconde parcelle, les quantités mesurées atteignent une moyenne de 4,2 kg/ha de cuivre. Les plantes ont aussi permis d'extraire d'autres métaux lourds comme le chrome.

Des résultats positifs donc, mais en-deça du plein potentiel des plantes, capables d'absorber le double du cuivre, soit 8 kg/ka attendus. La baisse correspondante du stock de cuivre mesurés au départ dans les sols (prélevés à 30 cm de profondeur) a été estimée à -10 % sur un an, au lieu de -20 à 30 % espérés.

De nouveaux essais en 2019

«Le potentiel hyperaccumulateur de ces plantes fonctionne, c'est une certitude. Il reste encore à connaitre les réglages, comment optimiser l'idée», commente Rémi Vincent.

Celui-ci a décidé de poursuivre l'expérimentation en 2019 sur une nouvelle parcelle de 1,5 ha (voir photo ci-dessous). Cette fois, un semis en février a été effectué en association avec de l'orge en vue d'améliorer la tenue du sol, de limiter le développement des autres adventices et d'amener de la matière organique. « Je le faucherai avant épiaison, au printemps, pour redonner de la lumière aux plantes. La levée a été rapide et pour le moment, j'ai un bon développement, indique t-il, satisfait. Associée à l'orge, les plantes phytoextractrices peuvent être vraiment intéressantes ».

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VOS RÉACTIONS
Rémi VINCENT Le 17 juin 2019 à 18:25:46
Quelques remarques suite aux réactions ci-dessous. 1/ Cuivre, métal lourd ou pas ? Il était intéressant de se reposer la question, et il existe effectivement plusieurs définitions de ce qu'est un métal lourd, l'une historique qui exclue le cuivre, et d'autres définitions qui intègrent notamment le cuivre et tous les éléments métalliques à partir de la quatrième période de la classification périodique. Plusieurs acceptions donc. Je ne trancherai donc pas. 2/ Sur le devenir des plantes, et de la matière organique "chargée", les études en cours intègrent le développement d'une filière aval permettant de valoriser cette ressource. Il existe toute une série d'articles passionnants en ligne pour ceux que ça intéresse, dont sur Vitisphère, à mêmes de donner du sens là où il pourrait sembler faire défaut. L'idée étant bien d'agir avec discernement, avec une approche globale et beaucoup de bon sens, qui ne doit pas être l'exclusivité de la paysannerie mais bien de tout un chacun...avis aux amateurs... 3/ Les sols que nous travaillons ne sont pas pollués, et encore moins éteints. Et la belle idée de cette technique serait effectivement de parvenir à une économie circulaire. D'où les essais multiples, la recherche théorique et la recherche appliquée, les points d'étapes, loins des avis définitifs insuffisamment éclairés et tranchés à la serpe. 4/ Enfin, un article très synthétique ne peut rendre compte de la complexité d'un tel sujet, mais se veut je pense une belle porte ouverte vers ce champ d'étude prometteur et fascinant que sont les plantes hyper-accumulatrices (très bon reportage récent sur ARTE), et mérite d'être exploré ! Nous sommes d'accord sur une chose : agir ou réagir sans raisonner ne mène à rien d'efficace. Nous travaillons à l'être.
FM Le 05 juin 2019 à 09:43:56
En premier lieu : le cuivre n'a rien d'un métal lourd, c'est au contraire un des plus légers après l'aluminium et le magnésium. Ensuite : que va-t-on faire des ces plantes ? les faucher, puis les déposer où ? Cela n'a pas grand sens. Enfin: le cuivre se transforme vite en oxyde de cuivre, aussi neutre que l'oxyde d'aluminium, présent en très grande quantité dans les argiles, ou l'oxyde de fer dont toutes les Vosges gréseuses sont constituées. On ne voit pas bien en quoi cela "empoisonne" les sols... Agir sans raisonner ne mène à rien d'efficace. Par contre : aérer les sols pour hâter cette oxydation, oui! Les vers de terre s'y adapteront.
Ignorant Le 04 juin 2019 à 13:45:17
Bonjour, Au delà des potentielles erreurs de rédaction ou d'interprétation... Une fois de plus nous devons constater l'acharnement de l'Homme à vouloir rétablir les équilibres qu'il a lui même déplacé, dépolluer des zones qu'il a pollué, redonner vie à des sols éteints... C'est tout à fait respectable, même si dans le cas présent nous pouvons nous interroger sur le devenir de la matière organique polluée de métaux lourds, et surtout le coût de son retraitement. Il serait grand temps d'intégrer toutes les conséquences de nos pratiques, notamment à l'heure des débats sur les doses de cuivre utilisables, et que le bon sens Paysan refasse surface au détriment de l'amateurisme des Exploitants ! Bonne réflexion
RIFFAULT Murielle Le 04 juin 2019 à 12:27:21
Bonjour, Je pense que votre article est très intéressant mais il présente une petite erreur, il me semble dans la mesure où les données sont identiques et ne présentent pas de baisse de 10 % : "Une baisse de 10% environ" La quantité de métaux lourds présente dans les parties aériennes de celles qui ont poussé sur la première parcelle correspond à une quantité moyenne extraite de 4,2 kg /ha de cuivre. Pour la seconde parcelle, les quantités mesurées atteignent une moyenne de 4,2 kg/ha de cuivre. Les plantes ont aussi permis d'extraire d'autres métaux lourds comme le chrome. Cordialement Murielle RIFFAULT
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