Je reprends ma lecture 
{{str_intro_2}}
{{str_intro_3}}
{{message_alert}}
 {{bt_suivant}} 

 Je réponds 

Machinisme

Des robots par dizaines en Champagne

Jeudi 14 mars 2019 par Vincent Gobert

Table ronde lors de la 21ème journée 'Vignoble et qualité' du Champagne Nicolas Feuillatte
Table ronde lors de la 21ème journée 'Vignoble et qualité' du Champagne Nicolas Feuillatte - crédit photo : Vincent Gobert
Enfin dévoilé, le résultat « Concours Robotique » champenois voit la sélection de deux candidats : Vitibot et Pellenc associé à Agreenculture. La région s’enthousiasme sans retenue pour le débarquement par dizaines de robots dans les vignes d’ici 3 ans.

Ce mardi 12 mars 2019 dans la grande salle panoramique Nicolas Feuillatte à Chouilly, dans la Marne, pas un seul des 400 participants à la 21ème journée « Vignoble et Qualité » ne critiquera publiquement l’arrivée du robot dans les vignes. Et pour causes, non seulement, les difficultés à recruter – 1000 salariés en CDI manqueraient en Champagne – mais aussi les réglementations environnementales, notamment l’arrêt programmé de l’utilisation du glyphosate, poussent les viticulteurs, du moins à la curiosité, au mieux à la consolidation de leurs connaissances et des acteurs de la robotique appliquée à la viticulture.

Industrialiser la production des robots

La Champagne se veut exemplaire et moteur en la matière. Le Comité Champagne sélectionne ainsi deux projets parmi six en tout qui se sont portés candidats à son « Concours Robotique ». L’objectif est de « disposer d’ici trois ans d’engins autonomes performants pour l’entretien des sols et la protection du vignoble », autrement dit d’industrialiser la production de robots. Le consortium Pellenc - Agreenculture et le local de l’étape Vitibot sont les heureux gagnants. Le premier a développé une flotte pour les grandes cultures en association avec Kuhn. Baptisé Challenge Centéol, le projet a consisté à mener toute une campagne céréalière robotisée, hors moisson. Vitibot a, lui, développé deux prototypes de robots vignerons, appelés Bakus et met au point un modèle pour les vignes hautes. Pendant 3 ans, les deux lauréats bénéficieront d’un financement global de 300 000 euros et de l’accompagnement du pôle technique et environnement du Comité Champagne.

Spécificités champenoises

La filière avance en ordre dispersé face au saut technologique que représentent les robots. Le « Concours Robotique » du Comité Champagne, par exemple, spécifie bien que les engins développés soient adaptés « aux spécificités champenoises ». L’association RobAgri soutient pourtant le projet. Mais aucun relai n’est pris par une structure nationale. Reste à espérer que si l’expérience réussit, les autres « spécificités » puissent en profiter avec des développements adaptés. Ce sera même le seul grand regret émis dans la salle. Toutefois, Vitibot donne une information qui permet d’ouvrir le champ d’application. Le jeune constructeur espère en effet mettre au point un prototype de robot électrique autonome pour vignes larges à l’horizon début 2020, dans moins d’un an !

Retard cruel

Les responsables de la filière viticole seraient pourtant bien inspirés du virage pris par l’élevage laitier il y a déjà plus de 20 ans, et qui continue à l’heure actuelle. Robots de traite, racleur, robot pousse fourrage, robot d’assistance pour les poules, etc. deviennent monnaie courante sous les bâtiments. Côté céréaliers, certains automatisent aussi leur manœuvre et séquence en bout de champ en association avec le guidage RTK. Pour tout le monde même, le drône et son pilotage automatique est même désormais bien connu. Mais voilà, la filière ne se retrouve qu’aujourd’hui au pied du mur, celui des moyens humains. Il n’y a plus personne à embaucher. Elle se tourne donc vers les machines automatisées : robot guidé par RTK pour porter l’opérateur pendant la taille, avec l’objectif de diminuer les TMS, ou encore robot autonome pour le désherbage mécanique en vue de la diminution de l’usage des herbicides, sont les usages les plus avancés. Le prochain usage identifié concerne une autre exposition : celle des opérateurs à la pulvérisation. A moins que les drones ne lui collent le bourdon.

Halte, sécurité.

« Hourra ! » s’exclament donc les plus enthousiastes, qui voient dans la robotique la solution à tous leurs maux. Mais les travaux de la robotique viticole devancent en France mais aussi en Europe la réglementation, qui coince encore au niveau de la sécurité de ces machines en circulation ! Si l’on compare cette situation à celle de la robotique industrielle, notamment dans l’industrie automobile, l’hexagone a réglementé tardivement. Il y a un peu moins d’un an, des députés européens ont soumis un rapport à la Commission européenne. Ils demandaient de statuer sur la robotique et l’intelligence artificielle.

RÉAGISSEZ A L'ARTICLE

Recopier le code :
Processing
Voir toutes les réactions
© Vitisphere 2019 - Tout droit réservé