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Pas de hall 3

La surface de Vinexpo Bordeaux se comprime

Jeudi 14 mars 2019 par Alexandre Abellan

Ne cherchez pas le hall 3 cette année à Vinexpo : seul le hall 1 accueillera des stands (dont le « WOW » pour les vins bio), le nouveau hall 2 étant dédié à une entrée et à un symposium (sur le changement climatique).Ne cherchez pas le hall 3 cette année à Vinexpo : seul le hall 1 accueillera des stands (dont le « WOW » pour les vins bio), le nouveau hall 2 étant dédié à une entrée et à un symposium (sur le changement climatique). - crédit photo : Alexandre Abellan (archives 2015)
Réduisant sa surface d’exposition pour son édition 2019, le salon bordelais ne pourra pas miser sur la quantité de ses exposants. Pour accentuer sa premiumisation, la qualité de son visitorat doit faire la différence.

Vinexpo Bordeaux résistera-t-il à la guerre des salons ? À deux mois de l’évènement, avancé du 13 au 16 mai prochains, le silence radio est de mise au sein de la Chambre du Commerce et de l’Industrie de Bordeaux, qui possède 96,5 % de l’évènement et ne souhaite pas donner le moindre chiffre, ni apporter un début de commentaire. Qu’il s’agisse du nombre d’exposants ou de taux de remplissage. Son dernier communiqué de presse, en date du 25 février, ne fait pas exception à la règle. Le texte prend garde à ne plus reprendre l’objectif des 2 000 exposants annoncés à la rentrée 2018, lors d’une conférence de presse sur le repositionnement du salon. Régulièrement étoffée, la liste des exposants confirmés témoigne que objectif est encore loin d’être atteint. Ce recensement fait état, à date, de 830 stand. Ce qui est bien loin des 2 300 stands alignés lors de l’édition 2017 (ndlr : 2 000 exposants étaient présents à Wine Paris, à la porte de Versailles, en février dernier).

Repli bordelais

Mais l'implantation technique des stands que Vitisphere a pu consulter parle d’elle-même, témoignant d’un net repli des surfaces. Dans le parc des expositions de Bordeaux, le petit hall 3 ne sera plus utilisé cette édition, marquant la contraction de l'évènement. Par ailleurs, le long hall 1 ne semble pas devoir être exploité intégralement, accueillant une entrée massive à la porte K, ainsi que l'espace World of Organic Wines (les vins bio n'étant plus présents de l'autre côté du lac depuis 2017). Ayant coûté une trentaine de millions d'euros, le nouveau hall 2 fera office d’entrée et de centre de congrès pour un symposium (le 14 mai, sur le changement climatique).

Mais ces difficultés pourraient aussi aider le salon à se repositionner veulent croire des institutionnels bordelais. Estimant que la moindre quantité va mettre en valeur un développement en qualité. Ce qui pourrait aller dans le sens de la volonté de premiumisation du salon, qui pourrait faire contre mauvaise fortune bon cœur en axant sur des rendez-vous business sur mesure.

Attraction allemande

« Ce qui manque aux équipes de Vinexpo, c’est la connaissance réelle du commerce du vin. Ils ont gardé la suffisance qu’ils avaient lorsqu’il n’y avait pas de concurrence, alors qu’ils doivent rationaliser comme Prowein » critique un vigneron bordelais, qui ne prend plus de stand et prépare ses bagages pour ProWein (du 17 au 19 mars à Düsseldorf).

Dans ces conditions difficiles, attirer un visitorat de qualité sera donc un objectif clé, plus que d’atteindre les 40 000 visiteurs initialement annoncés. Mais le déclin annoncé de Vinexpo est d’autant plus difficile à avaler à Bordeaux que son concurrent direct, ProWein, annonce déjà une édition record pour ses 25 ans à Düsseldorf (7 000 exposants annoncés pour 60 000 visiteurs attendus) et prévoit de renforcer ses évènements en Asie (en confrontation avec les salons Vinexpo Hong Kong et Shanghai). La guerre des salons continue, blessant l'amour propre bordelais, mais en matière de communication, la première bataille est définitivement remportée outre-Rhin.

 

* : « Un cri de désespoir de Bordeaux » taclait un membre du conseil d’administration de Wine Paris (réunissant les salons Vinisud et Vinovision).

Un salon sous direction par intérim

Créant également de l’incertitude, la vacance de la direction de Vinexpo perdure selon nos informations. Parti assez fraîchement, l’été dernier après Vinexpo Hong Kong, Guillaume Deglise n’a toujours pas été remplacé. Officiellement parce que la CCI réfléchit à la fiche de poste et se satisfait de l’intérim pour revoir son positionnement. Officieusement parce que des candidats successifs se sont défilés. En septembre dernier, le profil finaliste aurait été remercié pour avoir demandé un salaire mirobolant (de l’ordre de 500 000 euros annuels selon nos sources, sachant que le chiffre d’affaires de Vinexpo était de 15,8 millions d’euros en 2015, pour un résulta net de 596 000 €, selon le rapport de la Cour des Comptes). Ce début 2019, le nouveau finaliste a tout simplement préféré la sécurité d'un négociant bordelais plutôt que de s’essayer à redresser Vinexpo.

Avec ce manque de visibilité à deux mois du salon, « on en arrive à regretter le précédent directeur, qui était pourtant passé maître dans l’art de se mettre à dos tout Bordeaux » confie, piquante, une directrice de syndicat viticole girondin.

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VOS RÉACTIONS
MITANA Le 15 mars 2019 à 16:44:34
En parlant de salons enterrés en première classe, où sont les infos sur l'arrêt de bulles expo, le salon tant vendu par vitisphère et disparu des radars ?
DARIUS Le 15 mars 2019 à 15:28:32
Le problème de vinexpo c'est d'avoir éliminé les petits et moyens acheteurs. Les gros et très gros intervenants se connaissent déjà ils n'ont pas besoin d'un salon pour se retrouver entre eux. Au lieu de laisser se développer Bordeaux vinipro qui aurait permis de les reconquérir vinexpo a préféré saper ce salon naissant sans avoir la moindre stratégie pour attirer à nouveau les petits intervenants.
tel est pris qui croyait prendre Le 14 mars 2019 à 11:23:08
petit rappel historique: le premier salon enterré dans cette "guerre des salons" aura été bordeaux vinipro, autant sous la concurrence exacerbée de vinisud que sous les coups de sape de..... vinexpo! dommage il y avait matière à se rénover et ré inventer le salon de bordeaux: c'est le courage de la remise en question qui manque à la cci et ses soutiens mal habitués à la concurrence, c'est dommage por tout le vignoble. français pas que bordelais
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