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Ventes en fort recul

Mauvaise année 2018 pour Bordeaux

Mercredi 13 mars 2019 par Marion Sepeau Ivaldi

Bernard Farges, vice-président, et Allan Sichel (à droite), président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux le 12 mars lors de la présentation des chiffres 2018 des ventes de BordeauxBernard Farges, vice-président, et Allan Sichel (à droite), président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux le 12 mars lors de la présentation des chiffres 2018 des ventes de Bordeaux - crédit photo : B. Collard
L'interprofession du vin de Bordeaux publie ses chiffres 2018 : les ventes en grande distribution française et à l'export reculent nettement. La conséquence du petit millésime 2017.

« Les chiffres sont en baisse, admet Allan Sichel. L’an dernier, les exportations de vins de Bordeaux ont reculé de 14 % en volume (1,9 million d’hl) pour un chiffre d'affaires de 2.09 milliards d'euros. Et les ventes dans la grande distribution française ont baissé de 12 % (à 1.08 million d’hl) et de 7% en valeur (à 837 millions d’euros). Mais ce n’est pas une surprise car après le gel de 2017 nous avions moins de disponibilités. »

"Recul sévère en Chine"

C’est en Chine que le recul est le plus sévère. Les exportations de Bordeaux chutent de 31% en volume à 436000 hl et de 22 % en valeur, à 311 millions d’euros. « En Chine, il y a deux segments : les vins les moins chers possibles du moment, prix départ, et les hauts de gamme, soulignent le président du conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux. Après la petite récolte 2017, il y a eu un écrémage des volumes à bas prix. Cela a contribué à diminuer nos exportations. Nous subissons aussi les effets du ralentissement économique avec un recul global des importations de vins». La hausse des exportations de vin en vrac du Chili et d’Argentine vient également pénaliser Bordeaux qui exporte essentiellement en bouteille. Malgré ces mauvais résultats, Allan Sichel s’est montré confiant dans l’avenir. « Nous sommes dans un creux conjoncturel. Les perspectives de croissance en Chine sont considérables. D’ici la fin de l’année, nos exportations repartiront à la hausse. »

Un creux conjoncturel

Face à ce recul chinois, Hong-Kong redevient le premier marché en valeur des vins de Bordeaux avec un chiffre d’affaires qui atteint les 327 millions d’euros ( +3%) pour 77 000 hl exportés (en recul de 4%). Pour rappel, en 2008, le chiffre d’affaires de l’origine bordelaise représentait 75 millions d’euros, les ventes ont y donc triplé en 10 ans. Sur ce marché, Bordeaux se positionne comme le leader incontesté avec 77 % des volumes et 79% de la valeur des vins français exportés sur ce marché.

Le marché américain fait également figure de relais de croissance avec une tendance plutôt dynamique : un très léger recul des volumes (199 000 hl, -1%) et surtout une nette progression de la valeur (279 millions d’euros, +21 %), dans un contexte de recul global des importations américaines. Le CIVB insiste en particulier sur la progression des vins blancs, avec une hausse en volume de 3 % des exportations vers ce marché.

En Europe, le marché belge, premier débouché des vins de Bordeaux, accuse un recul des ventes en volume de 10% à 180 000 hl, pour 119 millions d’euros (+5 %). Sur dix ans, le marché s’oriente dans une tendance baissière et de manière conjoncturelle, le recul des volumes vendus en 2018 est le fait du petit millésime 2017, estime le CIVB. L’interprofession note que le recul est particulièrement marqué sur les vins à moins de 3 euros, tandis que sur les tranches de prix supérieures, les ventes sont stables.

"Le Brexit, c'est le noir complet"

Contrairement à ce qui pourrait être attendu, le marché britannique se porte plutôt bien dans un contexte d'incertitude lié au Brexit. Notamment, les exportations bordelaises progressent en valeur à 225 millions d’euros (+15 %) pour un volume stable à 178 000 hl. Quatrième pays d’exportation (en volume et valeur), le marché britannique demeure donc insensible à la baisse de l’offre du millésime 2017. Cette teinte plutôt positive s’inscrit dans une tendance structurelle pour le moins morose. Le chiffre d'affaires 2008 des vins de Bordeaux était de 346 millions d’euros en 2008, pour 262 000 hl exportés.

Commentant le Brexit, Allan Sichel a reconnu : « aujourd’hui nous sommes dans le noir le plus complet. Je ne crois pas à une limitation des importations ni à une hausse des taxes, plutôt à un renforcement des contrôles et des formalités douanières. Mais nous saurons faire. »

En grande distribution française, Allan Sichel souligne les bons résultats du crémant de Bordeaux (1,16 million de cols, +16 % en volume) et du Bordeaux bio (6 millions de col, +10% en volume). Il ajoute que Bordeaux place quatre appellation parmi les cinq les plus vendues sur ce circuit : Bordeaux, Côtes de Bordeaux, Bordeaux supérieur et Médoc, Côtes du Rhône arrivant en deuxième position. Des points positifs dans un tableau général en net recul.

"L'avenir sera meilleur"

Pour Allan Sichel l’avenir ne peut être que meilleur : « nous allons reconquérir des parts de marché. Des mécaniques vont se mettre en place parce que 2018 est un très beau millésime et que nous avons du volume. »

 

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VOS RÉACTIONS
Dominique Le 13 mars 2019 à 22:33:57
En lisant cet article, on retrouve malheureusement les éléments de langage distillés depuis des mois par le CIVB et ses obligés. Le vice-président Bernard Farges parcourt la campagne depuis des mois dans toutes les réunions du syndicat des Bordeaux, pour expliquer que Bordeaux va rebondir, que la « campagne n'a pas encore démarré », que c'est « l'heure de la reconquête », etc. .. Maintenant, c'est le président Sichel qui nous dit que «  l’avenir ne peut être que meilleur » et qu'on est juste dans un « creux conjoncturel ». Dommage qu'un organe de presse comme le vôtre n'enquête pas plus et se transforme en vulgaire courroie de transmission, voire en service communication d'une instance en perdition. On a déjà le quotidien local pour ça ! Pourquoi tout imputer à la petite récolte 2017 alors même que les volumes à vendre ne trouvent pas preneur ? Il suffit de questionner les vignerons qui n'ont, pour certains, même pas échantillonné depuis des mois . On croit rêver en lisant encore que « Les perspectives de croissance en Chine sont considérables ». On savait bien que la sino-dépendance de Bordeaux allait poser problème, même si elle a été momentanément bienvenue. Et voilà que le président propose d'y replonger. Sur cet horizon lumineux que serait la Chine, il faudrait peut-être réaliser qu'elle est en pleine récession, et que le chiffre de croissance affiché par les officiels du Parti ne dupent plus que les gogos ( dont le CIVB apparemment ? ). Dommage aussi que l'article montre un rebond du marché anglais, alors qu'il ne s'agit que d'achats de précaution en vue du Brexit. Passons sur la progression des crémants qui ne concernent que des volumes restreints. Et on finit quand même par lâcher la bonne tenue des vins bios (+10%), sans même préciser qu'ils sont bien mieux payés aux producteurs. Il est vrai que ça fait tache au moment où le CIVB veut mettre en avant la certification HVE, énième resucée de feu la viticulture raisonnée, qui n'a jamais fait rêver un seul amateur de vin. A un certain moment, il va falloir que le CIVB s'interroge sur sa stratégie, sans imputer tous les problèmes au reste du monde, aux chinois qui n'achètent pas et aux belges qui préfèrent la bière. Bordeaux ne fait plus rêver. Il faut se demander pourquoi au lieu de se mettre la tête sous le sable.
Sariege Le 13 mars 2019 à 12:45:41
On se tire une balle - la restauration qui devrait être un levier promotionnel est en fait le contraire en proposant des tarifs de plus en plus élevés qui dépassent souvent le prix du repas. - la loi Evin qui prive les vins d'une lisibilité nationale et internationale sur la scène sportive - le coût en général qui n'est plus en adéquation avec le niveau économique moyen actuel - enfin certaine vins qui ne sont vraiment pas bons Et pour finir... Dans les départements viticoles les vins en resto comme en grande distribution devraient être a prix coûtants
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