Ecologie

8 conseils pour concevoir son chai bioclimatique

Jeudi 21 février 2019 par Claire Furet-Gavallet

Guillaume Guerlot (à gauche) et Laurent Provost (à droite) présentent des réalisations de chais bioclimatiques lors du 18ème forum de Davayé
Guillaume Guerlot (à gauche) et Laurent Provost (à droite) présentent des réalisations de chais bioclimatiques lors du 18ème forum de Davayé - crédit photo : Claire Furet-Gavallet
Lors du 18ème Forum oenologique de Davayé dans le Maconnais, deux cabinets d’ingénierie ont établi les huit règles de base dans la conception bioclimatique de bâtiments vinicoles. A vos check-lists !

« L’usage est au cœur de la construction » introduit Laurent Provost, ingénieur au cabinet EnR’CO conseils. « Chaque bâtiment est un prototype et nous essayons d’appliquer ces règles en fonction du cahier des charges du client et du prix » précise Guillaume Guerlot, ingénieur au cabinet SETUREC. Les ingénieurs ont dévoilé quelques conseils pour concevoir son chai en fonction de critères climatiques. Des critères qui paraissent flagrants mais qui valent la peine d’être exposés.

1.       Analyser le terrain, l’environnement proche et le micro-climat

Regarder autour de soi est évident, mais encore faut-il analyser. « Lors d’un projet de construction neuve à Meursault, nous avions trois points importants : la présence d’une route départementale, un cours d’eau et une rangée d’arbres » explique Guillaume Guerlot. « Il a donc fallu prendre tout cela en compte dans le positionnement du bâtiment en lui-même ainsi que des différentes parties de la cave ». Le vent, l’inclinaison du soleil et la ressource en eau sont des points à retenir pour bien orienter son bâtiment et ses différentes parties de cave ou de bureau dédiées.

2.       Concevoir avec une bonne compacité

« C’est la clé dans le gain énergétique » expose Laurent Provost. « Au nord, il faut placer les pièces avec un besoin en froid plus élevé, type stock de bouteilles, chai à barriques ou cuves de vinification des blancs par exemple ». A l’inverse, on trouvera au Sud, des bâtiments administratifs et de confort. La compacité est également intéressante avec une bonne répartition des pièces du niveau supérieur en fonction de celles du dessous.

3.       Isoler avec soin

Adapter les besoins estivaux et hivernaux en tenant compte des matériaux de construction et des sols ou climats rencontrés. « Par exemple, il faut faire attention lorsque l’on construit avec de la paille car s’il y a un taux d’humidité trop important, l’isolant va devenir humide et va surtout consommer de la chaleur pour sécher » explique Laurent Provost. Vérifier les compatibilités de ses matériaux est également indispensable. "Il vaut aussi mieux, si possible, isoler de l'extérieur et non pas de l'intérieur" précise Guillaume Guerlot. Mais c'est parfois impossible si le batiment est existant avec des vieilles pierres.

4.       Intégrer et valoriser la course du soleil dans la conception

Calculer l’inclinaison du soleil en été et en hiver permet de définir correctement les besoins dynamiques du bâtiment en fonction de l’orientation des différentes parties de la cave. « Les inclinaisons sont différentes selon les régions » rappelle Guillaume Guerlot.

5.       Dimensionner et disposer les ouvertures

L’éclairage naturel est autant une économie d’électricité qu’un confort de travail. « Le choix des ouvertures est aussi en fonction de l’exposition et de la course du soleil donc quelque part tout est lié ! » commente Guillaume Guerlot.

6.       Choisir les matériaux adaptés

Privilégier les matériaux locaux est le must du chai bioclimatique. L’aspect économique peut amener plus vite à la réalité. « Il faut regarder l’inertie thermique de chaque matériau et caractériser les pièges de l’environnement comme la diffusion de vapeur d’eau ou les remontées capillaires ainsi que le maintien d’un taux d’hygrométrie dans les locaux d’élevage » explique Laurent Provost.

7.       Limiter les infiltrations d’air

« La ventilation est la clé de la réussite pour un maintien du taux d’hygrométrie dans les locaux » explique Guillaume Guerlot. Tout comme l’évacuation du CO2.

8.       Adopter des sources d’énergie adaptées et peu polluantes

Freecooling, géocooling, des termes un peu barbares mais pour se rafraichir les idées. Refroidir et chauffer restent les grands enjeux des caves avec la consommation d’eau et l’évacuations des effluents vinicoles. "Des domaines utilisent aussi ce concept de traitement 'vert' des effluents et des chais bioclimatiques pour le développement de leur oenotourisme" explique Guillaume Guerlot.

 

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