Protection des travailleurs en rentrée

BASF et Cepovett lancent un EPI dédié

Mercredi 20 février 2019 par Christelle Stef

BASF et Cepovett lancent un EPI vestimentaire dédié aux travailleurs qui opèrent dans les vignes après le délai de rentréeBASF et Cepovett lancent un EPI vestimentaire dédié aux travailleurs qui opèrent dans les vignes après le délai de rentrée - crédit photo : Christelle Stef
Cepovett et BASF ont conçu un EPI dédié aux personnes qui font des travaux en vert. Il se compose d’un polo à manche longue et d’un pantalon, certifiés selon la norme ISO 27065

Une majorité de produits phytosanitaires imposent le port d’EPI pour travailler dans les parcelles de vigne au-delà du délai de rentrée. Mais jusqu’à présent, aucun n’était suffisamment confortable pour pouvoir être porté une journée entière en condition chaude. BASF Agro et Cepovett ont donc planché sur le sujet. Et, ils ont élaboré un ensemble dédié, certifié selon la norme Iso 27065, qui comprend un polo à manche longue et un pantalon long. Il sera disponible à partir de fin mars début avril auprès de la distribution agricole et des grossistes spécialisés en vêtement de travail et de sécurité. L’ensemble sera vendu en coupe homme (six tailles) et en coupe femme (six tailles également), au prix de 65 à 70 €.

Garanti pour 30 lavages

Le polo et le pantalon sont fabriqués avec un tissu léger 60 % coton et 40 % polyester. « Il est 30 % plus léger que celui des combinaisons Phyto-Protect et Phyto-confort dédiées aux opérateurs qui manipulent les produits purs et que nous avions déjà développé avec Cepovett », explique Vincent Jacus, responsable filière et bonnes pratiques chez BASF. Déperlant, il peut résister à 30 lavages à 40 °C. « Il peut aussi résister à la rosée matinale. Mais attention, il n’est pas imperméable », insiste Vincent Jacus. Le tissu permet aussi de se protéger du soleil en résistant aux UV (indice 40).

Un ensemble pratique

Les concepteurs de l’ensemble ont veillé à sa praticité. « Il fallait un vêtement ample car les travailleurs se baissent souvent. Il fallait également qu’il soit adapté aux morphologies masculines et féminines. Une combinaison n’était pas acceptable. Nous n’avons pas non plus choisi la veste car elle s’enlève trop facilement. Nous avons préféré le polo et le pantalon », raconte Vincent Jacus.

Maille respirante dans le dos

Le polo est muni d’une poche à l’avant « pour mettre le portable ». A l’arrière au niveau des omoplates, le tissu est plus léger ce qui permet l’aération et l’évacuation de la transpiration. « C’est essentiellement le devant du corps qui est en contact avec la vigne et donc le plus sujet à risque de contamination par les résidus de produits phyto qui subsistent sur le feuillage. C’est la raison pour laquelle dans le dos, on a choisi une maille filet plus respirante », justifie Vincent Jacus.

Le pantalon est doté de quatre poches. Il est renforcé au niveau des genoux, car lors des travaux en vert, les travailleurs sont amenés à s’agenouiller régulièrement.

« Toutes les poches sont protégées. Elles ont été conçues de manière à éviter l’intrusion de produit à l’intérieur », précise Vincent Jacus.

Testé par 65 travailleurs

65 travailleurs (33 hommes et 32 femmes) ont testé un prototype de cet EPI lors de la saison 2018. « Ils l’ont testé en juin ou juillet, durant le relevage, en condition chaude, pendant au moins une journée », rapporte Vincent Jacus. Après ce test, ils ont répondu à un questionnaire. Leur retour à chaud ? Les travailleurs en majorité ont apprécié la coupe du vêtement qui est ergonomique et ne gêne pas les mouvements. Mais il y a eu une nette différence entre le ressenti des femmes et celui des hommes. « Les femmes se sont montrées plus favorables et plus sensibles à leur protection que les hommes. Près de 90 % d’entre elles ont été satisfaites ou très satisfaites de ce nouvel EPI, contre 56 % pour les hommes. Chez eux, il y a même eu des refus catégoriques. Certains l’ont utilisé sous des températures de 35 à 40 °C. Ils ont donc eu chaud avec notre ensemble. Mais dans ce cas, plutôt que l’EPI, c’est la gestion des chantiers qu’il faut revoir en privilégiant le travail en dehors des heures les plus chaudes. Sinon chez les hommes, les réticences portaient surtout sur l’aspect visuel de l’ensemble. Nous avons intégré leurs suggestions et revu le look pour qu’il soit plus moderne, la couleur pour avoir quelque chose qui ressemble plus à un vêtement de travail qu’à un EPI en optant pour des couleurs qui changent du gris et du vert bouteille. Nous avons introduit des poches, revu le système de fermeture en remplaçant les boutons par des fermetures éclairs, mis des renforts sur les genoux….  En revanche pour la légèreté du tissu, on ne peut pas faire mieux, sinon on ne passe plus la certification », explique Vincent Jacus.

Ce vêtement permettra-t-il de changer les habitudes en incitant les travailleurs à mieux se protéger ? « On sent une évolution. Les gens sont davantage à l’écoute », indique Vincent Jacus.

Crédit photo : BASF

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