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Le mot qui coince

Les climats du Beaujolais font tousser la Bourgogne

Jeudi 21 février 2019 par Juliette Cassagnes
Article mis à jour le 22/02/2019 14:49:23

Christian Vanier, directeur du BIVB, remet en cause la nouvelle stratégie des vins du Beaujolais qui prévoit d'utiliser la mention de climat pour les vins 'd'exception'Christian Vanier, directeur du BIVB, remet en cause la nouvelle stratégie des vins du Beaujolais qui prévoit d'utiliser la mention de climat pour les vins 'd'exception' - crédit photo : J Cassagnes
Le recours à la mention de « Climat » dans la nouvelle stratégie des vins du Beaujolais ne plaît guère à ses voisins bourguignons. Une réflexion est en cours au sein du BIVB pour mieux la protéger.

Les Bourguignons ne sont pas d'accord avec la nouvelle communication engagée par leurs voisins du Beaujolais. Parmi les trois catégories de vins récemment créées dans le cadre de la nouvelle stratégie, celle des "Beaujolais d'exception", qui comprend notamment les crus et les vins les plus prestigieux. Or dans la communication déployée pour promouvoir cette dernière, InterBeaujolais utilise la notion de « climats ».

"Nos noms sont notre capital"

Cela a fait « réagir » les représentants du BIVB. Christian Vanier, son directeur, n'a pas hésité pas à parler de « dévoiement », lors du colloque Vinosphère qui s'est tenu jeudi 14 février dernier à Beaune : « Ce terme a été généré en Bourgogne, ici, nous ne sommes pas dans la notion de climats au sens bourguignon du terme » a-t-il expliqué. Depuis le classement au patrimoine mondial de l'Unesco, cette notion est en effet dotée pour les professionnels du secteur d'une définition précise et d'une dimension particulière.

Comment protéger la mention "climat"?

Le BIVB réfléchit actuellement aux actions à conduire afin de protéger son utilisation. Deux solutions sont explorées : la voie réglementaire, via la protection des mentions traditionnelles prévue par l'OCM vin, et celle, juridique, liée au droit des marques. « Nos noms sont notre capital, cela nous concerne tous ! » a t-il conclu à l'intention des producteurs bourguignons.

Du côté du Beaujolais, personne ne semblait au courant du problème. On tente de relativiser : « Des termes comme 'climats' , 'lieux-dits', ou '1ers crus' que nous avons utilisés ne sont pas figés et ne correspondent pas au nom final de nos cuvées d'exception, rassure Audrey Charton, présidente de l'Union des crus. Nous ne sommes pas décidés sur celui-ci et de toutes façons, ce choix n'est qu'un détail : il n'arrivera qu'à la fin, une fois que tout le travail de montée en gamme aura été fait sur le terrain. C'est cela, le plus important et le plus long, qui nous reste à accomplir. De plus, au final, ce ne sera pas nous mais l'Inao qui tranchera ...» . 

Illustration: Extrait de l'affiche d'Interbeaujolais, qui explique la stratégie du vignoble ; trois catégories de vins co-existent, dont celle des Beaujolais d'exception.

Les ODG des crus du Beaujolais s'engagent dans la création de Climats

Le syndicat du cru Régnié a annoncé en octobre 2018, à l'occasion de ses 30 ans, vouloir amorcer une démarche qui vise à délimiter à l’intérieur de leur cru, différents secteurs géologiques et aboutir à la création de Climats.

Même projet du côté du syndicat de Brouilly et Côtes-de-Brouilly, qui a annoncé en août 2017 vouloir mettre en place des Climats dans les crus.  « Il faut aller jusqu’au bout. Actuellement certains domaines mettent en avant des lieux-dits, il faut mettre en corrélation des Climats », avait à cette époque déclaré Loïc Condemine, co-président.

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Gisclard Le 22 février 2019 à 17:53:00
Ça c'est quand on laisse à des pseudos champions de la com et du marketing la stratégie d'un vignoble... Il faudrait creuser du côté de Terroir manager qui souffle à l'oreille des dirigeants actuels du Beaujolais... Et surtout s'inquiéter de leurs réelles compétences ! En plus du problème de l'utilisation du terme climat il faudrait s'interroger sur le recours à des expressions comme fruités complexes... C'est risible... Et pourtant ce vignoble a tant à donner sans se ridiculiser de la sorte... Hereusement que de nombreux vignerons et vigneronne n'attendent pas les concepts marketings creux pour faire avancer les vins du Beaujolais !
Norbert Le 22 février 2019 à 17:09:11
C'est étonnant, car le BIVB a diffusé récemment une vidéo sur "Le développement de la notion de climat dans l'ensemble de la Bourgogne viticole" où l'on apprend que le terme de climat n'est pas d'origine bourguignonne, qu'il s'est ensuite développé dans l'Yonne (le Chablisien), mais aussi dans le Maconnais et dans le Chalonnais, et qu'il n'est donc pas limité à la Côte d'Or comme dans le dossier UNESCO: www.youtube.com/watch?v=inW8tJQw-No (Trouvé sur le site de l'Association des Climats de Bourgogne)
craoux Le 22 février 2019 à 14:07:28
Le monde des AOP (AOC) est surprenant par sa capacité à sans cesse renouveler la thématique des motifs à déclencher de petites guéguerres picrocholines entre voisins, entre appellations, etc. ... En écrivant ça, me revient à l'esprit la capacité de nuisance nourrie par Cerdon dans le projet Clairette de Die rosé ! Mais nom de Dieu, mis à part VOUS, vous les quelques producteurs égotiques qui semblez si viscéralement attachés à des trucs dont tout le monde se contrefout, qui va se soucier si on veut recoller à l'actualité du dernier motif d'embrouille > climat ! > qu'historiquement la notion de "climat" serait ... et gnan-gnan na-na-nère ! Arrêtez de vous épuiser en querelles inutiles (le consommateur s'en fout !), arrêter de nous fatiguer avec cette énergie que vous dépensez bêtement alors que toute votre énergie serait mieux dépensée si elle était concentrée sur un seul objectif : garder le curseur sur la grande et belle rigueur dans vos pratiques et votre "savoir faire" qui vous ont valu et vous valent de pouvoir être, chacun dans votre appellation, les dépositaires d'un bien commun qu'il serait bon et bien de ne pas galvauder, à savoir être légitime à produire en AOP ! .. Je me pose souvent cette question : si je débouche telle ou telle bouteille affichée à un prix confortable (je situe ce seuil à 15 €), quelle probabilité j'aurais de me faire vraiment "plaisir" ! .. Qu'est-ce que j'apprécierais de ne pas me savoir seul à me poser cette question ... ce qui signifierait qu'un jour on pourrait enfin reconsidérer le niveau de garantie offert par l'AOP.
Hauts de Py Le 21 février 2019 à 18:59:49
Effectivement, moi qui suis un fervent supporter des crus du Beaujolais (mais aussi des beaux vins de Bourgogne), je ne trouve pas l'idée d'utiliser cette notion de "Climat" particulièrement adroite... Même si on comprend bien l'idée, ça fait plus récupération qu'autre chose! Gageons que le Beaujolais puisse se différencier en créant sa propre identité. Et les amateurs savent déjà très bien qu'on trouve dans le Beaujolais de très beaux vins et pas juste de pâles copies de leur prestigieux voisin!
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