L'oeil de la rédaction

Les tendances packaging du vin vues à Wine Paris

Vendredi 15 février 2019 par Claire Furet-Gavallet/Bertrand Collard

Le visuel de la bouteille éveille la curiosité du consommateur et l'incite à la découverte
Le visuel de la bouteille éveille la curiosité du consommateur et l'incite à la découverte - crédit photo : Claire Furet-Gavallet
Les vignerons français redoublent d'imagination et de créativité pour concevoir et habiller leurs bouteilles. La rédaction vous propose sa sélection de cuvées repérées lors du salon Wine Paris.

La gueule de l'emploi

Têtes burinées

Tout en portrait, Plaimont Producteurs met en avant ses coopérateurs sur sa cuvée “Gueules de Saint-Mont” dans l’appellation du même nom. Des portraits de vignerons gascons au naturel, coiffés de leur fameux béret, occupent toute l’étiquette. “Nous avons trois portraits différents pour ce vin. Le but est de communiquer sur le travail d’équipe dans notre entreprise”, explique Olivier Gallion, commercial. Les bouteilles sont disposées aléatoirement dans les cartons. Les informations sont sur la contre-étiquette. Une cuvée distribuée en réseau CHR. Prix public : 9 € TTC/col

Wanted

Pour souligner les valeurs de la coopération, Foncalieu expose les portraits de ses vignerons audois sur les étiquettes de ses vins monocépages. “Nous misons sur la tradition et l'authenticité, explique Audrey Arino, responsable marketing. Le circuit de distribution est clairement le CHR”. Six étiquettes pour six cépages différents, présentées comme des extraits de gazette. Sur celle du petit verdot, on lit Christian C. Vigneron à l’Ensérune vous présente le Petit Verdot. Suit un descriptif du cépage. Avec cette gamme, Foncalieu cherche à capter tout public de consommateurs. Prix public : environ 7 € TTC/col.

Caricature

“J’en avais marre que les gens se fichent de nous”, raconte Chloé Maltoff, fille de Jean-Pierre et d’Odile Maltoff, venus à la vigne après avoir gagné un jeu-concours sur RTL. Pour conjurer ces moqueries liées à cette histoire, Chloé a eu l’idée d’une étiquette illustrée d’une caricature de son père. “J’ai fait un série limitée. Ca a marché. Nous faisons du bourgogne sans se prendre la tête. Cette étiquette nous correspond ”. Bien sûr, elle leur a fait perdre quelques clients. Mais après sa première journée à WineParis, la jeune exposante avait déjà deux chèques en poche. Pour son premier salon professionnel, elle ne s’attendait pas à un tel succès. Le domaine Maltoff vend ses bourgognes coulanges-la-vineuse cuvée classique 9,50 €/col

 

Ancêtres

Maroussia Wilk Tatin a fait appel à ses ancêtres et à sa soeur Elise, illustratrice de livres pour enfants, pour créer les étiquettes de ses reuilly rouges haut de gamme. Dans un premier temps, elle a lancé la cuvée du Pé Miniau, du nom de son arrière grand-père Alexis Miniau qui pose sur l’étiquette dans son habit traditionnel berrichon. “Il faisait partie de cette génération de paysans vignerons qui cultivaient la vigne pour leur consommation personnelle”, explique Maroussia. Elle vient de sortir la cuvée Ecarlate, illustrée d’une photo de sa grand-mère dans une attitude très contemporaine. Une cuvée obtenue avec 50 % de grappes entières, très fondue après un long élevage en fûts. Prix public : 12 €

Chateaux abandonnés

Du neuf avec du vieux

“Nous avons fait du neuf avec du vieux”, explique David Arnaud propriétaire de château Tour des Graves à Teuillac. Le neuf ? Une étiquette de vin de château sans la reproduction du château et où ce mot figure en tout petit devant Tour des graves imprimé en pointe de diamant. Le vieux ? Des motifs qui rappellent l’ère industrielle, le XIX siècle. Il en résulte une étiquette “très travaillée pour des vins très travaillés” : les côtes-de-bourg blanc et rouge élévés en fût de chêne de la propriété. Avec ce changement d’image, David Arnaud espère véhiculer “une image plus jeune, plus dynamique et moins guindée de Bordeaux”. Prix public : 9 €

Rouge et or

“Nous avons voulu sortir de l’étiquette traditionnelle avec la maison et la vigne. Il nous fallait aussi un modèle qui fonctionne en Chine, notre principal marché export”, explique Régis Chaigne à la tête de château Ballan Larquette à Saint Laurent du Bois (Gironde). Le dessin au trait qui illustrait jusque là l’étiquette de bordeaux en a fait les frais. Un blason le remplace, fait des deux lettres B et L entourées de deux minces rubans rouges où sont inscrits “vignobles Chaigne et fils ” et “mis en bouteille au château”. Les cépages sont mentionnés en haut de l’étiquette comme un autre décor. En bas à droite, une sorte de tampon rappelle la nature du vin : “blanc sec”, “semi-sweet” pour le bordeaux moelleux et “rosé on stréroïds” pour le clairet. Une étiquette noire, rouge et or. Pour plaire en Chine. Prix public : entre 6,50 et 13,50 €/col

Gazette

Trois colonnes à la une

On dirait la reproduction d’un article d’un ancien quotidien. C’est l’effet recherché. La propriétaire du domaine des Peyre, à Robion (Vaucluse), est une ancienne journaliste. Ses étiquettes le disent. Celles des vins de son domaine racontent, sur trois colonnes, son histoire, celle du domaine et décrivent le vin. Après avoir subi une forte attaque de mildiou l’an dernier et pour répondre à une demande croissante, Patricia Alexandre s’est mise à acheter des vins. A première vue, les étiquettes de ses cuvées de négoce sont identiques à celles du domaine. Mais non. Sur deux colonnes, l’une en français, l’autre en anglais elles ne décrivent que le vin. Prix public : à partir de 7 €

N'y voir que du feu

Deux en un

Plaimont mise sur une édition limitée de sa cuvée best-seller Colombelle qui fête ses 30 ans. “L’étiquette faciale est posée sur dernier tiers bas de la bouteille et mentionne le nom de la cuvée, explique Olivier Gallion, commercial au sein du groupe coopératif gersois. Par transparence, la contre-étiquette devient l’étiquette principale et laisse apparaître un visuel très coloré où on aperçoit un vigneron moustachu qui lève son verre de vin”. Cette édition limitée sera disponible au printemps, au même prix que la cuvée classique. “C’est le même vin. C’est un moyen de fidéliser nos clients et de dynamiser cette cuvée trentenaire !” détaille le commercial. Prix public : environ 5€ TTC

 

Face à la mer

La Compagnie des Domaines de Lionel Osmin à Morlaas présente la nouvelle cuvée issue de sa collaboration avec la famille Guérard : La Dune, un IGP Landes rosé décrit comme un vin de gastronomie. “ A première vue, l’étiquette faciale semble comporter un majestueux pin sylvestre. En réalité, il est situé sur la contre-étiquette et n’apparaît que par transparence. L’arbre est comme en mouvement lorsqu’on tourne la bouteille”explique Marie Lucas, attaché de communication. Un graphiste local a réalisé cet effet censé rappeler que le domaine de Bachen qui produit ce vin se trouve près des dunes de l’Atlantique.

Tchin-Chic

Dentelles de détails

Une sérigraphie toute en dentelle pour la nouvelle cuvée Gallica, un Côtes du Roussillon rosé du domaine Lafage basé à Perpignan. “Nous avons choisi une bouteille satinée pour donner un effet doux et velouté. C’est moins froid que le verre classique” explique Diane Caillard, chef produit. “La sérigraphie redonne de la transparence par dessus le satinage. Le motif dentelé et fin évoque le raffinement et la précision. Pour finir, le bouchon est en verre et la capsule de surbouchage transparente”. Le public visé est donc plutôt féminin, avec un circuit de distribution chez les cavistes et en CHR. “Nous nous intéressons également aux clubs de plage” Prix public : 12,90 TTC/col

Un champ de roses

Chantrose, c’est la nouvelle marque de côtes de provence rosé de Ravoire et fils, négoce basé à Salon de Provence. “Nous misons sur l’élégance et le raffinement “, expose Alexandra Parfus, brand manager de l’entreprise. Pour évoquer ces deux attributs, l’étiquette paraît sobre au premier regard, ne mentionnant que la marque, l’appellation, la couleur et le millésime du vin. On s’approchant, on découvre qu’elle est décorée d’un petit motif en relief reproduit sur toute sa surface par un galbe à sec : un bouton de rose. Plus grand que les autres, celui situé au centre ressort couvert d’une dorure. On pense à de la dentelle. Pour la bouteille, Alexandra Parfus a choisi une bourguignonne Ecova élégance, un modèle dont le large diamètre produit une impression rassurante. Prix public : 8 à 9 €

Bien-aimé

Un air de changement souffle sur le château des Amoureuses à Bourg-Saint-Andéol (Ardèche). “Pour notre coeur de gamme, Terres des Amoureuses, nous sommes passés sur des étiquettes blanches et nous avons choisi une bouteille plus lourde et large d’épaule qui apporte plus de prestance” explique Benjamin Aubry, responsable commercial. Le coeur qui était imprimé sur les précédents visuels apparaît désormais en relief, par gaufrage. “Ce sont des IGP Ardèche, des vins élégants que nous proposons uniquement aux cavistes et CHR”. Prix public : de 11,5 à 13,5 € TTC

 

Pop-cuvée

Psychédélique

Ce Grapevine flower, s’inspire ouvertement du “Flower power” le mot d’ordre des hippies des années 70. Il en reprend les codes graphiques et typographiques avec ses motifs et lettres très colorés et distordus : psychédéliques. Pour accentuer ces effets, les couleurs sont imprimées sur de la dorure argentée, si bien que l’étiquette renvoie des reflets et brille de tous ses feux. La capsule est à vis. “C’était une demande des marchés étrangers, des USA en particulier. Contre toute attente, la France se montre aussi ouverte à ce produit”, assure Alexandra Parfus, brand manager de Rivoire et fils, négoce basé à Salon de Provence. Prix public : 7-8 € TTC/col

Kifer son rosé

MDCV, propriétaire et négociant au Cannet-des-Maures en Provence propose une expérience ‘kiffante’. “Cette cuvée, baptisée Du kif, est notre ‘cuvée-bonheur’. Au fur et à mesure que la bouteille se vide, des bulles apparaissent sur la paroi interne de la bouteille. Nous ciblons les épicuriens de 20-40 ans, explique Anne-Laure Mabellini. Le concept est assez surprenant et nous avons l’exclusivité avec le verrier :”. Pour le lancement, le groupe reste sur le marché français. “Nous visons aussi l’international dans un second temps”. Pour l’heure, Du kif sera disponible en GD. Prix public : 8 € TTC

Tout pour plaire

Sans attaches

Pourquoi Evidence ? Parce que le dérèglement climatique en est une. Comme le climat se réchauffe, le domaine Réthoré-Davy à Saint-Remy-en-Mauges (Maine-et-Loire) a planté de la syrah et du viognier il y a huit ans. Avec le malbec, appelé cot dans le val de Loire, ces cépages composent sa gamme Evidence. “Nous les récoltons 15 jours avant le cabernet franc, assure Christophe Réthoré. Nous travaillons les rouges avec de courtes macérations et très peu de remontage pour exprimer tout leur fruit”. A l’arrivée, des vins d’une rondeur presque méditerranéenne. Pour le packaging, le domaine a choisi des étiquettes très épurées où Evidence figure en lettre bâton en dorure à chaud, avec une couleur pour chaque cépage. Lumineux ! Prix public : 7,50 à 8 €

Sans soufre

L’imagination est au pouvoir lorsqu’il s’agit d’habiller les cuvées sans sulfites. Chez Demazet Vignobles aussi. Cette union de coopératives basée à Morieres-lès-Avignon sort son premier côtes-du-rhône sans soufre. Sur l’étiquette rien n’indique l’origine, ni la marque du vin. En revanche, la mention “Sans sulfites ajoutés” ressort clairement dans un médaillon rouge vif imprimé à chaud. Un vin fait avec raisin et raison, affirme aussi l’étiquette. “Nous avons voulu une approche jeune et dynamique, sortir des codes de l’appellation. C’est un vin dans l’esprit primeur, sur le fruit et la jeunesse. Il faut l’ouvrir et boire en suivant”, explique Stéphane Casanova, responsable commercial. Un vin destiné au réseau traditionnel et à l’export. Prix public : entre 6,50 et 7 €.

Sanguin

A Bazas, chaque 28 Février, se déroule la fête des boeufs gras. “Lionel Osmin est membre de la confrérie organisatrice et souhaitait créer une cuvée pour cet événement.” explique Marie Lucas, attachée de communication. Pour l’étiquette, il s’est inspiré de ces médailles de comice remises aux gagnants. “Nous avons créé un vin qui se marie bien avec la viande : un assemblage de Merlot, Tannat et Cabernet Franc de 2009 “. La bouteille est emballée dans du papier de soie représentant une ancienne affiche de la fête, distribuée en cavistes et CHR. “Une partie des bénéfices de cette cuvée est reversée à la confrérie pour continuer de faire vivre cette fête”.

Sans traitements

Les vignobles Foncalieu présentent leur premier vin issu du cépage résistant Artaban avec une étiquette déroutante dénommée NU.VO.TE pour ne pas dire nouveauté, tout simplement. L’étiquette jaune, blanche et bleue est décorée d’un petit oiseau, de fleurs et d’une abeille. “Nous expliquons sur la contre-étiquette que le cépage est respectueux de l’environnement” précise Stéphane May, responsable commercial. “Nous ciblons les consommateurs en quête de nouveautés”. Avec 2500 bouteilles, Foncalieu va distribuer cette cuvée résistante en CHR, chez les cavistes et grossistes. Prix public : 7 € TTC/col

Sans résidus

Sans résidus de pesticides, sans sulfites et pour la protection d’une espèce menacée. Difficile d’être plus en phase avec l’air du temps que la cuvée Natur’Aile des Vignerons de Cascastel dans l’Aude. Destinées autant à la GD qu’au CHR, ces 7500 bouteilles attestent des efforts entrepris par la coopérative pour préserver le plus grand lézard d’Europe : le lézard ocellé, menacé d’extinction en France, qui figure sur l’étiquette. “Nous travaillons avec une association vouée à la protections des reptiles. Nous demandons à nos vignerons d’entretenir et de ne pas désherber près des murets, le spot préféré des lézards.” explique annonce Atmann Afaniss, directeur général. Prix public : 7,50 € TTC

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