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Avis d'export

"Chenin et sauvignon de Loire ont toute leur place sur le marché américain"

Jeudi 07 février 2019 par Patrick Touchais

André Shearer, devant le stand collectif de chenin au Salon des vins de Loire.  Un cépage auquel il croit.
André Shearer, devant le stand collectif de chenin au Salon des vins de Loire. Un cépage auquel il croit. - crédit photo : Patrick Touchais
André Shearer est importateur de vins à New-York. Il a obtenu le prix 2018 du "meilleur importateur américain de vins" décerné par le magazine Wine Enthusiast. Il a passé quelques jours à Angers dans les salons professionnels (Salon des vins de Loire, Levée de la Loire, Dive bouteille...) à la recherche de chenin, sauvignon... pour compléter sa gamme. C'est sur le vignoble de Loire qu'il mise actuellement. Rencontre.

Quelle est votre activité à New-York ?

André Shearer : J'ai créé mon entreprise, Cape Classics, il y a 26 ans à New-York pour importer des vins sud-africains. J'y suis né et j'y retourne souvent. Il y a quatre ans, on a commencé à travailler les vins français. Ils fonctionnent bien aux États-Unis. Historiquement, c'était Bordeaux, mais maintenant toute la France y a sa place. Ceux de mon catalogue ont progressé de 25 % en 2018. Tout compris, on importe chaque année, environ 4 millions de bouteilles qu'on revend ensuite dans 50 états à des chaines nationales, des magasins spécialisées, des restaurants... J'ai aujourd'hui 30 collaborateurs, et je réfléchis à une implantation en France. 

 

Vous vendez des vins de Loire ?

Oui, et en ce moment, je suis concentré sur ce vignoble. Je ne comprends pas qu'en France, la Loire ne soit pas aussi connue et reconnue. Je fais 200 000 bouteilles, mais je vise le double dans les deux ans. Les Etats-Unis sont le plus grand marché du monde. On va prouver à la Loire qu'elle mérite plus de respect (sourires). Je vends surtout du blanc sec. Du Sancerre bien sûr ; du Muscadet pour les connaisseurs. En ce moment, je recherche du chenin, même si j'ai déjà du Vouvray. Je sais qu'ici on parle appellation, mais aux USA c'est plus facile de vendre du chenin que des appellations. On s’intéresse aussi au Touraine sauvignon, qui présente un très bon rapport qualité-prix. Aux Etats-Unis, il y a 60 millions de bouteilles de sauvignon de Nouvelle-Zélande consommées chaque année. Il doit y avoir de la place pour la Loire... Par contre, les rouges sont plus difficiles à vendre. J'ai commencé un Chinon. Les Américains connaissent et aiment le cabernet franc, mais il est souvent trop austère ici. Les rosés secs sont intéressants aussi. Je regarde pour élargir ma gamme. Je n'ai qu'un Sancerre. 

 

Comment sélectionnez-vous les vins ?

Je rencontre les vignerons ; ceux que je connais et d'autres. Mes critères d'achat sont : d'abord la qualité évidemment, plutôt du bio, et enfin, la relation humaine. Alors, ça se construit parfois pendant deux ans. J'ai vraiment besoin de connaitre le vigneron. Le simple commerce ne me suffit pas. Le vin, c'est plus que cela. J'ai besoin de vins expressifs, dans le sens où ils laissent une impression aux consommateurs.

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